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HG/NC Le site académique d'histoire-géographie de Nouvelle-Calédonie

La Nouvelle-Calédonie durant la Première Guerre mondiale

dimanche 19 juillet 2015 par Sylvette BOUBIN-BOYER
  Sommaire  

 La présence militaire française

Depuis le début du siècle, la France s’est désengagée militairement de ses colonies
océaniennes et plus particulièrement des Établissements Français d’Océanie. Nouméa est devenu le centre du Commandement Supérieur des Troupes du Groupe du Pacifique. Le Bataillon d’Infanterie Coloniale de Nouvelle-Calédonie (BICNC) n’est plus composé que de deux compagnies autonomes en 1911, 220 hommes au maximum. La garnison de Tahiti, dépendant de Nouméa, est cependant rétablie le 31 janvier 1914. Elle compte 35 marsouins, mais il est prévu que 50 hommes les rejoignent, ce qui est fait le 18 juin 1914. À cette date, il ne reste plus en Nouvelle-Calédonie que 156 soldats dont 76 recrues calédoniennes [12]. Le BICNC est cantonné à la caserne Gally-Passebosc, à Nouméa. L’armée n’est plus utilisée que
dans son rôle de défense du territoire national, les effectifs baissent régulièrement, y compris ceux des gendarmeries.
En 1911, il ne reste plus que 81 gendarmes. Les gendarmeries de Pouebo, la Foa,
Tomo, Coentempoe, Rivière Salée, île des Pins, Gomen et Téoudié sont fermées avant guerre. Sur 19 postes militaires fortifiés construits par l’Infanterie, il n’en reste que neuf qui sont reliés entre eux par des pistes carrossables mais les conditions de vie y sont précaires. Télégraphe et téléphone permettent cependant une communication rapide entre les centres. À Nouméa, le classement définitif de tous les forts et batteries est intervenu par décision ministérielle n°154 du 26 mars 1913. À l’exception du Ouen Toro, l’artillerie de marine disparaît. La marine française, représentée en Nouvelle-Calédonie par l’aviso de 1re classe le Kersaint, et à Tahiti par la canonnière la Zélée, est rattachée à la Division Navale Française d’Extrême-Orient, dont la base est à Saigon.

 La participation de la marine française au conflit maritime dans l’océan Pacifique

En août 1914, le croiseur Montcalm, navire-amiral de 665 hommes, commandé par
l’Amiral Huguet doit arriver à Nouméa dans le cadre de sa tournée de présence dans le Pacifique. La déclaration de guerre parvient par radio à l’amiral Huguet qui se trouve alors en mer, en provenance de Tahiti. Le navire se détourne sur Fidji pour y prendre les consignes édictées par les traités franco-britanniques en vigueur en cas de guerre. Le 20 août 1914, pour quelques semaines, Nouméa devient centre des opérations interalliées rassemblant le Montcalm et trois croiseurs de la flotte anglo-autralienne, commandée par l’amiral Patey, le Sydney, le Hellouin et l’Australia et deux transports de troupes néo-zélandais le Monowai et le Mocrahi. Leur présence témoigne de l’effort consenti par les dominions britanniques de se doter avant guerre d’une marine indépendante de la flotte anglaise, alliée à la France et au Japon. Les croiseurs anglais Pyramus, Psyché et Philomel les accompagnent. L’escadre part
prendre possession des colonies allemandes de Nouvelle-Guinée, de l’archipel Bismarck, des îles Marshall, Salomon, Samoa et Nauru.
De leur côté, les Japonais entrés en guerre aux côtés de l’Entente s’emparent des îles Carolines, des Palaos et des Mariannes jusqu’en janvier 1915. Avant guerre, l’Allemagne avait créé une base navale du territoire de Tsing Tao en Chine, prise par les Japonais le 7 novembre 1914. Dès le 2 août 1914, l’amiral Von Spee, commandant la flotte allemande du Pacifique, a l’ordre de gagner l’Allemagne avec ses navires par le cap Horn. Il doit nuire aux colonies ennemies sur son passage. Il se ravitaille en charbon et vivres dans les archipels océaniens. À Tahiti, le commandant Destremau a bloqué la passe d’entrée du port, Von Spee fait alors bombarder Papeete, le 22 septembre 1914. Après avoir écrasé une escadre anglaise
au cap Coronel, la flotte allemande est détruite par les Britanniques aux îles Falkland, le 8 décembre 1914. Dès lors, aucun combat naval ou terrestre ne se produit plus en Océanie. Les archipels océaniens deviennent un réservoir d’hommes et de biens de toute nature pour soutenir l’économie et la guerre en Europe. Avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ils sont un « arrière » de la guerre.
Cet épisode va avoir deux conséquences en Nouvelle-Calédonie, la première
alimentant les rumeurs durant toute la durée de la guerre autour d’éventuelles attaques de la Nouvelle-Calédonie par des navires ennemis, la seconde provoque l’arrestation immédiate des ressortissants allemands dont quelques colons, le personnel du transporteur de minerai de la Ouenghi et quelques ouvriers de l’usine de Thio. Ils sont dirigés vers la quarantaine de l’îlot Freycinet puis déportés en Australie. Les biens des ressortissants des puissances ennemies sont mis sous séquestre comme les mines du Mont-Do dont un des actionnaires de la société parisienne est Allemand ou bien la propriété agricole d’un « colon Paddon », Antoine Metzger.

