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HG/NC Le site académique d'histoire-géographie de Nouvelle-Calédonie

Une interface Nord/Sud : l’Océanie

samedi 17 juillet 2010 par Michel LEXTREYT

 III- DOSSIER DOCUMENTAIRE

Remarques préalables

Une batterie de documents cartographiques sur l’Océanie est disponible sur le site www.itereva.pf
(disciplines/pédagogie/ressources documentaires). Ils ne sont pas reproduits ici.

Les documents ci-après présentent beaucoup de données chiffrées. Celles-ci posent problème. En effet, elles
varient énormément d’une source à l’autre, y compris en ce qui concerne les superficies ! Les raisons en sont
multiples : rareté et fragilité des recensements, manque de fiabilité parfois volontaire des documents
statistiques, évolution très rapide de certaines situations, en particulier au sein des micro-États où les
retournements démographiques ou économiques peuvent être marqués, difficultés à évaluer des économies
de subsistance qui échappent à la logique des marchés, manque d’intérêt des grands organismes mondiaux
(organisations internationales, banques…) pour des entités considérées comme négligeables à l’échelle de la
planète…

Travailler sur un outil statistique qui serait fiable relève donc de l’utopie en Océanie. Il n’est pas douteux que
vous trouviez au cours de vos recherches des chiffres différents de ceux présentés ici, et ce pour les mêmes
années de référence. Il est donc important de considérer ces chiffres comme approximatifs et de les utiliser
surtout dans une approche comparative. Dans la mesure du possible, chaque tableau de données fait
référence à une source statistique officielle dont il est toujours fait référence. On retrouvera la Communauté
du Pacifique, la Banque mondiale ou Index mundi. Index mundi est la production en ligne du World factbook,
document statistique de synthèse émis par les services de renseignements étasuniens.

On notera enfin que certains documents n’ont pas été traduits de l’anglais. Il s’agit là d’une démarche
volontaire visant à favoriser la transdisciplinarité. Ces documents ne présentent d’ailleurs pas de difficulté
particulière et doivent être compris par tout élève de terminale.

Quelques sites

Figurent ci-dessous quelques sites qui permettent d’aller plus facilement à la collecte d’informations
statistiques récentes :

  • Le site du secrétariat de la Communauté du Pacifique : www.spc.org.nc, que l’on complètera par son récent
    prolongement statistique, le PRISM : www.spc.int/prism/, qui est un système d’informations en ligne pour la
    région océanienne, récemment mis en place.
  • Le site officiel de statistiques néo-zélandais, Te tari tatou : www.stats.govt.nz

 1- Principaux caractères des pays océaniens

Document 1 : tableau de bord

(1) Évaluation 2006, en dollars US PPP (purchasing power parity). Données lissées en fonction des sources.
Lorsque les écarts sont trop importants, voir ci-dessous.
* 19 000 (NC), 700 (PNG), 1 200 (Kiribati), selon certaines sources.

Sources croisées : CPS, Banque mondiale, Index mundi (CIA), OMS, FMI

Document 2 : données démographiques

(Année de référence : 2007 - estimations. Certains chiffres moins récents ont été extrapolés)

* 52 (Vanuatu), 60 (Marshall), selon d’autres sources ;

Sources croisées : CPS, Banque mondiale, Index mundi (CIA), OMS, FMI

Document 3 : deux données démographiques en graphiques

Taux de mortalité infantile (2000)
(Source : Communauté du Pacifique)

Indice synthétique de fécondité (2000)
(Source : Communauté du Pacifique)

Doc. 4 : les handicaps liés à l’insularité

Il n’y a pas forcément de lien de cause à effet entre insularité et niveau de vie.

On recense en effet autant de pays en difficulté dans la catégorie à faibles handicaps insulaires que dans la catégorie à
forts handicaps. Il en est de même pour les pays au PNB/hab. élevé. Il apparaît en conséquence que les handicaps liés à
l’insularité sont surmontés par l’homme lorsque ce dernier est placé dans un contexte socio-économique favorable.
Quelques exemples nous aideront à mieux le comprendre.

Prenons le cas de la PNG. C’est de loin le pays le moins lié aux contraintes insulaires et c’est pourtant l’un des pays les
plus pauvres de la région. Peut-on raisonnablement inclure d’autres facteurs limitants liés aux conditions naturelles ? Ce
ne serait pas convainquant là non plus. En effet, si la montagne et la forêt représentent un handicap réel, celui-ci est
largement compensé par les richesses du sous-sol. Il faut donc rechercher ailleurs, au niveau des structures sociales ou
politiques probablement, les véritables raisons des graves problèmes de développement qu e connaît le pays.

Michel LEXTREYT, L’Insularité : un défi au développement dans les îles et archipels de l’Océanie, Papeete, 1996

Commentaires

Ces quatre documents sont extrêmement riches et peuvent être utilisés de manière transversale ou
complémentaire avec les documents qui suivent. Les chiffres qu’ils donnent ne sont qu’indicatifs et certains
(taux de natalité, PNB/hab….) évoluent très vite. Il n’en demeure pas moins que leur recoupement peut
conduire à une classification pouvant être éclairante. On dégagera quelques idées-forces :

  • la situation démographique des pays de la région s’oriente vers un type évolué et rares sont les pays
    qui demeurent dans un contexte de sous-développement à ce niveau. Par contre, tous les cas de
    figure se rencontrent ;
  • les données migratoires sont capitales (voir plus loin) pour bien comprendre certaines situations ;
  • les écarts de niveau de vie sont eux-mêmes considérables, mais recouvrent des réalités fort
    différentes. On pourra montrer l’aspect artificiel de certaines situations ;
  • la relation entre handicaps liés à l’insularité et niveau de vie n’est pertinente que pour les cas
    extrêmes (Kiribati, Tokelau…) ;
  • chaque ensemble géographique a ses pays moteurs et ses pays en grande difficulté ;
  • l’Australie et la Nouvelle-Zélande affichent à tous les niveaux les caractères bien marqués des pays
    développés.

L’INSULARITÉ

L’approche de la notion d’insularité est d’une grande complexité, ne serait-ce que par la définition de l’île qu’elle
présuppose (comment classer par exemple la PNG, qui est manifestement un espace plus continental qu’îlien ?). En fait,
l’insularité s’organise autour de quatre indices majeurs, l’exiguïté, l’isolement, l’éloignement et la dispersion.

