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HG/NC Le site académique d'histoire-géographie de Nouvelle-Calédonie

L’Océanie intertropicale : les Etats (2/2)

vendredi 20 août 2010 par Michel LEXTREYT
  Sommaire  

 SAMOA

Type de gouvernement : Monarchie parlementaire (reconnaît
la reine d’Angleterre comme chef de l’État)

Tableau de bord

Population : 183 000 (2009)
Superficie : 2 935 km2
Densité : 62 hab. / km2
Capitale : Apia
Monnaie : tala
PIB / hab. : 1 380 dollars US
Taux de croissance (2007) : 3 %
IDH : ?

Données 2009 (sources croisées : CPS, Banque mondiale, Index mundi, OMS, FMI)

Aperçu géographique

Les Samoa (ex-Samoa occidentales) sont
composées de deux îles principales : Upolu,
où se trouve la capitale Apia, et Savai’i. Ces
îles volcaniques sont montagneuses (plus
haut sommet : le mont Silisili, sur Savai’i,
1858 m) mais leur intérieur est accessible et
pourrait être mis en valeur. Elles sont sujettes
à des passages cycloniques fréquents et
dévastateurs.

Situation économique

Samoa est classé parmi les PMA par l’ONU et reçoit à ce titre une aide internationale qui couvre 41 % de
son budget. Le pays est pauvre, n’a pas de ressources propres et vit avant tout de l’agriculture traditionnelle.
Quelques cultures spéculatives (coprah, cacao, banane, café) assurent l’essentiel des recettes à l’exportation.
Le tourisme, en expansion, compte pour 25 % du PNB (88 000 touristes en 2001) mais est bloqué par le
problème du transport aérien et des infrastructures d’hébergement, insuffisantes. Mais Samoa vit beaucoup
du transfert des salaires de ses émigrés de Nouvelle-Zélande (ou d’Australie, ou des États-Unis), qui
contribuent pour un tiers du PNB.

Vers l’indépendance

Le mouvement indépendantiste samoan prend ses racines sous l’administration allemande, avant 1914, avec
la naissance du mouvement Mau. Lorsque la Nouvelle-Zélande prend la colonie sous mandat, elle multiplie
les maladresses qui réactivent l’opposition samoane, l’assassinat d’un tama’aiga étant le pas décisif (voir
dossier).
Il ne faut pas oublier également que Samoa a été placé sous mandat de la SDN en 1919, mandat prolongé par
l’ONU en 1947. Ce n’est donc plus vraiment une colonie et l’évolution logique de son statut est l’accès à
l’indépendance. D’ailleurs, une commission d’enquête de l’ONU est menée en 1947. Dans ses conclusions,
elle propose le premier Samoan Amendment Act. Cet acte établit une gouvernance à trois sous la forme d’un
Conseil exécutif composé du haut commissaire néo-zélandais assisté des deux tama’aiga, Tupua Tamasese
Mea’ole et Malietoa Tanumafili II. Un conseil législatif (samoan) est chargé de voter les lois. En 1957, le
mouvement d’indépendance se faisant pressant, la Nouvelle-Zélande consent à une deuxième réforme qui
élargit les pouvoirs des Samoans et doit préparer à l’élaboration d’une constitution en vue de l’accès à
l’indépendance, finalement proclamée sans problème en 1962.

