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HG/NC Le site académique d'histoire-géographie de Nouvelle-Calédonie

L’océan Pacifique enjeux géopolitiques, économiques et environnementaux

lundi 20 septembre 2021 par Cyril AUBERT

Quelle est la place du thème dans les programmes ?

Les élèves de Seconde étudient les « processus de transitions et leurs impacts sur le développement différencié des territoires ». Ils travaillent en classe de Première « sur les recompositions des territoires à différentes échelles ». En Terminale, ils analysent « les mutations territoriales et politiques liées à la mondialisation ».
Cette séance de cours du programme d’histoire-géographie de la classe de Terminale technologique s’intitule « Séquence 2B. L’océan Pacifique : enjeux géopolitiques, économiques et environnementaux ». Elle fait partie du Thème 1. « Mers et océans : au coeur de la mondialisation » qui traite de « la place des mers et océans comme supports et vecteurs de cette mondialisation » et met en évidence « leurs rôles multiples » et identifie certains espaces stratégiques.
Les élèves de Terminale ont déjà étudié les notions développées dans ce thème au cours des cycles 3 et 4. Au cycle 4, en classe de 5e, le thème « Des ressources limitées, à gérer et à renouveler » permet de « sensibiliser les élèves à la dimension mondiale de la gestion des ressources, dont une quantité importante se trouve dans les mers et les océans ». Dans le thème « Prévenir les risques, s’adapter au changement global », le rôle des mers et océans comme régulateurs climatiques renforce la prise de conscience par les élèves que « des enjeux mondiaux majeurs pèsent sur la gestion de ces espaces ».
En classe de 4e, le thème « Des espaces transformés par la mondialisation », montre aux élèves que « les mers et océans sont autant des lieux de passage pour 90 % du commerce mondial que des espaces pourvoyeurs de ressources ». Les élèves étudient les « transformations de ces espaces dans le cadre de la mondialisation » et « la maritimisation croissante de l’économie mondiale qui fait des mers et océans une source de puissance pour les États littoraux, donc des enjeux de tensions, voire de conflits ».
Précédée par un premier sujet d’étude au choix « le détroit de Malacca : un point de passage majeur et stratégique » ou « les réseaux de câbles sous-marins : des infrastructures essentielles de la mondialisation », cette séance de cours
« L’océan Pacifique : enjeux géopolitiques, économiques et environnementaux » correspond à un sujet d’étude obligatoire du programme adapté à la Nouvelle-Calédonie.

Source : Fiche Eduscol de Terminale voie Technologique Thème 1 « Mers et océans au coeur de la mondialisation », juin 2020.

Titre du Thème 1 : Mers et océans : au coeur de la mondialisation.

Titre de la Séquence 2B : L’océan Pacifique : enjeux géopolitiques, économiques et environnementaux.

Problématique de la Séance : « Quels sont les enjeux géopolitiques, économiques et environnementaux dans l’océan Pacifique ?

Objectifs pédagogiques : La mise en oeuvre de cette étude doit amener les élèves à comprendre, à travers l’exemple de l’océan Pacifique, d’une part « le rôle et la place des mers et océans dans la mondialisation dans le contexte de la maritimisation des économies et de rivalités de puissance » et d’autre part, « d’identifier les enjeux économiques, géopolitiques et environnementaux de ces espaces spécifiques ». Cette étude, adaptée à la Nouvelle-Calédonie, est aussi un moyen pour les élèves de mieux appréhender leur espace, d’en apprendre plus sur les enjeux d’intensité et d’échelle multiples qui sont associés à l’océan Pacifique, qui est l’environnement régionale de la Nouvelle-Calédonie, leur lieu de vie. Le cours est conçu pour être réalisé en présentiel ou en distanciel, selon les conditions sanitaires.
Le volume horaire consacré à l’étude est de deux à trois heures, trace écrite et synthèse comprises (une heure de moins si le travail est préparé à la maison par les élèves). Mais en série technologique, il est préférable que le travail soit réalisé en classe avec les élèves.

Objectifs cognitifs – Mots clés – notions :
Mondialisation – Maritimisation - Route maritime – Territorialisation - Canaux et détroits internationaux - Façade maritime
– Ressources – Ressources halieutiques- Offshore - Enjeux -

 DOSSIER PEDAGOGIQUE

Objectifs méthodologiques / Savoir-faire.
L’étude de documents permet d’activer les compétences du programme de Terminale :
 Maîtriser les repères spatiaux (identifier, localiser...).
 Identifier, lire et comprendre des documents.
 Relever et classer les informations essentielles contenues dans un document.
 Formuler une opinion personnelle argumentée sur une question donnée.
 Organiser et synthétiser à l’écrit les idées essentielles du cours.