  • l’exiguïté : la notion d’île ou de milieu insulaire impliq ue obligatoirement le caractère d’exiguïté. En effet, on a pu
    écrire avec raison que "les vraies îles sont celles qui subissent, sans pouvoir les modifier, les influences de l’hydroclimat
    océanique" (Fr. Doumenge). Cet élément de définition amène à distinguer en fait les petites îles océaniques, dont la
    surface ne saurait excéder 4 000 km2 et dont le modèle absolu est l’atoll, et les « grandes terres », qui sont des îles de
    4 000 à 20 000 km2 où le climat océanique subit l’influence plus ou moins marquée du relief. Dans cette approche, seule
    la partie « continentale » de la PNG échappe à l’insularité.
  • l’isolement : les îles et archipels de l’Océanie intertropicale sont noyés dans l’immensité océanique et se retrouvent fort
    distants les uns des autres. François Doumenge a souhaité mesurer ce handicap en créant un indice d’isolement, calculé
    en rapportant la surface des terres émergées à la surface maritime en Zones Economiques Exclusives, ou ZEE. Il
    propose que tout indice supérieur à 100 soit considéré comme de fort isolement (donc de fortes contraintes). Pour les
    îles et archipels de l’Océanie intertropicale, l’indice d’isolement est globalement de 1/55, soit 1 km2 pour 55 km2 de
    ZEE, mais ce rapport est largement faussé par la présence parmi les 22 entités de la région des 462 000 km2 de la PNG.
    La PNG écartée, on se retrouve avec 1 km2 de terres émergées pour 300 km2 de Z.E.E. (1/300) !
  • l’éloignement : l’indice d’isolement ne dit pas tout. En effet, l’isolement tel qu’il est défini ci-dessus ne mesure q ue les
    rapports de surfaces au sein d’un même ensemble régional. Il ne tient pas compte de l’éloignement par rapport aux
    centres extérieurs. Que les Cook soient proches de la Polynésie française ou que le Vanuatu soit proche des Salomon ou
    de la Nouvelle-Calédonie ne rompt en rien la dynamique de l’iso lement de ces pays-là. Par contre, le fait q ue la
    Nouvelle-Calédonie ne soit qu’à 1 600 km de Brisbane ou que les Mariannes ne soient qu’à 2 800 km du Japon, alors
    que la Polynésie française pointe à 5 000 km du centre d’impulsion le plus proche (Auckland) laisse moins indifférent.
    Ajoutons qu’une analyse plus fine doit permettre de dépasser ces considérations sur les distances kilométriques pour
    s’interroger sur les distances-temps, les distances-fréquences ou les distances-coût, qui serrent de beaucoup plus près la
    réalité.
  • la dispersion : les petits pays insulaires éprouvent d’autant plus de difficulté à se développer qu’ils sont éclatés en
    archipels. La différence est ainsi énorme entre le Kiribati, composé d’une nuée d’atolls dispersés sur un immense
    territoire et ses voisins samoans, beau coup plus concentrés. La même remarqu e pourrait être faite entre Guam et les
    Mariannes du Nord ou entre la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu. Enfin, les 2 935 km2 de Savai’i et Upolu, qui à elles
    seules constituent le Samo a, et les 3 521 km2 d e la centaine d’îles qui composent la Polyn ésie française ne recouvrent
    pas la même réalité. Nous pouvons ainsi poser comme postulat que plus un pays compte d’îles habitées, et plus ces îles
    sont éloignées les unes des autres, plus il éprouvera de difficultés à engager un processus de développement. En effet, la
    dispersion accentue les handicaps déjà constatés et en rajoute d’autres :

- l’éloignement se calcule en général par rapport à l’île-capitale. Les handicaps qui lui sont liés se trouvent
multipliés lorsqu’on prend en compte les îles périphériques.

- la dispersion de la population sur plusieurs îles engendre des dépenses accrues au niveau des transports,
aériens ou maritimes. Il faut ravitailler ces îles, qui d e leur côté ont besoin d’exporter ce qu’elles produisent.

- la dispersion et l’éclatement entraînent des « dépenses d’échelle » parfois colossales. Une île habitée, aussi
éloignée soit-elle, a besoin d’infrastructures minima (wharf, école, dispensaire, voire port, aéroport, collège,
infirmerie...). Tout cela coûte très cher, pour des effectifs de population parfois très réduits.

 2- Les flux migratoires ; l’exemple de la Nouvelle-Zélande et de Samoa (étude de cas)

Doc. 1 : évolution de la population océanienne en Nouvelle-Zélande

* Maoris et métis sont regroupés dans la population maorie

Michel Lextreyt, La Nouvelle-Zélande, Au vent des Iles, 2005

Doc. 2 : l’immigration en Nouvelle-Zélande depuis 1990

Doc. 3 : l’immigration océanienne en Nouvelle-Zélande depuis 1969

« En 1969, les autorités néo-zélandaises décidèrent de favoriser l’immigration de main d’œuvre en provenance de
monde entier, y compris des entités polynésiennes… La situation économique s’étant détériorée en 1974, le
gouvernement changea de politique migratoire… Les procédures de régularisatio n devinrent plus rigoureuses et la
police fit la chasse aux immigrants en situation irrégulière… À partir de 1975, l’opinion publique néo-zélandaise a ainsi
radicalement changé à l’encontre de l’immigration polynésienne… Le débat sur l’immigration prit alors une tournure
ouvertement raciste… Un rapport d e 1986 … montrait qu’un nomb re disproportionné d’insulaires du Pacifique avaient
été poursuivis comme étrangers en situation irrégu lière. 86 % des poursuites les concernaien t en dépit du fait qu’ils
représentaient seulement un tiers de ces irréguliers. En comparaison, les clandestins américains et anglais, qui
représentaient 31 % des overstayers, ne représentaient que 5 % des individus poursuivis…

Entre 1986 et 1989, le nombre d’immigrés en provenance des îles du Pacifique doubla par rapport aux cinq années
précédentes… Les Fidjiens ont été particulièrement nombreux à émigrer à la suite des deux coups d’État qui eurent lieu
à Fidji en 1987. Cet accroissement est également dû au programme visant à régulariser la situation des clandestins à
partir du mois de n ov embre 1987…Depuis la fin des années 1991, la Nouvelle-Zélande est revenue à une politique
restrictive et désormais l’autorisation d’entrer dans le pays est fonction d’un nombre de points que doit obtenir
l’immigrant… »

Gille / Toullelan, De la conquête à l’exode, tome 2, Ed. Au Vent des Iles, Papeete, 1999.