 Les relais étatiques de la France dans ses colonies océaniennes

D’après le décret d’application de la loi organique du 12 décembre 1874, le gouverneur
communique, en ce qui concerne la Nouvelle-Calédonie, avec les gouverneurs des pays et colonies de l’Australie, de la Mer des Indes, de la Malaisie, des mers de Chine, du Japon et de l’Océanie. En août 1914 et jusqu’à la fin du conflit, c’est donc Jules Repiquet qui va pouvoir engager la Nouvelle-Calédonie dans la guerre, en lien permanent néanmoins avec le ministre des Colonies à Paris, tant dans ses relations avec la métropole que dans la défense de la colonie. À Nouméa, entre août et décembre 1914, il représente la France auprès des marines alliées (Grande-Bretagne, Australie, Nouvelle-Zélande) partant à la conquête des colonies allemandes d’Océanie, et aussi auprès du Japon au début de 1915. Dans les Établissements Français d’Océanie (ÉFO), le gouverneur William Fawtier, puis le gouverneur
Gustave Julien assurent la continuité de l’État et la sauvegarde de la colonie de 1914 à 1918.
L’annonce de la déclaration de guerre de l’Allemagne à la France et de la mobilisation
parvient officiellement à Nouméa le 5 août, à Port-Vila le 17 août et à Papeete, le 29 août. En Océanie française, la mobilisation des citoyens français est immédiate. La propagande de guerre est déjà en place puisque les journaux locaux n’évoquent que l’élan patriotique des Français à Nouméa et en brousse, puis quelques semaines plus tard, à Port-Vila et à Papeete.
En vertu de la circulaire ministérielle du 13 août 1912, relative à la conduite à tenir en
temps de guerre, le gouverneur est seul responsable, devant le gouvernement… de la défense et de la conservation de la colonie. Tout au long de la guerre, cette situation occasionne parfois des conflits avec les militaires comme à Papeete de septembre à décembre 1914. En collaboration avec le conseil de défense de la colonie et le commandant supérieur des troupes, le gouverneur rédige les instructions pour l’organisation de la défense de la colonie. Une milice locale est mise en place.