Supports : Dossiers de divers documents, prélevés essentiellement sur des sites internet.
Documents proposés : le corpus documentaire rassemble des documents divers tels que des articles de presse, des photographies et des cartes. Les documents proposés pour cette séance mais cela peut être soit réduit soit complété par d’autres documents.
 Doc 1 : « Les enjeux géopolitiques et géoéconomiques du Pacifique », article de Gérard VINDT, extrait de la revue alternatives économiques – hors-série n°113, janvier 2018.
 Doc 2a : « Océans : dix chiffres pour résumer les enjeux et les risques », article de Edouard Pflimlin, publié dans
Le Monde, 8 juin 2018.
 Doc 2b : Carte sur « les principales zones de pêche », de F. Sauzeau, extraite de la publication géographique
Géoconfluences, 2016.
 Doc 3 : Carte sur « les ZEE dans le monde » de A. Nicolas, extraite du DicoAtlas des mers et océans de Pierre Royer, Editions Belin, 2013.
 Doc 4 : Carte sur les « fonds marins et les chasseurs de minerais », extraite de International Seabed Authority,
2014.
 Doc 5 : « Les câbles sous-marins, l’autre enjeu du Pacifique », d’après un article extrait du site outremers360°.com, 2018.

Bibliographie – Sitographie.

  • « Géopolitique des mers et des océans », Diplomatie, « Les Grands dossiers », n°55, février- mars 2020 ;
  • « La mer et ses enjeux », Carto, n° 54, juillet-août 2019, pp. 56-63 ;
  • « La haute mer et ses enjeux : exploiter tout en préservant », Carto, n° 51, janvier-février 2019, pp. 62-63 ;
  • L’Atlas de l’eau et des océans, 2017, Le Monde - La Vie, n°22 hors-série ;
  • FRÉMONT Antoine, FRÉMONT-VANACORE Anne, 2015, « Géographie des espaces maritimes », La Documentation photographique, n° 8104, La Documentation française ;
  • LECOQ Tristan, SMITS Florence (dir.), 2016, Enseigner la mer. Des espaces maritimes aux territoires de la mondialisation, Rennes, Canopé ;
  • LOUCHET André, 2015, Atlas des mers et océans – Conquêtes, tensions, explorations, Autrement ;
  • ROYER Pierre, 2016, Dico Atlas des mers et des océans, Belin.
  • Actes du colloque de juillet 2018, sur « Les enjeux territoriaux du Pacifique » sous la direction de Géraldine Giraudeau, Collection larje, Presses universitaires de NC, 2021.
  • L’Indo-Pacifique : quels enjeux pour l’Europe et l’Asie non chinoise ? de E. Veron er E. Lincot, extrait de la revue Asia focus n°162, juin 2021.
  • Marine Traffic, site de localisation des navires en mer en temps réel qui offre un système d’information géographique simple ;
  • Les notes de synthèse de l’Institut supérieur d’économie maritime (Isémar) ;
  • Le site de l’Institut français de la mer (notamment pour la rubrique « documents »).

L’étude débute par un rappel des notions, vues lors de la question obligatoire Séquence 1 : « Mers et océans : vecteurs essentiels de la mondialisation » : l’enseignant questionne oralement des élèves à partir d’une carte « des ports et des façades maritimes dans le monde » ou d’une capture d’écran prise sur le site Marine Traffic ou à partir de l’article ci- dessous en date du 18 juin 2021. L’objectif du questionnement est d’amener les élèves à comprendre pourquoi on va parler des enjeux dans l’océan Pacifique.

SYDNEY/PÉKIN (Reuters), vendredi 18 juin 2021 - Un projet dirigé par la Banque mondiale a refusé d’attribuer un contrat pour la pose de câbles de communication sous-marins après que les gouvernements des îles du Pacifique ont tenu compte des avertissements des États-Unis selon lesquels la participation d’une société chinoise constituait une menace pour la sécurité, ont déclaré deux sources à Reuters.
Un projet dirigé par la Banque mondiale a refusé d’attribuer un contrat pour la pose de câbles de communication sous- marins après que les gouvernements des îles du Pacifique ont tenu compte des avertissements des États-Unis selon lesquels la participation d’une société chinoise constituait une menace pour la sécurité.