Doc. 4 IMMIGRER EN NOUVELLE-ZÉLANDE AUJOURD’HUI
(application des textes de 2002)

L’immigration est libre pour les ressortissants australiens.
Pour les autres pays, deux possibilités :
- obtenir un visa qui autorise le séjour en NZ durant une année, reconductible
- obtenir un certificat de résidence qu i autorise un séjour à durée illimitée

Les services de l’immigration néo-zélandais distinguent plusieurs catégories de migrants auxquelles ils appliquent une
réglementation différente :
- les migrants relevant de conditions générales, qui sont recrutés au mérite selon leur classement à partir d’un
système d’attribution de points tenant compte des diplômes, de la qualification professionnelle, de l’âge (de 18 à 55
ans)…
- les migrants de la catégorie « affaires » (business), investisseurs ou entrepreneurs recrutés eux-aussi selon un
barème qui privilégie l’expérience professionnelle et l’apport financier
- les familles : le certificat de résidence est accordé automatiquement aux conjoints et enfants de citoyens néo-
zélandais et selon un quota et après analyse du dossier aux candidats recommandés par des citoyens néo-zélandais.
- les catégories dites « spéciales », qui concernent les ressortissants de certaines îles polynésiennes du
Pacifique. Les ressortissants des pays concernés remplissent un formulaire qui est ensuite tiré au sort par les services de
l’immigration jusqu’à ce que soit atteint un quota. Pour l’ann ée 2002, le quota était fixé à 1 100 Samoans, 250
Tongiens, 75 Tuvaluans et 50 I-Kiribati. Tous doivent ensuite justifier d’une promesse d’emploi dans le pays. Pour les
Tongiens, Tuvaluans et I-Kiribati, il est de plus imposé d’être âgé de 18 à 45 ans (on notera que les habitants de Niue et
des îles Cook ne sont pas soumis à cette réglementation puisqu’ils bénéficient d’un passeport néo-zélandais.
- à ces catégories, il faut ajouter les personnes relevant de l’aide humanitaire et les réfugiés (750 en 1999)

Pour tout candidat à l’immigration, il est demandé en substance une bonne maîtrise de l’Anglais, un certificat médical
attestant d’un bon état de santé et un extrait de casier judiciaire.

En-dehors des quotas fixes attribués à certains Océaniens, le système de classement permet de contrôler l’immigration
en travaillant sur le barème, que l’on ouvre plus ou moins en fixant chaque année la barre des points nécessaires à
l’obtention du certificat de résidence.

Michel Lextreyt, La Nouvelle-Zélande, Au vent des Iles, 2005

Doc. 5 : les femmes samoanes en Nouvelle-Zélande

« Elle arriva en Nouvelle-Zélande il y a cinq ans. Elle ne savait pas qu’elle allait partir dans ce pays jusqu’à une
semaine de son départ. Son père avait téléphoné à sa sœur qui vivait à Christchurch et lui avait demandé de payer son
voyage. Elle fut prévenue après que tout ait été organisé. Au début, elle ne voulait pas partir et elle pleura... En moins
d’un mois, elle obtint un emploi de couturière dans la firme où son oncle travaillait… Son emploi consistait à coudre
des collants… Elle avait à fournir un quota journalier et si elle ne le faisait p as, elle perdait son emploi. Elle travaille au
moins cinquante heures par semaine et dans une bonne semaine elle gagne 320 dollars néo-zélandais. Elle envoie au
moins la moitié de cette somme directement à ses parents aux Samoa ».

Betford / Larner, Island Born and New Zealand Born Pacific Islanders in the Workforce, 1993

Doc. 6 : les problèmes posés par l’immigration océanienne en Nouvelle-Zélande

« Un des problèmes majeurs qui est posé par les immigrants océaniens tient au fait qu’en 1995, 97 % d’entre eux
résidaient dans les zones urbaines… Cette situation est particulièrement préoccupante si l’on songe que l’immense
majorité des Océaniens a grandi dans des petits villages insulaires, au sein de sociétés traditionnelles rurales, dans une
économie de subsistance. Brutalement, ces ruraux sont propulsés dans un style de vie qui leur est étranger, en particulier pour les jeunes qui évoluent vers l’exclusion ou la délinquance…C’est une situation de ghetto qui se développe, avec
son cortège de marginalisation et d’exclusion, parmi une population particulièrement frappée par le chômage… D’après
Ron Crocombe, le taux de criminalité des Océaniens est 4,7 fois plus élevé que celui de la population néo-zélandaise…
De plus en plus d’adolescents d’origine océanienne … font partie de gangs, de bandes de jeunes délinquants qui
prolifèrent dans les rues des grands centres urbains…

[Ceci] est la conséquence de nombreux facteurs comme l’aliénation culturelle, les cond itions de vie dans les zones
urbaines déshéritées, mais aussi et surtout les niveaux de qualification, les conditions d’emploi, le chômage … Peu
d’insulaires sont instruits, la majorité étant employée dans les usines comme manœuvres… »

Gille / Toullelan, De la conquête à l’exode, tome 2, Ed. Au Vent des Iles, Papeete, 1999.

Doc. 7 : quelques chiffres et indices pour mieux comprendre

(1) Estimations 2000
* toutes ethnies confondues

Michel Lextreyt, La Nouvelle-Zélande, Au vent des Iles, 2005

Doc. 8 : une manne provisoire ?

« Les transferts financiers des immigrés samoans cessent dès la deuxième génération, que ce soit à l’égard des parents
restés dans les îles ou à l’égard des Églises qui demandent régulièrement des sommes considérables aux émigrés…
Souvent, les mariages mixtes accélèrent ce phénomène d’assimilation au pays d’accueil avec en parallèle l’oubli du
pays des ancêtres. Si un jour les pays développés du Pacifique venaient à fermer leurs portes aux immigrants insulaires
de la région , les transferts cesseraient dès la deuxième génération et ces micro-États sous développés connaîtraient de
graves problèmes économiques et sociaux ».

Gille / Toullelan, De la conquête à l’exode, tome 2, Ed. Au Vent des Iles, Papeete, 1999.

Doc. 9 IMMIGRATION QUOTA CHANGES

Dated : 16 Sep 2004 By MINISTRY OF THE PRIME MINISTER AND CABINE

Visa Free Travel

The Petition for Visa Free travel to New Zealand for our citizen s is not proceeding. There was a previous arrangement
in December 1986 to February 1987 for all Pacific countries including Samoa. This, however, was discontinued
because of the very high number of over-stayers in New Zealand from Samoa at that time.
• The New Zealand Immigration Services has improved the speed of verification of job offers to in most cases,
within 14 days of receipt of required information from prospective employers.
• Quota places are now released throughout the year rather than during just one month. Applicants will not be
seeking jobs in New Zealand at the same time thus reducing potential adverse impact on the Samoan labour
force.
• Applications are now accepted from Samoan people already lawfully in New Zealand. They need not return to
Samoa to submit applications for residence, as was previously the case.
• A new relationship manager position to be established to focus on identifying and establishing employment
opportunities for pro spective Samoan quota migrants.
• The development of private sector partnerships, to assist place suitable migrants in employment will be
pursued and to be in place for the 2005/06 quota year.
• The minimum income level requirement to be based on the unemployment benefit and the maximum
accommodation allowance. This reduces the level from NZ$31,556 to $25,585 per annum.
• The remaining places from the unfilled 2002/03 and 2003/04 quotas to be retained and made available over
the course of the next three quota years, commencing with the 2004/05 year.
• Settlement information for Samoan migrants to be provided, more ap propriately targeted to Samoan migrants’
needs.
• If there are unfilled in the Samoan quota at the end of each financial quarter, Samoan citizens who are
lawfully in New Zealand and have a job offer may apply for, and may be granted residence under the quota.

