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La périodisation

mardi 12 mai 2020 par Ophélie ROUAULT

Groupe de réflexion pédagogique Histoire-Géographie-EMC Lycée

S’approprier les thèmes adaptés du programme d’HISTOIRE CLASSE DE SECONDE
INTRODUCTION – La périodisation

 Le programme :

INTRODUCTION
La périodisation (2 heures)

L’introduction est l’occasion de rappeler comment l’histoire a été divisée en quatre grandes périodes, avec, pour marquer chacune d’entre elles, le choix d’une date-clé (476, 1453/1492,1789). On montre que le choix de ces dates qui servent de marqueurs ne va pas de soi : ainsi, on retient 1453 ou 1492 pour les débuts de l’époque moderne, selon ce qu’on souhaite mettre en exergue. Il convient aussi de présenter les formes de périodisation (exemples : dynasties, ères, époques, âges, siècles...) qui peuvent être différentes en fonction des espaces considérés. Ainsi, on présente et explicite les différents temps de (temps « d’avant », temps de la découverte réciproque, temps des changements, temps colonial et conséquences, temps des Accords...) que l’on mettra en perspective avec les périodes conventionnelles de l’histoire. (AJOUT)
Le but n’est pas de réaliser un inventaire mais d’introduire l’idée que le temps a lui-même une histoire et que cette histoire a été soumise à des évolutions, dans le temps et dans l’espace.
Une frise chronologique peut être construite puis enrichie au fil de l’année, y compris sous forme numérique.

Pourquoi enseigner la périodisation en classe de Seconde ?

Il s’agit ici de montrer aux élèves que la périodisation étudiée depuis l’école primaire est le fruit d’une longue réflexion, et que cette construction mettant en avant des dates de l’histoire politique fait débat au regard de l’histoire des civilisations et des territoires étudiés.
On cherchera de manière prioritaire à faire comprendre à l’élève :

  • La périodisation de la Nouvelle-Calédonie est différente de la périodisation européenne établie par les universitaires.
  • La périodisation est une construction politique.

Quelle est la place du thème dans la scolarité ?

Au cycle 3 et au collège. Les élèves étudient l’histoire à partir des quatre grandes périodes historiques. La préhistoire a été ajoutée au programme de la classe de 6e en 2016.

 Mise au point scientifique

Il y a eu, avec la constitution de l’histoire en tant que discipline historique, mais surtout comme discipline enseignée dans un cadre scolaire, la nécessité de mettre en place un cadre pédagogique clair pour l’apprentissage et le repérage dans le temps. La périodisation est un outil essentiel à l’enseignement de notre discipline. C’est au cours du XIXème siècle que les universitaires français ont découpé le temps historique en tranches chronologiques (ancienne, médiévale, moderne, contemporaine) pour définir les champs de recherche de l’Histoire. Malgré tout, cette périodisation est régulièrement remise en question, notamment au moment des réformes de programme. Entre 1944 et 1947, la commission Longevin-Wallon propose le renversement de l’étude des périodes historiques. Les élèves débuteraient alors leur apprentissage par l’étude de la période la plus proche d’eux, pour ensuite, au cours de leur scolarité, étudier les plus anciennes. Entre 1974 et 1978, le ministre de l’Éducation propose des programmes d’histoire sociale et culturelle thématiques, abandonnant l’idée de périodisation. Cependant, ces tentatives de réformes n’aboutissent pas et les programmes d’histoire-géographie sont à chaque fois construits à partir des quatre grandes périodes historiques, cinq si on ajoute la préhistoire, enseignée au cycle 3 depuis la réforme des programmes de 2016.

Si la périodisation fait débat dans l’enseignement, c’est aussi le cas chez les historiens. En effet, l’École des Annales conteste la périodisation en multipliant les critères de césure et en expliquant que les dates retenues ont un sens politique, mais n’ont aucun intérêt si on travaille sur l’histoire sociale ou l’histoire des femmes. De même, les dates choisies n’ont de sens que pour l’histoire européenne. Pour l’histoire globale, ce découpage n’a aucune valeur pour l’Empire chinois, ou bien encore pour les civilisations précolombiennes. Il est donc important de prendre en compte la pluralité des approches, des temps et des processus particuliers, tout en utilisant des repères permettant l’explication pédagogique, d’où la nécessité en Nouvelle-Calédonie de montrer que la périodisation de notre histoire ne correspond pas à celle enseignée de manière académique.

La périodisation calédonienne n’a pas vraiment fait l’objet de recherches universitaires. Cependant, l’historienne Christiane Terrier a apporté une analyse de la périodisation de la Nouvelle-Calédonie. Elle a mis en avant quatre grandes périodes historiques qui prennent en compte les sensibilités très fortes présentes en Nouvelle-Calédonie : à savoir l’approche indépendantiste et l’approche « loyaliste ». Cette périodisation est acceptée par les trois Provinces et elle est reprise dans la bibliographie de l’ouvrage 101 mots pour comprendre l’histoire de la Nouvelle-Calédonie publié en 1997 et réédité régulièrement.