L’ancienne société Huawei Marine Networks, désormais appelée HMN Technologies et détenue majoritairement par la société Hengtong Optic- Electric, cotée à Shanghai, a soumis une offre pour le projet de 72,6 millions de dollars (60,9 millions d’euros) à un prix inférieur de plus de 20 % à celui de ses rivaux Alcatel Submarine Networks (ASN), qui fait partie de la société finlandaise Nokia, et de la société japonaise NEC, ont déclaré les sources. Le système de câble de la Micronésie orientale a été conçu pour améliorer les communications dans les nations insulaires de Nauru, Kiribati et des États fédérés de Micronésie (EFM), en fournissant une infrastructure sous-marine avec une capacité de données bien supérieure à celle des satellites. Deux sources ont déclaré à Reuters que le projet était dans l’impasse en raison des problèmes de sécurité soulevés au sein des nations insulaires par l’offre de HMN Tech. La connexion prévue du projet à un câble sensible menant à Guam, un territoire américain disposant d’importants moyens militaires, a renforcé ces préoccupations en matière de sécurité. « Etant donné qu’il n’y avait aucun moyen tangible de retirer Huawei de la liste des soumissionnaires, les trois offres ont été jugées non conformes », a déclaré l’une de ces sources. La source a déclaré que HMN Tech était en position de force pour remporter l’appel d’offres en raison des conditions supervisées par les agences de développement, ce qui a incité ceux qui se méfient de l’implication chinoise à trouver une solution rapide pour mettre fin à l’appel d’offres. La Banque mondiale a déclaré à Reuters qu’elle travaillait avec les gouvernements respectifs pour définir les prochaines étapes. « Le processus s’est terminé sans attribution en raison de la non-réponse aux exigences des documents d’appel d’offres », a déclaré le prêteur multilatéral basé à Washington. Un porte- parole du ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré dans une déclaration à Reuters que toutes les parties devraient fournir un environnement commercial non discriminatoire auquel les entreprises de tous les pays, y compris la Chine, peuvent participer. « Par principe, je tiens à souligner que les entreprises chinoises ont toujours maintenu un excellent bilan en matière de cyber-sécurité », a déclaré le porte-parole. (version française Camille Raynaud)

Présentation de la démarche pédagogique.

Après cette accroche, l’enseignant distribue ensuite aux élèves une fiche d’activités dont l’objectif est de relever des informations dans divers documents et de les classer dans un tableau de synthèse.

Fiche d’activités.

Consigne : à partir des documents proposés à l’étude, complétez le tableau ci-dessous et montrez que l’océan Pacifique est une des régions les plus complexes du monde, qui est confrontée à de nombreux enjeux et défis.

À la maison, l’enseignant peut demander aux élèves de rédiger, à partir du tableau, une synthèse de la séance, répondant à la problématique « Quels sont les enjeux géopolitiques, économiques et environnementaux dans l’océan Pacifique ? ». Cela permet aux élèves de travailler l’exercice de rédaction.

Pour aller plus loin.
→ À l’issue de cette séance, un croquis guidé peut être réalisé avec les élèves à partir des informations tirées des documents.
→ Les élèves pourront compléter leurs informations soit par une sortie au port de Nouméa ou en demandant des intervenants du Haut-Commissariat (stage mai 2021), de la Marine nationale ou encore de Mme H. Goiran spécialiste de la Géopolitique du Pacifique.
→ À l’issue de cette séance, un projet numérique peut être mis en place : utiliser Marine Traffic, un site de localisation des navires en mer en temps réel qui offre un système d’information simple ; réaliser une fiche sur les États du Pacifique, à partir du programme FOLD et éventuellement demander aux élèves de présenter à l’oral leur travail.

Conclusion : L’océan Pacifique est l’une des régions les plus complexes et les plus hétérogènes du monde menant à des inégalités d’intégration à la mondialisation, à des enjeux géostratégiques et à des rivalités entre les puissances, notamment la Chine et les États-Unis. La maritimisation des économies et l’ouverture des échanges internationaux donnent à l’océan Pacifique un rôle fondamental pour la fourniture des ressources halieutiques et minérales, pour la circulation des hommes et pour les échanges matériels et immatériels (câbles sous-marins).

 Séquence 2B. L’océan Pacifique : enjeux géopolitiques, économiques et environnementaux.

Problématique : …................................................................................................................................................................ .......
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Doc 1. Les enjeux géopolitiques et géoéconomiques du Pacifique.