The two countries have agreed on holding annual consultations at Ministerial level to discuss bilateral issues like
Immigration, Quarantine, Trade, Security and so on. .

Source : site officiel du gouvernement des Samoa

Doc. 10 . les migrations internationales aux Samoa américaines

« The population of American Samoa has been shaped by international migration as evidenced by the relative
proportions of foreign-born persons over the year. In 1990, 45% of the population were foreign-born compared to only
12% in 1960. The highest increase the foreigne-born population was during the decade 1960-70, when it increased by
205%.
The main migrants flows to American Samoa have been from Samoa, Tonga and other Pacific Island countries, mainly
for empoyment reasons. American Samoa’s attractive wage rates have lured many people over the years, especially
from neighbouring countries. Furthermore, American Samoa has served as a gateway for people wishing to migrate to
th e US mainland ».

American Samoa, population profile, Secretariat of the Pacific Community, 1999

Commentaires

Les Océaniens étaient 230 000 en 2001, soit 6% de la population de la Nouvelle-Zélande (ils n’étaient que
130 000 pour 4 % de la population en 1986). En fait, leur nombre ne cesse d’augmenter (doc. 1) et certaines
projections de population font apparaître que ces populations, soit par immigration soit par accroissement
naturel, devraient atteindre 300 000 habitants en 2010 et peut-être 600 000 habitants en 2050, soit 12 % de la
population du pays. Cette immigration s’est surtout développée à partir des années 1960, lorsque les colonies
océaniennes ont accédé à l’indépendance (Samoa dès 1962, Fidji en 1970…) ou à une large autonomie. Très
fragiles économiquement, les pays océaniens ne sont alors pas capables de fournir du travail aux jeunes
adultes qui tentent leur chance dans les pays développés de la région. Ces migrants forment rapidement
Nouvelle-Zélande un noyau qui fera office de catalyseur pour d’autres candidats à l’émigration. Il s’en suit
un effet boule de neige que le pays d’accueil souhaite contrôler, surtout dans les années 1970, lorsqu’il est
touché par la crise économique. À partir de cette date, le flux d’immigrants océaniens est tributaire des règles
édictées par la Nouvelle-Zélande en fonction de ses besoins (doc. 3 et 4). Les Océaniens bénéficieront
cependant de mesures de faveur (sous forme de quotas plus ou moins garantis) par rapport aux autres
candidats à l’immigration. Le graphique du document 2 montre les effets de cette politique migratoire : deux
pics d’immigration entourent les années 1990-1994, au cours desquelles la Nouvelle-Zélande a traversé une
rude crise économique. Le document 4 précise les données actuelles du problème.

En fait, si la Nouvelle-Zélande a pu tirer quelque profit de cette immigration océanienne en période de
prospérité, ce n’est plus le cas aujourd’hui. En effet, ces immigrés, très nombreux, éprouvent de sérieuses
difficultés d’intégration. Ils arrivent dans le pays avec un niveau de qualification souvent modeste et ont
beaucoup de difficulté à trouver du travail. Près de 20 % des adultes n’ont pas d’emplois et 20 % sont
employés à temps partiels. La plupart des autres vivent de petits boulots peu rémunérateurs (doc. 5).
Agglutinés dans certains quartiers des grandes villes (dans le sud d’Auckland surtout), ils forment un lumpen
prolétariat vivant dans des conditions plus précaires encore que les populations maories. Les appartements ou
les maisons, loués, se partagent à plusieurs familles dans près de la moitié des cas et les conditions d’hygiène
laissent à désirer (voir doc. 7). Ces populations connaissent par ailleurs des problèmes de santé importants.
Ainsi, le taux d’hospitalisation des enfants de moins de un an est de 39 % supérieur à la moyenne nationale (28 % supérieur de 1 à 4 ans). Chez les adultes, le R.A.A. et les autres maladies cardiaques ou pulmonaires
sont beaucoup plus répandues que dans les autres ethnies. Enfin, il faut bien constater que le taux de
criminalité est plus important dans ces communautés que dans les autres couches de la population, y compris
par rapport aux Maoris (doc. 6).

Le phénomène migratoire vu à partir de l’archipel des Samoa prend une autre coloration.

L’archipel des Samoa a été peuplé par des Polynésiens il y a environ 3 000 ans. Découvert par Roggeveen en
1672, puis visité par Bougainville (1768) et La Pérouse (1787), il a été christianisé par les missionnaires de
la LMS. Convoité à la fois par les États-Unis, qui installent très tôt un port dans la rade de Pago Pago,
l’Allemagne et l’Angleterre, il est soumis à un contrôle de type condominium par ces trois pays de 1889 à
1899, avant d’être partagé entre l’Allemagne et les États-Unis, l’Angleterre ayant obtenu des compensations
ailleurs. Le Samoa occidental, composé principalement des deux îles de Savai’i et de Upolu, couvrant 2 935
km2, revient à l’Allemagne (qui le perd dès 1914, date à laquelle le pays passe sous mandat néo-zélandais).
Les États-Unis récupèrent quant à eux ce qui devient les Samoa américaines, petite entité de 197 km2 de
superficie (dont 145 pour la seule Tutuila). Si le Samoa occidental a été le premier pays tropical océanien à
obtenir son indépendance, dès 1962, les Samoa américaines relèvent du Ministère de l’Intérieur américain,
après avoir longtemps dépendu de la Navy (de 1900 à 1951). Aujourd’hui, le Samoa, ex-Samoa occidental,
compte 178 000 habitants, alors que les Samoa américaines n’en recensent que 62 000 (estimations de 2003).
Ce découpage colonial tout à fait artificiel n’a pas réussi à effacer les liens qui s’étaient tissés auparavant
entre les différentes parties de l’archipel.