 Les responsabilités étatiques en Océanie française

Le 5 août 1914, Nouméa devient Centre de mobilisation du Groupe du Pacifique qui
englobe tous les territoires français du Pacifique : les deux colonies (Nouvelle-Calédonie et ses dépendances et ÉFO), la partie française du condominium franco-britannique des Nouvelles-Hébrides et le protectorat de Wallis-et-Futuna. En 1916, ces deux derniers territoires ne seront pas concernés par l’appel aux tirailleurs. Les Français résidant ailleurs dans le Pacifique doivent rejoindre le bureau de recrutement de Nouméa pour s’y faire inscrire. Certains partent directement pour la France. Jusqu’en 1915, le commandant supérieur des troupes, le chef de bataillon Talon, sous l’autorité du gouverneur, met en oeuvre les consignes relatives à la mobilisation en cas de guerre. Il commande le bataillon d’infanterie coloniale de la Nouvelle-Calédonie et il a autorité sur la section d’infanterie dans les ÉFO et sur la milice à Port-Vila. L’absence totale de communications par câble ou télégraphe entre la France et ses colonies océaniennes et entre elles, au début de la guerre, rend inapplicable le
décret du 26 mai 1903 qui place militairement les ÉFO sous le contrôle du commandant supérieur des troupes de la Nouvelle-Calédonie. Le gouverneur Fawtier, en accord avec le gouverneur Repiquet, nomme commandant des troupes à Papeete, le lieutenant de vaisseau Maxime Destremau.
Les citoyens français d’Océanie obéissent à l’ordre de mobilisation générale du 5 août
1914, des classes 1913 à 1914 incluses et à la conscription des classes 1915 à 1917 incluses. Les deux compagnies d’infanterie coloniale à Nouméa ont en charge les opérations de mobilisation des réservistes et des hommes de l’active mobilisables. Elles accueillent les mobilisés néo-calédoniens, néo-hébridais et tahitiens, leur fournissent l’équipement et les instruisent jusqu’à leur départ vers la métropole.
Durant toute la guerre, l’armée ne peut assurer simultanément le coût d’entretien des
classes mobilisées à partir de 1914, puis celui des Tahitiens qui arrivent nombreux à partir de 1915 et enfin, celui des tirailleurs indigènes à compter de 1916. Les mobilisés calédoniens regagnent leurs foyers dans l’attente du navire pour la métropole. Avec une guerre qui dure, la France fait ensuite appel aux classes 1887 à 1920 incluses. Les classes plus anciennes sont appelées en fonction du besoin en hommes de la métropole, soldats et ouvriers, appelés « territoriaux ». La recherche difficile d’un navire pour transporter les troupes de Nouméa en métropole est récurrente. Seuls quatre convois partiront d’avril 1915 à novembre 1917.

 La déclaration de guerre en Nouvelle-Calédonie

La mobilisation des citoyens français obéit aux consignes données pour la défense de
la colonie qui peut, par ailleurs, craindre une attaque de la flotte allemande de l’Amiral Von Spee. En vertu des pouvoirs qui lui sont conférés par une série de textes officiels [13], le gouverneur Repiquet est seul responsable de la défense de la colonie et de la mobilisation. Le gouverneur, d’après le décret du 12 décembre 1874, communique, en ce qui concerne la Nouvelle-Calédonie, avec les gouverneurs des pays et colonies de l’Australie, de la Mer des Indes, de la Malaisie, des mers de Chine, du Japon et de l’Océanie. C’est donc lui qui va pouvoir engager la Nouvelle-Calédonie dans la guerre, en lien permanent néanmoins avec le ministre des Colonies, tant dans ses relations avec la métropole que dans la défense de la
colonie et les relations avec les représentants des puissances alliées lors de leur séjour à Nouméa.
Le ministre des Colonies avertit le gouverneur Repiquet par câblogramme du 4 août
parvenu à Nouméa le 5 août 1914, que l’Allemagne a déclaré la guerre à la France. En fin d’après-midi, celui-ci fait proclamer la déclaration de guerre par affichage, à la mairie de Nouméa et dans les mairies de brousse. Dans son message aux populations, il fait référence à l’histoire, à Valmy : Aujourd’hui, comme en 1792, nos armées repousseront l’ennemi au pas de charge. Ici, ...d’un même coeur enthousiaste, nous préparerons la défense pour être à la hauteur du péril, si notre belle colonie était menacée. Tout et tous pour la patrie ! Cet élan patriotique est visible aussi dans les manifestations diverses : discours anti-germaniques du
maire de Nouméa et des conseillers généraux, sermons à la cathédrale ou au temple,
rassemblements dont celui de 150 jeunes criant À Berlin ! des enfants, des curieux affluent au commandement militaire.
À l’origine des quelques engagements volontaires et de l’enthousiasme du départ du
premier contingent, ce patriotisme est fondé sur un patriotisme institutionnel créé, d’une manière plus exacerbée encore qu’en métropole, par l’école publique et missionnaire. Les programmes d’histoire, d’instruction civique, de morale, de lecture, les chants, louent sans réserves le civisme, l’honneur, la gloire de la France et sa mission civilisatrice. Le mythe de la revanche existe aussi dans les familles de colons descendant d’Alsaciens, Rhénans ou Lorrains. Henri Legras, directeur du Bulletin du Commerce est un ancien de Sedan, son journal véhicule les mêmes idées. De nombreux anciens combattants de la guerre de 1870 se retrouvent dans les locaux de l’association qu’ils ont créée à Nouméa, contribuant à entretenir l’esprit revanchard. La ligue de gymnastique La Néo-Calédonienne associe l’image du sportif
à celui du combattant prêt à défendre sa patrie. Les Allemands sont considérés comme des « barbares » et cette expression est largement utilisée dans les journaux et dans les sermons.

