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HG/NC Le site académique d'histoire-géographie de Nouvelle-Calédonie

Le mystère Lapita

mercredi 12 mars 2014 par Jérôme GEOFFROY

Introduction

L’exercice proposé peut servir dans le cadre des parties adaptées du programme d’histoire :

  • En classe de 6e, dans la leçon sur le peuplement de l’Océanie, pour aborder les premières étapes du peuplement austronésien des archipels du Pacifique, dont la Nouvelle-Calédonie. On peut s’inspirer des documents ainsi que du questionnement en les transposant pour suivre la démarche suggérée par les programmes : La carte du peuplement du Pacifique est mise en relation avec les moyens (pirogues) et les marqueurs (poteries).
  • En classe de 2e, dans la leçon introductive sur la place des populations de l’Europe et de l’Océanie dans le peuplement de la Terre, afin de montrer la mise en place du peuplement du Pacifique insulaire en particulier le peuplement austronésien. On peut aussi l’utiliser en accompagnement personnalisé.

Prérequis : les élèves ont acquis les connaissances relatives au peuplement aborigène du Sahul.

Les principaux objectifs d’apprentissage poursuivis concernent les capacités et méthodes suivantes :

  • cerner le sens général d’un document ou d’un corpus documentaire et le mettre en relation avec la situation historique ou géographique étudiée.
  • réaliser des cartes, croquis et schémas cartographiques, des organigrammes, des diagrammes et schémas fléchés, des graphes de différents types.
  • lire un document (un texte ou une carte) et en exprimer oralement ou par écrit les idées clés, les parties ou composantes essentielles ; passer de la carte au croquis, de l’observation à la description.

L’exercice peut être réalisé lors d’une séance d’une heure en demi-groupe (correction comprise). Un diaporama est fourni afin de simplifier la correction.

Le travail réalisé par les élèves peut servir à la construction d’un croquis de synthèse sur le peuplement de l’Océanie.

Etude de documents

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Poterie et tessons lapita
Sources : Musée de la Nouvelle-Calédonie et Wal Ambrose ; The implements of Lapita ceramic stamped ornamentation ; Terra Australis 26 ; Nov. 2007

Il y a plus de 12 000 ans, les peuples aborigènes, confrontés à la montée du niveau des mers, avaient atteint les limites de leurs capacités nautiques. Ils occupaient les vestiges du Sahul mais le reste des îles du Pacifique leur était inaccessible et était alors vierge de toute présence humaine. Ce sont d’autres populations, venues d’Asie, qui occupaient ces îles lorsque les Européens les « découvrirent ».
Les plus anciennes traces de présence humaine en Océanie lointaine sont des poteries très particulières. Certaines de ces poteries, datées de plus de 3 400 ans ont été trouvées dans l’archipel de Bismarck, au nord-est de la Nouvelle-Guinée. Il y a 3 200 ans, les premières poteries lapita sont apparues en dehors de l’archipel de Bismarck puis, vers 3 100 avant aujourd’hui, elles se sont répandues sur tous les archipels jusqu’aux îles Samoa.

Quel peuple a pu transporter ces poteries aussi rapidement sur des distances aussi grandes ?

Document 1 :

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Les principaux sites lapita en Océanie
Source : Arnaud Noury, 2000

Document 2 : Les routes maritimes empruntées par les potiers lapita

Deux grands « courants » ont été ainsi isolés. L’un, le groupe du Nord, est composé des décors réalisés à l’aide de lignes simples ou triples. Le second, le groupe du Sud, est composé des décors réalisés à l’aide de lignes doublées. Parallèlement aux modes de réalisation, ces deux grands groupes ou « courants » possèdent leurs propres variantes de motifs. (…) Le groupe du Nord semble être issu de la Nouvelle-Bretagne (région des îles Arawe et d’une manière générale de l’ouest de l’île) alors que le groupe du Sud parait issu de la Nouvelle-Irlande (Eloaue, Lemau,…).Ces deux grands groupes suivirent les mêmes routes maritimes jusqu’aux îles Salomon et dans le nord du Vanuatu (région de Malo, Aore) où ils cheminèrent ensuite dans des directions parfois divergentes. Le groupe du Nord se dirigea vers le Nord de la Nouvelle-Calédonie (Lapita, Koumac,…) alors que le groupe du Sud alla d’abord dans le Centre (Efate) puis le Sud du Vanuatu (Erromango) avant d’arriver dans le Sud de la Nouvelle-Calédonie (Goro, Vatcha). Une jonction plus tardive des deux groupes se réalisa dans cet archipel, particulièrement visible dans les décors des sites de Nessadiou et ceux des îles Loyauté. De la même manière, les îles Santa Cruz et le Nord du Vanuatu ont eu un rôle central dans la colonisation des trois archipels orientaux (Fidji et Tonga notamment) et cela très rapidement, sans doute dès les premiers mouvements lapita.

Arnaud Noury, La société et les croyances dans les décors des poteries lapita, 2006.

Document 3 : L’utilisation de techniques nouvelles

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Pirogue de voyage de Satawal (Iles Caroline)
Pâris (1841)

La pirogue, en planches cousues ou creusée dans un tronc, équipée d’une voile et d’un balancier, fut la principale technologie employée par les Austronésiens pour coloniser l’Asie du sud-est et les îles du Pacifique au cours des derniers millénaires, emportant avec eux des graines, des boutures, des tubercules, des porcs, des poulets, des chiens [...]. La combinaison d’un mât inclinable et d’une voile triangulaire à cette époque est unique. [...] Propagée par les Austronésiens dans l’Océan indien vers 200 avant J.C., cette technique est probablement à l’origine de la voile latine introduite ensuite en Méditerranée par les Arabes puis reprise par les Portugais sur la misaine de leurs caravelles pour traverser l’Atlantique. [...] La voile triangulaire austronésienne est tendue par deux bômes ; elle pivote sur un axe et peut être inclinée vers l’avant ou vers l’arrière (comme le ferait un véliplanchiste). Cela permet à la pirogue de naviguer au près, c’est-à-dire de remonter au vent sans être obligée de tirer de larges bords.

D’après Adrian Horridge, The Austronesian Conquest of the Sea — Upwind, The Austronesians : Historical and Comparative Perspectives, Australian National University, Canberra, 1995

QUESTIONS :

1- A l’aide du doc.1 repérez l’archipel de Bismarck (à l’ouest) et les îles Samoa (à l’est). D’après l’introduction, combien de temps ont mis les potiers lapita pour atteindre les Samoa ?
2- A l’aide du document 2, tracez par des flèches sur le document 1 les routes maritimes empruntées par les potiers lapita. Utilisez 3 couleurs : une pour la route du Sud, une pour la route du Nord et une pour la route menant aux archipels orientaux. Construisez la légende du croquis.
3- Sachant que la Grande Terre de Nouvelle-Calédonie fait 400 km de long, calculez – à l’aide du document 1 – la distance maximale que les potiers lapita ont eu à franchir entre deux îles.
4- A l’aide du document 3 et sachant que les vents dominants dans le Pacifique sont les alizés, expliquez en quoi les pirogues austronésiennes étaient bien conçues pour explorer cet océan.
5- En quoi le mode de vie des peuples austronésiens (doc.3) est-il profondément différent de celui des populations aborigènes qui ont occupé le Sahul ? Comment l’expliquer ?


titre documents joints

Le mystère Lapita

12 mars 2014
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Etude de documents en classe de seconde


Le mystère Lapita

12 mars 2014
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3 Mo

Diaporama pour la correction


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