Au niveau des mouvements migratoires, on peut distinguer une première phase d’exode rural qui entraîne les
populations vers les petites agglomérations du littoral, puis vers la capitale Apia, et une deuxième phase qui
amène les émigrants à quitter Samoa pour rejoindre soit la Nouvelle-Zélande, soit Pago-Pago, aux Samoa
américaines. L’émigration vers la Nouvelle-Zélande bénéficie d’accords privilégiés entre les deux pays,
accords qui peuvent être remis en cause à tout moment par le pays d’accueil et qui font l’objet de
renégociations constantes (doc. 9). Il faut bien considérer que pour le gouvernement de Samoa l’émigration
et les transferts financiers qu’elle engendre, même s’ils sont fragiles (doc. 8) contribue largement à équilibrer
une balance des paiements sinon largement déficitaire. C’est cette même logique qui conduit de nombreux
Samoans à regagner les Samoa américaines toutes proches (doc. 10), avec l’espoir supplémentaire de
pouvoir décrocher la nationalité américaine qui ouvre les portes des États-Unis (Hawaii, la Californie ou
l’Utah -pour des raisons religieuses).

Ces opérations ne tiennent nullement de l’anecdote. En effet, alors que l’on dénombre 178 000 habitants au
Samoa, on retrouve de 15 000 ressortissants de ce pays aux Samoa américaines, 102 000 en Nouvelle-
Zélande et 50 000 aux États-Unis, soit l’équivalent de la population du pays. Par ailleurs, les Samoa
américaines comptent 62 000 habitants, mais environ 50 000 Samoans américains vivent actuellement aux
États-Unis (dont 15 000 à Hawaii).

 3- Les aides financières et les transferts

Doc. 1 : la « MIRAB Economy »

« Beaucoup de petites économies insulaires vivent en partie ou en totalité d’une rente, soit naturelle (exploitation d’une
ressource naturelle bénéficiant d’un prix élevé sur le marché mondial : phosphate, vente de droits de pêche), soit
monétaire : recettes induites par une base militaire, aide internationale ou bilatérale, notamment en provenance d’une
métropole ou d’une ancienne métropole avec laquelle subsistent des liens privilégiés. La plupart des économies
insulaires du Pacifique bénéficient d’un niveau élevé d’aide internationale par tête, ce qui leur permet dans bien des cas
d’entretenir un déficit chronique de leur balance commerciale. … Le montant de l’aide par habitant est d’autant plus
élevé que la population est faible et l’aide est en général plus forte pour les territoires que pour les États indépendants.

Le budget de fonctionnement [des îles de Polynésie centrale] est alimenté surtout par l’aide de la Nouvelle-Zélande et
de quelques autres pays donateurs, accordée sous forme de dons, et il sert principalement à employer une bureaucratie
qui fournit la plupart des emplois. Ainsi, l’administration distribue un pourcentage de la masse salariale totale qui va de 40 % aux Cook à 90 % à Tokelau en passant par 53 % à Tuvalu et 80 % à Niue (55 % en Polynésie française)… Les
emplois créés dans l’administration permettent le développement du secteur tertiaire non marchand.

De plus, ces pays reçoivent une bonne partie de leurs ressources des travailleurs émigrés : à Tokelau, aux îles Cook, à
Niue, les expatriés dépassent la population restée sur place…. Ces économies insulaires liées à la Nouvelle-Zélande
ressemblent désormais en quelque sorte à des « banlieues dortoirs » de l’économie dominante, peuplées de retraités et
de fonctionnaires. En effet, beaucoup d’émigrés reviennent prendre leur retraite dans leur île natale et les relations
familiales entre les émigrés et leur famille restée au pays peuven t subsister même sur plusieurs générations, entretenues
par de fréquents voyages. Les réseaux de familles étendues se maintiennent malgré la grande dispersion de leurs
membres, forman t une entreprise familiale multinationale. Le rôle essentiel joué par l’émigration et les envois de fonds
des expatriés à leurs familles dans l’économie insulaire, et le développement limité observé dans ces îles, amène à
constater que le secteur moderne de ces économies se trouve en fait situé à l’extérieur, ce qu i explique la faiblesse du
développement productif. La logique … de la spécialisation internationale du travail amène l’économie insulaire
périphérique à exporter directement ses travailleurs vers le secteur moderne situé dans l’économie métropolitaine (au
sens large du terme) pour obtenir les marchandises convoitées au lieu de chercher à les fabriquer sur place ou à exporter
des marchandises pour les échanger contre celles de l’économie métropolitaine…. Bertram pense que le système
MIRAB n’est pas une simple anomalie provisoire, une transition v ers un autre mo de d e développement, mais au
contraire qu’il s’est installé spontanément et pour longtemps et qu’il s’agit d’une stratégie durable et viable à long terme
de ces pays, dont l’économie repose sur une rente qu’ils peuvent raisonnablement espérer recevoir pendant longtemps…

… Le modèle MIRAB correspond tout à fait à ce que C. de Miras appelle l’économie de transferts et à ce que nous
appelons l’économie de rente. »

Bernard Poirine, Les petites économies insulaires : théorie et stratégies de développement, Paris, L’Harmattan, 1995

Doc. 2 : les actions de NZAID dans le monde

Doc. 3 : les aides australienne et néo-zélandaise en quelques chiffres

Aide aux PED (en millions de dollars US, chiffres de 2002)

Aide bilatérale néo-zélandaise aux pays de la Communauté du Pacifique

Aide bilatérale australienne aux pays de la Communauté du Pacifique

Aide bilatérale au Pacifique (en millions de dollars US)

*Pour Fidji, le gouvernement néo-zélandais maintient un boycott néo-zélandais contre le gouvernement illégal en place dans ce pays
depuis 2000.

Doc. 4 : l’aide par habitant à quelques pays océaniens

* en dollars US
Note : les chiffres de l’aide par habitant proviennent de la Banque mondiale (2003) ; ceux du commerce extérieur
d’Index mundi.

Commentaires

Tous les pays du Pacifique insulaire sont des pays assistés qui relèvent, peu ou prou, du système MIRAB
décrit par Bertram et Waters et qu’explicite B. Poirine dans le document 1. Il est par contre assez aléatoire de
se risquer à quantifier les aides reçues. En effet, celles-ci prennent des formes extrêmement variées : aide
bilatérale ou multilatérale, aide directe sous forme de subventions régulières (après signature de contrats) ou
exceptionnelles (après une calamité naturelle par exemple), allègement de la dette, facilités commerciales,
retours de salaires (remittances), prise en charge des salaires de fonctionnaires ou de personnel de santé,
construction d’infrastructures (routes, écoles, hôpitaux, stades…), etc. De fait, les chiffres les plus divers
circulent dans les documents statistiques. Ils ne recouvrent pas, d’un pays à l’autre, les mêmes réalités. Il faut
être conscient de ce problème et ne pas se focaliser sur la précision des données. Ainsi, les chiffres qui figurent dans le tableau du document 4 ne correspondent pas forcément, pour l’outre-mer français du
Pacifique en particulier, aux chiffres auxquels nous avons accès par ailleurs.