 Les consignes en cas de guerre

Le commandant supérieur des Troupes, sous l’autorité du gouverneur met en oeuvre
les consignes en cas de guerre. Ainsi, la mobilisation générale des classes 1913 à 1909 ainsi que la conscription jusqu’à la classe 17 est décrétée le 5 août et un bureau de la Légion étrangère est ouvert à Nouméa. Le 12 août, les consignes de sécurité en cas d’alerte sont diffusées : rassemblement de la population et plan d’évacuation de la ville de Nouméa, interdiction d’éclairer le port et la rade de Nouméa, défense du front de mer avec la remise en état de la batterie du Ouen Toro. Les armes et les munitions sont rassemblées à la caserne à Nouméa, et dans les postes de police de l’intérieur.
Une milice est formée à compter du 26 août pour défendre la colonie en cas d’attaque
par la flotte de l’amiral allemand Von Spee. Le calme règne dans toutes les couches de la population européenne, asiatique et indigène. Au début d’une guerre que tous les états-majors estiment devoir être courte, le gouverneur conclut son rapport annuel au Ministre des Colonies par ces mots : toute la population a concouru à l’organisation de la défense. L’UNION SACRÉE en Nouvelle-Calédonie comme en France, n’a pas été un vain mot [14].

[1L’île principale : la Grande Terre et, au sud : l’île Ouen et l’île des Pins, à l’ouest : les îles Chesterfield, au nord : l’archipel des Bélep et les récifs d’Entrecasteaux, à l’est : l’archipel des Loyauté (Maré, Tiga, Lifou, Ouvéa) et les îlots Walpole, Hunter et Matthew.

[2Pour tenir compte des revendications d’indépendance d’une partie des Mélanésiens de Nouvelle-Calédonie, le mot « kanak », invariable en genre et en nombre, a été officialisé en 1988 par les Accords de Matignon-Oudinot. L’orthographe adoptée est parfois celle des documents d’époque.

[3Les chiffres des militaires, mobilisés et engagés volontaires sont au total : 1678 Niaoulis (citoyens français de Nouvelle-Calédonie et des Nouvelles-Hébrides), 1080 Tahitiens et 1144 Kanak. Les mobilisés sur place, absents, sursis d’appel, insoumis, déserteurs,... sont inclus. Ces chiffres ne correspondent donc pas au nombre de Créoles calédoniens qui embarquent réellement.

[4Décret du 12 décembre 1874, décret d’application du 1er mars 1875.

[5Décret du 2 avril 1885.