« Les États-Unis sont une puissance du Pacifique et nous sommes là pour rester. » En visite en Australie en novembre 2011, Barack Obama affirmait ainsi plus qu’une évidence : non seulement les États-Unis sont très présents territorialement dans cet océan, mais ils ont la volonté de protéger leurs intérêts et leurs alliés, nombreux dans la région, face à la montée en puissance chinoise. Car, de son côté, la Chine, historiquement puissance continentale, affirme depuis deux décennies sa volonté de devenir une puissance maritime majeure de l’océan Indien au Pacifique. Si, en termes de puissance militaire navale, elle reste très loin des États-Unis, elle veut se donner les moyens d’atteindre ses objectifs : être capable de s’affirmer militairement face à Taiwan soutenue par les Américains, contrôler la mer de Chine du Sud en s’emparant d’îlots revendiqués par ses voisins de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean), contester la maîtrise de la mer de Chine orientale aux marines japonaise ou coréenne, dénier aux États- Unis le droit d’ingérence dans son espace maritime proche et au-delà, s’affirmer comme puissance dans l’océan Pacifique face aux États-Unis et à ses alliés (Australie, Nouvelle-Zélande, la France). Les enjeux majeurs sont donc géopolitiques - et aujourd’hui les ambitions nucléaires nord-coréennes sont au centre des inquiétudes. Mais les intérêts économiques ne sont jamais très loin : la protection des routes commerciales, celle des zones économiques exclusives (ZEE) ou des zones de pêche préoccupent tant les petites que les grandes nations. Y compris la France, modeste puissance dans la région.

Source : article de Gérard VINDT, extrait de la revue alternatives économiques – hors-série n°113, janvier 2018.

Doc 2. Les enjeux économiques et environnementaux.

Lancée à Rio en 1992, la journée mondiale de l’océan sensibilise aux multiples enjeux marins, qui sont déterminants pour l’avenir de l’humanité. La consommation moyenne par an et par habitant de poisson dans le monde est de 20 kg en 2016, selon le Centre d’études stratégiques de la marine, soit le double d’il y a 50 ans, ce qui met une pression sur certaines espèces. 11 % des 2 800 espèces marines dans les pays d’Océanie sont menacés d’extinction, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature. 31 % des stocks de poisson dans le monde étaient surexploités en 2013 selon la FAO, ce qui ne permet pas leur renouvellement. La part de la pêche dite « INN » (illégale, non autorisée ou non déclarée) au niveau mondial est de 30 % soit 10 à 20 milliards de dollars. L’impact écologique est très élevé car cette pêche ne se préoccupe ni des espèces menacées ni des écosystèmes.

Chaque année, 8 millions de tonnes de plastique sont répandues dans les océans, selon l’Atlas de l’eau et des océans en 2017. Le danger vient des microplastiques (< 5 mm de diamètre). Selon l’Atlas, 5 000 milliards de particules de plastique flotteraient dans les mers. Or ces plastiques menacent toute la chaîne alimentaire, nuisant à la santé de l’homme et des animaux. Parmi les 5 très grands tourbillons de plastique générés par les courants qui circulent dans les océans, le Great Pacific Garbage Patch ou « grande plaque d’ordures du Pacifique » couvre 3,4 millions de km2. Le projet The Ocean Cleanup, imaginé par le Néerlandais Boyan Slat, prévoit 50 % de son nettoyage grâce à une flotte d’une trentaine de petites barrières, attachées à une énorme ancre flottante. Enfin, 600 millions de personnes habitent le long des littoraux à moins de 10 mètres au-dessus du niveau de la mer. La hausse du niveau de la mer et les dérèglements climatiques mettent en danger les populations de nombreux États côtiers, notamment en Asie-Pacifique (Tuvalu, Kiribati..).

D’après « Océans : dix chiffres pour résumer les enjeux et les risques », Edouard Pflimlin, publié dans Le Monde, 8 juin 2018.

Doc 7. Les câbles sous-marins, l’autre enjeu du Pacifique.

Eparpillées sur le plus grand océan de la planète, les îles du Pacifique ont le souci majeur de l’éloignement et du désenclavement. Les câbles sous-marins numériques apparaissent comme la solution pour rattacher ces îles aux continents qui les entourent. Créée en 1997, l’organisation régionale, la Pacific islands telecommunications associations (PITA) a pour but de « représenter les intérêts des petits pays insulaires dans le secteur de la télécommunication ». Lors de son assemblée en 2018, elle a décidé de « s’ouvrir à l’international et d’accueillir des opérateurs mondiaux tels que Huawei, China Telecom ou Nokia, des entreprises « susceptibles de régler leurs problématiques ». Parmi les grands projets en route, celui du câble trans-pacifique qui reliera la Nouvelle-Zélande à Hawaii en passant par les îles Samoa, Niue, Tokelau, Tonga, Cook et la Polynésie française ».

Source : D’après un article extrait du site outremers360°.com, 2018.

Consigne : à partir des documents proposés à l’étude, complétez le tableau et montrez que l’océan Pacifique est une des régions les plus complexes du monde qui est confrontée à de nombreux enjeux et défis.


titre documents joints

L’océan Pacifique enjeux géopolitiques, économiques et environnementaux

20 septembre 2021
info document : PDF
902.8 ko

Proposition de mise en oeuvre en géographie en Terminale technologique (thème 1)


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