Cet avertissement étant formulé, force est de constater que les plus grands donneurs pour les micro-États
insulaires océaniens ne sont pas l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ces deux pays ont pourtant mis en place
des agences gouvernementales, NZ AID (New Zealand Agency for International Development) et AusAID
(Australian Agency for International Development) chargées de donner assistance aux PED, en particulier à
ceux de la région Pacifique. Ces agences ont pour objectif déclaré de :
- lutter contre la pauvreté
- défendre les droits civiques (bonne gouvernance, défense de la démocratie, justice sociale)

  • participer au maintien de la paix et de la sécurité
  • développer des politiques de santé et d’éducation
  • aider au développement économique
  • promouvoir la protection de l’environnement.
    Mais le budget de AusAID et de NZAID n’est pas à la hauteur des ambitions affichées par ces deux pays, qui
    ont pourtant tendance à considérer la région comme leur chasse gardée. De fait, l’Australie et la Nouvelle-
    Zélande ont dû abandonner la lointaine Micronésie aux États-Unis et l’outre-mer français à la France. Quant
    à la sphère qui leur reste, c’est-à-dire la Mélanésie et la Polynésie anglo-saxonnes, ils n’y apparaissent pas
    comme particulièrement généreux puisque leurs budgets cumulés n’arrivent même pas à la hauteur du
    montant de l’aide française pour la seule Polynésie française ou la seule Nouvelle-Calédonie. On doit en
    effet prendre conscience que l’aide australienne, qui se concentre essentiellement sur la PNG, et dans une
    moindre mesure sur les îles Salomon, est importante sur le papier mais dérisoire si on la rapporte au nombre
    d’habitants de ces deux pays. L’aide néo-zélandaise quant à elle est encore plus légère (même si l’on tient
    compte de l’écart de puissance avec l’Australie), d’autant qu’elle se disperse davantage (doc. 3).

Quoiqu’il en soit, le doc. 4 montre que ces aides australienne et néo-zélandaise viennent loin derrière celles
des États-Unis et de la France, qui hissent leurs satellites vers des niveaux de vie plus que décents, même
s’ils peuvent être jugés artificiels, alors que les pays sous influence australienne et néo-zélandaise demeurent
confinés dans une situation de sous ou de mal-développement.

 4- Politiques économiques et échanges commerciaux

Doc. 1 : le commerce extérieur dans quelques pays de la région

Chiffres moyens sur la période 2000-2002, source Index mundi.

Doc. 2 : tableau de bord des échanges extérieurs fidjiens

Principales importations (en millions de dollars)

Principales exportations (en millions de dollars)

Balance commerciale (en millions de dollars)

Répartition par pays partenaires

Doc. 4 : tableau de bord des échanges extérieurs néo-zélandais

Répartition par type de marchandises / services

Répartition par pays partenaires

Source : banque mondiale

Commentaires

D’une manière générale, les pays insulaires du Pacifique affichent une balance commerciale très
déséquilibrée

  • ils produisent peu (produits agricoles, poissons, textiles, produits miniers) et donc exportent peu,
    malgré des accords commerciaux qui peuvent être très avantageux pour eux, comme le SPARTECA
    (South Pacific Regional Trade and Economic Co-operation Agreement). Par cet accord commercial
    signé en 1980, l’Australie et la Nouvelle-Zélande s’engagent à laisser rentrer chez eux sans taxe ni restriction
    d’aucune sorte les produits exportés par les États insulaires membres du Forum du Pacifique (îles Cook, États
    Fédérés de Micronésie, Fidji, Kiribati, îles Marshall, Nauru, Niue, PNG, îles Salomon, Tonga, Tuvalu,
    Vanuatu et Samoa). La seule restriction concerne le sucre fidjien, non admis sans taxe sur le territoire
    australien (l’Australie est productrice de sucre de canne) ;
  • ils ont par contre des besoins croissants en produits finis, ce qui provoque un déséquilibre de leur
    balance commerciale qu’ils ne comblent qu’en partie par les recettes touristiques, les niches de
    services, les retours de salaires ou les aides multiples.

À l’opposé, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, bien qu’affichant une structure d’échanges qui semblerait les
rapprocher des pays en développement (exportations de produits agricoles et miniers et importations de
produits finis), présentent des balances commerciales et de paiement proches de l’équilibre.

On notera que les exportations des îles et archipels de l’Océanie intertropicale sont dirigées pour l’essentiel
vers l’Asie, puis vers les États-Unis ou l’Australie. Par contre, les importations proviennent majoritairement
d’Australie, de Nouvelle-Zélande ou de Singapour. Dans cette liste de partenaires, les pays européens sont absents. Ils n’occupent aujourd’hui qu’une position très secondaire, à l’exception de la France envers ses
possessions ultra-marines. La réorientation vers les pays asiatiques au détriment de l’Europe est patente, y
compris pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Le cordon ombilical est bien rompu et l’on peut dire qu’à
l’interface intra-océanien vient se surajouter l’interface entre l’Océanie et l’Asie, qui a supplanté les relations
privilégiées que l’Océanie a longtemps entretenues avec l’Europe (le Royaume-Uni surtout).

L’étude comparée des échanges commerciaux de la Nouvelle-Zélande et des îles Fidji (doc. 2 et 3) permet
d’affiner l’étude. On se rend compte à quel point les échanges de la Nouvelle-Zélande avec les entités
insulaires du Pacifique sont déséquilibrés. La Nouvelle-Zélande n’importe quasiment rien de Fidji alors
qu’elle couvre près du cinquième des importations de ce pays. Quant aux îles Fidji, elles entretiennent des
relations de proximité avec Samoa et quelques autres micro-États de la région, fonctionnant ainsi comme un
centre secondaire ou un centre relais des puissances développées voisines. D’une manière générale, les
micro-États insulaires sont plus dépendants pour leurs échanges commerciaux de l’Australie et de la
Nouvelle-Zélande que ne le sont ces deux pays envers eux.

 5- Le tourisme, voie de l’avenir ?