[6En cas d’épidémie, les mesures sanitaires strictes découragent parfois les chefs de déclarer les décès mais les missionnaires tiennent à jour la liste des naissances. Les tribus non encore évangélisées sont situées généralement dans la « Chaîne » centrale, loin de toute mission et tout centre de colonisation.

[7Principalement des Japonais, citoyens libres, originaires d’une puissance amie de la France, des Indochinois et Néo-hébridais, sujets français, ainsi que des Javanais, sujets néerlandais.

[8L’école devient obligatoire pour tous les enfants européens domiciliés à moins de 3 km du village en 1919.

[9En augmentation de 686 individus depuis le recensement officiel de 1911.

[10ANOM, Affaires Politiques - carton 163, Analyse du rapport annuel des services administratifs pour l’année 1914 du gouverneur par intérim Jules Repiquet au ministre des colonies (service de l’Amérique et de l’Océanie, 2e section), en date du 30 octobre 1915.

[11Dès décembre 1914, les marchandises entre la Nouvelle-Calédonie et les Nouvelles-Hébrides et la France sont transportées via l’Australie puis les lignes maritimes britanniques ou inversement, ce qui leur permet de ne pas être taxées à l’arrivée en métropole ou à Nouméa.

[12La conscription obligatoire date de 1905, mais ne touche pas les autochtones qui ne sont pas citoyens. Des mesures d’aménagement ont été prises pour le service militaire des citoyens français, tant en Nouvelle-Calédonie que dans les ÉFO.

[13Le gouverneur de la Nouvelle-Calédonie décide : vu le décret organique du 12 décembre 1874 sur le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et de ses dépendances, l’instruction ministérielle du 12 février 1897, le décret du 28 février 1901, sur le Commissariat Général de la République dans l’océan Pacifique, le décret du 9 novembre 1901, réglant les relations entre les gouverneurs et les commandants supérieurs des troupes aux colonies ; la circulaire ministérielle aux gouverneurs du 13 août 1912 (SHAT, 12 H 2, secret, circulaire colonies, instructions à tenir par les gouverneurs généraux et gouverneurs des colonies en cas de guerre, 16 août 1912) ; depuis le début de la guerre : le décret de mobilisation générale en date du 1er août 1914.

[14ANOM, Analyse du rapport annuel des services administratifs pour l’année 1914, op. cit.

[15Au terme de la loi DELBRUCK du 22 juillet 1913, la nationalité allemande se perd soit par le congé, soit par l’acquisition d’une nationalité étrangère. Le séjour à l’étranger, si prolongé soit-il, ne fait pas perdre à l’Allemand sa nationalité.

[16ANOM, Registre Télégrammes 231 du gouverneur au ministre des colonies.

[17De juillet à novembre 1916, le général Joffre lance au nord et au sud de la Somme une série d’offensives sous la forme d’une bataille d’usure, pour ébranler l’armée et le front allemands. Après une avancée sensible début juillet, les armées franco-britanniques sont engagées dans une série d’attaques ponctuelles. Puis, début
septembre, l’offensive reprend avec l’utilisation des chars britanniques. Les armées franco-britanniques réussissent une nouvelle progression au nord de la Somme. En raison du mauvais temps et de l’épuisement des troupes, Joffre doit arrêter les combats qui s’enlisent. « La bataille de la Somme, première grande offensive
combinée franco-britannique, entraîna de lourdes pertes qui ne parurent pas en rapport avec les résultats obtenus : Foch, qui l’avait conduite, et Joffre qui l’avait décidée – et maintenue en dépit de la bataille de Verdun - furent écartés de leurs commandements. » D’après le Grand Dictionnaire Encyclopédique Larousse, tome 14, page 9687.