Institutions et vie politique

Samoa se dit un pays démocratique. Il n’en est rien, même si des progrès ont été réalisés depuis peu.
Au moment de l’indépendance, on applique la constitution de 1960 qui met en place un régime qui se rapproche d’une
monarchie constitutionnelle. À la tête du pays se trouve le chef de l’État (O le Ao O le Malo). En 1962, il est décidé de
partager cette charge entre les deux tama aiga, et ceci à vie. Après la mort des deux tama’aiga, le chef de l’État doit être
élu par le Parlement pour une durée de 5 ans. Le premier tama’aiga, Tupua Tamasese Mea’ole, meurt en 1963, mais le
second, Malietoa Tanumafili II ne meurt qu’en 2007, à 94 ans. En 2007, des élections ont bien été org anisées, mais il
n’y avait qu’un seul prétendant Tupua Tamasese Tupuola Tufuga Efi, qui est le fils de Tupua Tamasese Mea’ole et le
petit-fils de Tupua Tamasese Lealofi III…
Le Parlement quant à lui est composé d’une Chambre législative de 49 membres élus pour 5 ans. 47 sont désignés parmi
les matai… par les matai, et 2 parmi les « non Samoans » au suffrage universel.
En 1990, une première réforme élargit le corps électoral à toute personne âgée de plus de 21 ans, mais seuls les matai
peuvent se présenter. Ils sont nombreux toutefois : environ 25 000, dont seulement 5 % de femmes. Ce sont en fait à peu
près tous les chefs de famille qui ont un bien.
La vie politique :
La vie politique est l’apanage de qu elques grandes familles, en particulier des descendants des tama’aiga ou grands
chefs (ou rois). Elle se caractérise par des luttes entre familles mais pas par des débats d’idées. Ces luttes peuvent aller
jusqu’au crime, comme en 1999 avec l’assassinat du ministre des travaux publics par le fils de l’ancien ministre des
travaux publics, écarté pour corruption… Deux partis dominent la scène politique, le Christian Democratic Party et le
Human Rights Democratic Party. Depuis 1988, c’est le HRDP qui détient le pouvoir, assurant une assez grande stabilité
au régime.

Tupua Tamasese Tupuola Tufuga Efi, (1938-...), à gauche, est le fils du prince Tupua Tamasese Mea’ole et de Irene
Nelson. En 1966, il entre au Fono (Parlement). Il succède à son oncle Tupua Tamasese Lealofi IV au titre de tama ’aiga
au décès de celui-ci en 1983. Il fut Premier ministre des Samoa de 1976 à 1982 sous l’étiquette du Parti Chrétien-
Démocrate et vice-premier ministre de 1985 à 1988. Le 16 juin 2007, suite à la mo rt de Malietoa Tanumafili II, il est élu
chef d’État à l’unanimité par le Fono ; il était le seul candidat. Son man dat est de cinq ans
Tuilaepa Sailele Malielegaoi (1945-…), à droite, est un économiste. Il est Premier ministre et ministre des Affaires
étrangères depuis 1998.

DOSSIER : The Black Saturday (29 décembre 1929)

Le mouvement Mau

Groupe de personnes, dont Tupua Tamasese Lealofi III (au centre, en
blanc), rassemblées devant le bureau du mouvement Mau vers 1928.
Au-dessus de l’entrée, on peut lire le slogan Samoa aux Samoans.
Parade du mouvement Mau le long de Beach Road à Apia, le 28 décembre
1929, le fameux “Black Saturday »

La mort de Tupua Tamasese Lealofi III

Tupua Tamasese Lealofi III surgit au devant de la foule
et se tourna face à son peuple. Il appela au calme ceux
qui lançaient des pierres à la police. Alors qu’il avait le
dos tourné et qu’il parlait de paix, la police fit feu et il
s’effondra. Un manifestant qui s’était précipité pour le
secourir fut blessé aux deux jambes. Un autre qui tentait
de tirer le blessé à l’abri fut tué. Et deux autres encore…
Lorsque le feu cessa, on compta huit tués et une
cinquantaine de blessés, dont trois moururent peu de
temps après. Un policier fut tué également par une balle
perdue. Parmi les blessés, on comptait des femmes et
des enfants qui cherchaient à se protéger des tirs de la
police.
Avant de mourir, Tamesese III eut le temps de dire à
son entourage : « Mon sang a été verse pour Samoa. Je
suis fier de le donner pour mon pays. Ne cherchez pas à
le venger, car il a été versé en paix. Si je meurs, la paix
doit être maintenue à tout prix ».
Le jour qui suivit le décès de Tamasese, la police se
rendit dans son village et le saccagea.