Note : ce thème sera approfondi ultérieurement et complété par d’autres
contributions

Doc. 1 : la fréquentation touristique en Océanie (n’ont été retenus que les pays recevant au moins
10 000 touristes par an)

Sources : SPTO, PRISM, Saipan Tribune
* 2 350 000 en 2004

Doc. 2 : les pays émetteurs vers les cinq grandes destinations touristiques de l’Océanie intertropicale

Chiffres de 2003, mêmes sources

Doc. 3 : l’évolution du tourisme dans les Mariannes du Nord

Tourist arrivals started its downward trend in FY 1998 as a result of the Asian economic crisis. In that year, arrivals
plunged to 526,298, a decline of 27.6 percent as compared with FY 1997. The numbers further sank in FY 1999, when the CNMI recorded 491,602 in total arrivals. A slight improvement was seen in FY 2000, with arrivals of 526,111.
Arrivals ha ve not surpassed the half-million mark since then. Terrorist atta cks in the United States in September 2001
broke the momentum of the visitor industry, causing arrivals to the CNMI to reach only 497,696.The negative impact of
9/11 became more evident in 2002, when arrivals totaled only 423,932. In 2003, the SARS ep idemic* and the outbreak
of the war in Iraq compounded the 9/11 events, further devastating the world tourism industry.
* SARS epidemic : Severe Acute Respiratory Syndrome

Saipan Tribune, 11 octobre 2004

Docs 4, 5, 6...
À venir.

Commentaires

Voir étude spécifique sur le tourisme, à venir.

 6- Les enjeux socioculturels

Doc. 1 : L’Europe débloque 450 000 Euros pour le Festival des Arts océaniens de Palau

Mars 2004 à Koror, en République de Palau

L’Union européenne, par le truchement de la délégation régionale de la Commission basée à Suva a annoncé mardi
l’octroi d’une subvention de quelque 450 000 Euros, destinés à « aider à l’organisation » du neuvième Festival des Arts
océaniens, qui devrait se dérouler à Palau le mois prochain (22 au 31 juillet) et ainsi regrouper les expressions
culturelles des 22 États et territoires du Pacifique.

Dans un communiqué conjoint, la Commission européenne, le Forum des îles du Pacifique (FIP) et le Secrétariat
Général de la Communauté du Pacifique (CPS), précisent que cette somme devrait en premier lieu être destinée
financer l’acquisition et la mise en place de matériel de sonorisation et d’éclairage, ainsi que prendre en charge certains
frais de restauration et d’hébergement sur place lors de la venue d’importantes délégations de toute l’Océanie.

En annonçant l’octroi de cette somme, Franz Baan, chef de la délégation régionale de la commission européenne, a tenu
à souligner le rôle de ce festival dans le processus d’intégration des territoires français du Pacifique dans leur
environnement régional. "La participation des territoires d’outre-mer français est un aspect qui fait partie intégrante de
ce festival ; cette participation renforce le sentiment de solid arité entre les Polynésiens francophones et anglophones,
mais aussi entre les Mélanésiens, les Polynésiens et les Micronésiens« , a-t-il estimé, tout en rapp elant le »rôle-clé" que
ce festival tient d ans le processu s de « renaissance culturelle du Pacifique », en dépit de « l’isolement géographique » de
cette région.

Le Festival des Arts océaniens, événement qui se déroule tous les quatre ans sous l’égide du Conseil des Arts du
Pacifique (lui-même une émanation de la CPS), aura cette année pour thème « Nourrir, régénérer, célébrer », une sorte de
célébration des cultures ancestrales préservées et transmises par la tradition orale par les anciens. L’édition précédente,
en octobre 2000, avait eu lieu en Nouvelle-Calédonie, autour du thème "Paroles d’hier, paroles d’aujourd’hui, paroles de
demain".

Source : Secrétariat de la Communauté du Pacifique

Doc. 2 : le programme du Festival des Arts de Palau

Au cours des dix jours que durera le Festival, on pourra assister à des démonstrations et à des
interprétations dans les domaines suivants :

• Organisation de colloques, débats et
• Art contemporain, arts traditionnels :
ateliers notamment la protection
juridique des savoirs traditionnels,
les rôles des chefs traditionnels et
élus,
expression corporelle, tissage,
sculpture du bois, de l’os et de la
pierre, réalisation
de tapas, tatouages, confection de
bijoux et de colliers, art du coquillage
et poterie
• Architecture traditionnelle
• Médecine traditionnelle et curative
• Art culinaire traditionnel
• Photographie, cinématographie,
• Littérature
costumes et art floral
• Les ressources naturelles telles que
• Arts scéniques traditionnels et
la richesse, les changements sociaux
et l’éducation
contemporains : art oratoire et
contes, instruments de musique,
chant, danse, théâtre, art dramatique,
marche sur le feu, sports
traditionnels
• Construction de pirogues et
d’embarcations traditionnelles

Source : secrétariat de la Communauté du Pacifique

Doc. 3 : les Jeux du Pacifique

(1) Îles Cook, États fédérés de Micronésie, Fidji, Guam, Kiribati, Mariannes du Nord, République des Îles Marshall, Nauru, Niue,
Norfolk, Nouvelle-Calédonie, Palau, Papouasie Nouvelle-Guinée, Polynésie française, Tuvalu, Iles Salomon, Samoa américaines,
Samoa, Tokelau, Tonga, Vanuatu, Wallis et Futuna.

Source : Secrétariat de la Communauté du Pacifique

Commentaires

Le Festival des Arts est né du souci de lutter contre la disparition progressive des pratiques coutumières et
traditionnelles (doc. 2). Patronné par le Conseil des Arts du Pacifique, qui est une émanation de la
Communauté du Pacifique, il est organisé tous les quatre ans depuis 1972 et permet aux Océaniens de se
réunir pour un moment de partage et d’échanges culturels. On retrouve là non seulement les petits pays
insulaires océaniens, mais aussi les Maoris de Nouvelle-Zélande et les Aborigènes d’Australie. Les
Hawaiiens, bien que n’étant pas membres de la Communauté du Pacifique, sont aussi régulièrement invités
en tant que Polynésiens. Le Festival est financé sur fonds de la Communauté du Pacifique, du Forum, ainsi
que sur des crédits débloqués par l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou l’Union européenne (voir doc. 1). Il s’agit d’un rendez-vous majeur qui contribue fortement au maintien d’une unité culturelle océanienne et au
rapprochement de ces peuples. C’est une occasion également pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande de
replonger dans les racines de leur peuplement originel.

Les Jeux du Pacifique sont devenus une institution dans la région. Ils ne concernent que les pays insulaires
océaniens, qui se rencontrent entre eux, mais l’Australie et la Nouvelle-Zélande ne sont pas absents pour
autant. Ils assurent une participation financière et fournissent des cadres techniques pour leur organisation.
Créés officiellement en 1961, à l’initiative des Fidjiens, ils avaient pour objectif « [d’] assurer la promotion
et le développement de la pratique du sport amateur, [et de] créer des liens d’amitié fraternels entre les
peuples et les différentes régions du Pacifique Sud ». La première édition a eu lieu à Suva en 1963. Depuis,
ils se sont déroulés tous les trois, puis quatre ans (doc. 3). Ils sont devenus une énorme entreprise, le nombre
de participants (et d’accompagnateurs) étant de plus en plus important. Si le Festival des Arts a rassemblé
environ 2 000 personnes dans sa dernière édition à Palau, les derniers Jeux du Pacifique qui se sont déroulés
à Suva en 2003 ont accueilli plus de 4 000 athlètes et officiels. Ils ont nécessité la construction d’installations
sportives de haut niveau et donc un engagement financier très important. Tous les pays insulaires océaniens y
étaient représentés. De tels jeux, désormais, ne peuvent être organisés que par les grandes entités de la zone.
Les pays plus petits peuvent se contenter des « mini-jeux », qui ont lieu dans l’intervalle et qui sont limités
en nombre de disciplines et donc de participants. On notera que d’autres rencontres sportives, les Océania,
spécifiques à chaque sport, sont organisées au niveau de la région, impliquant directement cette fois-ci
l’Australie et la Nouvelle-Zélande.