[18Dans tous les ouvrages consultés figure le nombre de 51 Niaoulis morts à Barleux. Or, d’après les archives et la consultation de la Liste Générale du Livre d’Or des Calédoniens et Néo-Hébridais « Morts pour la France », le nombre de morts aux combats des 4/5/6 septembre 1916 s’établirait à 25, auxquels s’ajoutent 2 disparus et 9 prisonniers (SHAT 12 H2). Lors de cette phase de la bataille de la Somme, sur les autres champs de bataille à Belloy en Santerre, à Assevillers, à Marcelcave, à Herbécourt, à Lassigny, à Capy ou à Villers-Carbonnel, 24 Poilus calédoniens sont décédés dans les combats au même moment. Il semble donc que le nombre de 51 regroupe les morts et les disparus de l’épisode de la bataille de la Somme entre le 4 et le 6 septembre 1916.

[19Lieutenant BOURDET, Historique du 5° RIC pendant la Grande Guerre (1914-1918), Librairie Chapelot, Paris, 1920, 200 pages, p.98.

[201914–1918, Historique réglementaire du 6° Régiment d’infanterie Coloniale, Editions Henri Charles-Lavauzelle, Paris, 1920, p.25.

[21Exposition coloniale internationale de Paris, 1931, Les Armées Françaises d’Outre-mer, Les petits contingents indigènes, Paris, Imprimerie nationale, p.243-244.

[22Prorogé tous les 10 ans jusqu’en 1946.

[23Ferdinand Goyetche, Le journal d’un combattant calédonien, in Bulletin de la Société d’Études Historiques de Nouvelle-Calédonie, n°31, 1977.

[24La tempérance est le serment de l’individu promettant de ne pas boire d’alcool, avec l’aide du nata (catéchiste), dans la prière, cité par R.H. Leenhardt, Acôma NEHRON, DEFAP, p.56.

[25Coll. Musée de la Ville de Nouméa, Henri Mayet (parti comme volontaire avec le grade de caporal), Récits de la guerre 1914-18, manuscrit.

[26L’Écho de la France Catholique, 17/11/1917.

[27Historial de la Grande Guerre, Péronne (Somme), le Livre d’Or de la Grande Guerre. La loi du 25 octobre 1919 a ordonné le dépôt au Panthéon du registre contenant les noms des militaires morts pour la France pendant la Guerre 1914-1918. Cette loi a également prévu la remise à chaque commune d’un « Livre d’Or » de ces militaires qui sont nés dans cette commune ou qui y résidaient à la mobilisation. Seront inscrits au Livre d’Or, les combattants décédés entre le 2 août 1914 et le 24 octobre 1919.

[28Service historique de la Défense (SHD), n° 4579 du 3 juin 1991, Exposition Coloniale Internationale de Paris 1931, L’Armée de Terre Les Armées françaises d’Outre-Mer. Les troupes coloniales pendant la Grande Guerre, Paris, Imprimerie Nationale, 1931, 238 pages.

[29SANC (service des archives de Nouvelle-Calédonie), 130W, Gendarmerie de Thio, Rapport du brigadier Faure.

[30Nouvelle politique indigène dans les domaines de l’enseignement, de l’hygiène, de la santé, du désenclavement des tribus, de l’insertion dans l’économie monétaire par la caféiculture, etc.

[31AGNIEL Guy, De la collectivité humaine à la collectivité locale de droit commun, L’évolution vers la structure communale en Nouvelle-Calédonie (1853-1977), Publications de la Société d’Études Historiques de Nouvelle-Calédonie, n° 51, 1993, p. 53.

[32La loi Dalbiez d’août 1915 ajoute la disparition quasi absolue des sursis d’appel pour les citoyens français, sursis qui seront dès lors accordés par le ministre de la Guerre seul. Elle enjoint aux conseils de révision et autres commissions de réforme le réexamen des hommes reconnus inaptes au service militaire.

[33La France Australe, 5 février 1918

[34Le Bulletin du Commerce, 9 février 1918.


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La Nouvelle-Calédonie durant la Première Guerre mondiale

19 juillet 2015
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Conférence prononcée lors du stage effectué le jeudi 30 avril 2015 au Musée de la Ville de Nouméa


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