Tupua Tamasese Lealofi III sur son lit de mort
(Photographies de Alfred Tattersall) ; Source : d’après des témoignages de l’époque

La déportation des Mau

À la suite du massacre du Samedi Noir, les
membres des Mau s’enfuient dans les
montagnes. La résistance continue par d’autres
moyens, comme la résistance des femmes, qui
siègent aux conseils et entretiennent une
protestation et une défense passive que ne
peuvent plus organiser les hommes.
Le colonel Allen (gouverneur) demande des
renforts militaires, prétextant du fait qu’il a eu à
faire face à une révolte de 2 000 Mau. Le 12
janvier 1930, les renforts demandés arrivent par
le Dunedin. Ce sont des marines chargés de
faire la chasse aux résistants. Deux mois plus
tard, et à la suite de deux bavures (deux
adolescents innocents tués par les marines), il
est décidé de mettre fin aux poursuites. Les
Mau qui n’ont pas été pris peuvent alors
réintégrer leurs villages mais continuent la
résistance passive.

Prisonniers Mau samoans débarquant à Apia (1930)

Apia, le 3 juin 2002 : discours du Premier ministre néo-zélandais, Helen Clark.

C’est un plaisir pour moi d’être ici pour le quarantième anniversaire de l’indépendance de Samoa...
La Nouvelle-Zélande et Samoa entretiennent des lien s depuis très longtemps. Samoans et Maoris sont parents… La
colonisation européenne a touché la Nouvelle-Zélande en même temps que Samoa. La Nouvelle-Zélande a alors été
administrée par les Anglais et Samoa par les Allemands, puis plus tard par les Néo-Zélandais. Cette semaine, nous
célébrons le fait que Samoa a été, il y a 40 ans, la première nation îlienne du Pacifique à accéder à l’indépendance.
Samoa aujourd’hui est reconnu comme une nation leader dans le Pacifique Sud. Une n ation que la Nouvelle-Zélande est
fière de compter parmi ses amis. Nous travaillons avec Samoa au sein des Nations unies, au sein du Commonwealth, au
sein du Forum. Nous soutenons le développement de Samoa avec notre programme d’aide outre-mer et beaucoup de
nos citoyens sont originaires de Samoa… Plus de 115 000 personnes en Nouvelle-Zélande se disent samoanes. Elles
participent activement au développement de notre pays et no us les en remercions…
Mais au moment de me rendre chez vous, j’ai éprouvé une grande gêne par rapport à quelques affaires passées que nous
n’avons pas encore réglées. Elles sont tombées dans l’oubli en Nouvelle-Zélande, mais elles demeurent présentes à
Samoa. Elles ont trait à l’ineptie et à l’incompétence de l’administration coloniale néo-zélandaise sur Samoa. Mon
gouvernement pense que l’établissement de liens forts entre nos deux pays passe par la reconnaissance de notre
responsabilité dans les tragiques évènements qui ont causé de grandes souffrances à Samoa. En particu lier, nous nous
repentons de la décision des autorités néo-zélandaises d’autoriser le cargo « Talune » à débarquer à Apia ses passagers
atteints de l’influenza en 1918. L’épidémie a tué 20 % de la population du pays. Elle aurait pu être évitée. Il y eut aussi
la fusillade de décembre 1929, provoquée par la police néo-zélandaise à l’encontre d’une manifestation non-violente et
qui fit 9 morts, dont Tupua Tamasese Lealofioaana III, et une cinquantaine de blessés. L’administration coloniale a
banni et déporté des chefs samoans et les a privé de leurs titres à tout jamais, brisant la vie de nombreu ses familles.
En accord avec le gouvernement néo-zélandais, je viens aujourd’hui vous présenter les excuses officielles de mon pays
pour toutes ces injustices perpétrées par l’administration néo-zélandaise dans ses premières années de fonctionnement,
ainsi que nos regrets les plus sincères…
Ia ola Samoa.

LE FONCTIONNEMENT DE LA CHEFFERIE SAMOANE TRADITIONNELLE


titre documents joints

Tonga

20 août 2010
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224.4 ko

Tuvalu

20 août 2010
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Samoa

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Salomon

20 août 2010
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Palaos

20 août 2010
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Papouasie Nouvelle-Guinée

20 août 2010
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Nauru

20 août 2010
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Marshall

20 août 2010
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