Les quatre grandes périodes sont :

  • Préhistoire calédonienne (de -1100 à 1773)
  • Découvertes et premiers contacts (de 1774 à 1852)
  • Époque coloniale (de 1853 à 1945)
  • Période contemporaine (à partir de 1946)

Pour la périodisation de la Nouvelle-Calédonie, on constate que la préhistoire calédonienne (de -1100 à 1773) correspond à une partie de l’Antiquité européenne, au Moyen-Age et à la quasi-totalité de l’époque moderne.
Christophe Sand propose un découpage au sein de cette longue période qui s’étend des plus anciennes traces aux premiers contacts :

  • préhistoire ancienne appelée également le temps des Austronésiens : cette première période correspond à l’installation sur les littoraux des Austronésiens, à la mise en place de l’agriculture extensive sur brûlis, à une organisation sociale peu hiérarchisée entre -1100 et 1100.
  • enracinement de la société kanak et complexe culturel tel qu’il a été découvert par James Cook. On y retrouve une occupation complète des terroirs, une agriculture intensive (tarodière, billons d’igname), une organisation puissante en chefferie entre 1000 et 1774.
    Cette préhistoire calédonienne correspond dans le programme au « temps d’avant ».

La deuxième période est relativement courte et correspond au temps de la découverte réciproque et des changements, c’est-à-dire à la protohistoire de la Nouvelle-Calédonie, période de transition entre la préhistoire et l’histoire. Cette période est appelée découvertes et premiers contacts. C’est le moment de la découverte de l’archipel par James Cook en 1774, mais aussi des premiers contacts marchands avec un passage important de navires (baleiniers, santaliers, beachcombers) et une vie des populations kanak qui se modifie du fait de ces contacts et des intrusions côtières. Une révolution technique se met en place avec l’usage du fer, des armes à feu, du tissu, l’introduction de nouvelles espèces animales (chiens, porcs, chèvres, bovins) et la rencontre avec les Européens, notamment les missionnaires. Ces contacts entraînent un choc microbien.

La troisième période est celle du temps colonial et de ses conséquences que les historiens appellent l’époque coloniale (de 1853 à 1945). L’archipel est doté d’un statut juridique, il est dirigé par un gouverneur tout puissant, un développement économique s’opère du fait de la colonisation libre et pénale, du développement minier, de l’agriculture (café et canne à sucre). D’un point de vue religieux, les missionnaires de la London Missionary Society et les Pères Maristes évangélisent la grande terre et les îles. Une réorganisation sociale est opérée : le lieu de vie des Kanak est nommé « la tribu », des réserves sont créées et les populations autochtones sont soumises au régime de l’indigénat.

La dernière période est la période contemporaine, qui débute en 1946 et qui correspond à ce que le programme appelle le temps des Accords. Cette période, dense en événements, est marquée par des évolutions institutionnelles, sociales et économiques. C’est également le temps des revendications indépendantistes qui conduisent à la signature des Accords de Matignon en 1988 puis de l’Accord de Nouméa en 1998 pour déterminer l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie.

Comment mettre en oeuvre le thème dans la classe ?

Problématique : La périodisation académique est-elle encore pertinente ?

À partir de frises, l’enseignant peut montrer aux élèves qu’il n’existe pas de périodisation universelle, au regard de l’histoire calédonienne. La périodisation est une construction politique.

 Pistes bibliographiques :

Pour la périodisation européenne :

  • J. Le Goff, Faut-il vraiment découper l’histoire en tranche ?, Édition du seuil, 2014
  • P. Boucheron, Histoire du monde au XVe siècle, Paris, Fayard, 2009
  • P. Boucheron, L’entretemps. Conversation sur l’histoire, Lagrasse, Verdier, 2012
  • F. Hartog, Régime d’historicité. Présentisme et expériences du temps, Paris, Seuil, 2003
  • J. Leduc, Les Historiens et le temps, Paris, Seuil, 1999
  • ATALA n° 17, 2014, Découper le temps : actualité de la périodisation en Histoire

Pour la périodisation calédonienne :

  • F. Angleviel (dir.), 101 mots pour comprendre l’histoire de la Nouvelle-Calédonie, Éditions Île de Lumière, 1997, 225 pages.
  • F. Angleviel, Les fondements de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie, définition, périodisation, sources, SCEREN CDP Nouvelle-Calédonie, 2002, 201 pages.

titre documents joints

La périodisation

12 mai 2020
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Document d’accompagnement des programmes adaptés


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