 7- Les organisations régionales

Doc. 1 : extrait de la page d’accueil du site Internet de la Communauté du Pacifique

Doc. 2 : page d’accueil du site Internet du Forum du Pacifique

Doc. 3 : quelques organisations régionales au sein du Pacifique

Commentaires

Les relations entre les micro-États océaniens sont insuffisamment développées. Ceci est la conséquence
directe de l’insularité : l’éloignement, l’isolement, l’omniprésence de la mer, l’exiguïté des territoires
auxquels il faut ajouter des ressources fragiles et non complémentaires rendent les échanges ou la
coopération difficiles. En fait, les îles et archipels de l’Océanie intertropicale sont plus tournées vers
l’extérieur (Australie, Nouvelle-Zélande, États-Unis, France…) que vers elles-mêmes. Toutefois, de réels
efforts sont faits pour rapprocher ces pays. Les initiatives dans le domaine du sport et de la culture
(paragraphe précédent) vont dans ce sens. Elles sont le fait d’organisations régionales de mieux en mieux
structurées et donc de plus en plus efficaces.

La plupart de ces organisations se retrouvent dans le CORP, le Conseil des organisations régionales du
Pacifique, qui comprend le Secrétariat de la Communauté du Pacifique, le Secrétariat général du Forum, la
FFA, le PIDP, le PROE, la SOPAC, l’USP et quelques autres…

La CPS, ou Commission du Pacifique Sud, est la plus ancienne de ces institutions. Fondée en 1947, elle a
pris en 1998 le nom de Communauté du Pacifique. C’est la seule organisation qui comprend l’ensemble des
pays de la région (19 États et 8 territoires sous tutelle), indépendants ou non, francophones ou anglophones.
Son siège est à Nouméa. Il s’agit d’un organisme de coopération technique chargé de financer des
programmes de développement à partir de crédits provenant essentiellement de l’Australie, de la France, de
la Nouvelle-Zélande, des États-Unis, voire de l’Union européenne.

Le Forum des îles du Pacifique (ex Forum du Pacifique Sud) regroupe les chefs de gouvernement de tous
les pays indépendants ou en self gouvernement du Pacifique insulaire autour de l’Australie et de la Nouvelle-
Zélande. Créé en 1971, il est une véritable tribune dans laquelle chacun exprime ses vues sur l’évolution politique et les perspectives économiques de la région. La Nouvelle-Calédonie et la Polynésie française ont
pu y être invitées à titre d’observatrices. Les seize pays du Forum sont l’Australie, la Nouvelle-Zélande, les
îles Cook, les États fédérés de Micronésie, Fidji, Kiribati, Nauru, Niue, Palau, la PNG, les îles Marshall,
Samoa, les îles Salomon, Tonga, Tuvalu et le Vanuatu.

La Forum Fisheries Agency, ou Agence des pêches du Forum (FFA) a été créée en juillet 1979 dans le but
premier d’assurer la surveillance et la gestion des stocks de poissons dans les eaux territoriales des petits
pays du Pacifique. Le premier objectif poursuivi par la FFA, dont le siège est à Honiara (îles Salomon) est
d’aider les pays signataires à négocier leurs droits de pêche, puis de trouver les moyens pour faire respecter
les accords et assurer l’inviolabilité de leurs eaux territoriales. De fait, ce contrôle ne peut guère être assuré
qu’avec le concours des puissances extérieures (Australie ou Nouvelle-Zélande). Les récents progrès de la
télédétection permettent à présent de mieux surveiller la zone.

Le PIDP (Pacific Island Development Program ou Programme de développement des îles du Pacifique) est
une émanation de l’East-West Center, créé en 1960 par le Congrès étasunien dans le cadre de l’aide des
États-Unis aux pays d’Asie et du Pacifique. Le PIDP quant à lui a été créé en 1980. Il est officiellement
chargé de promouvoir la qualité de vie dans les îles du Pacifique en promouvant l’éducation et la recherche.
Il est essentiellement financé par les États-Unis.

Le PROE (Programme régional océanien de l’environnement), ou SPREP (South Pacific Regional
Environment Program) Le PROE est une émanation du Secrétariat de la Communauté du Pacifique. Il est
une organisation intergouvernementale chargée d’appuyer les efforts de protection et d’amélioration de
l’environnement du Pacifique insulaire et de favoriser son développement durable. Son siège est à Apia. Il
regroupe tous les pays de la CPS, ainsi que l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la France et les États-Unis.

La SPTO (South Pacific Tourism Organisation) est chargée de coordonner la promotion touristique pour les
pays du Pacifique.

La SOPAC (South Pacific Applied Geoscience Commission), est une organisation intergouvernementale
ayant pour objet l’aide au développement durable. Cette organisation, basée à Suva, est financée par
l’Australie, les îles Fidji, la France, le Japon, la Nouvelle-Zélande, l’Irlande, l’Union européenne…

L’Université du Pacifique Sud (South Pacific University – SPU) est une création originale. Implantée en
1968 à Suva (Fidji), elle est l’émanation de douze États du Pacifique central qui, isolément et mis à part
Fidji, ne pouvaient prétendre à mettre en place une structure universitaire de ce calibre. Ces États contribuent
financièrement à son fonctionnement, fournissent des enseignants et y envoient leurs étudiants. L’Australie
et la Nouvelle-Zélande participent elles aussi à cette entreprise dans le cadre de leur aide technique par une
aide financière et l’envoi d’enseignants

En marge de ces différentes organisations, on peut encore citer l’APEC (Asia Pacific Economic
Cooperation), une alliance commerciale entre les grands pays d’Asie et d’Océanie et où l’on retrouve
l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la PNG.


titre documents joints

Documents complémentaires

21 août 2010
info document : PDF
51.3 ko

Le dossier documentaire

21 août 2010
info document : PDF
368.2 ko

Une interface Nord/Sud : l’Océanie

21 août 2010
info document : PDF
94 ko

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