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Les paysages des îles Loyauté : Lifou

samedi 17 juillet 2010 par Xavier LABERGUE

Problématique de la leçon :

Les élèves découvrent des paysages de Lifou tout empreints de la vie traditionnelle kanak. Ils
sont amenés à se poser la question de savoir quelle place prend la modernité dans l’espace
géographique de Lifou.

La leçon dans le programme adapté de géographie de 6° :

Elle s’insère dans la partie du programme intitulée "des paysages calédoniens". Comme le
suggèrent les textes officiels, il est possible de développer l’étude d’un type de paysage. C’est
ce que nous proposons ici, tout en sachant qu’il faut se limiter à 2 ou 3 heures. Cette leçon est
la première par laquelle les élèves apprennent l’étude ordonnée des paysages. Elle propose
l’initiation à deux grands objectifs méthodologiques : la description du paysage et la réalisation
d’un croquis. Les deux exercices prennent beaucoup de temps à mener à terme. Il peut donc
être judicieux de pratiquer l’un dans une leçon et l’autre dans la suivante. Pour l’exercice du
croquis, il est bon que les élèves en réalisent d’abord un par eux-mêmes, ne serait-ce que pour
en éprouver les difficultés. Néanmoins, un croquis pré-dessiné est proposé ici.

Les notions abordées :

1. Qu’est-ce qu’un paysage ?

Le paysage est ce que l’observateur voit depuis l’endroit où il se trouve. Il est donc
la partie visible d’un espace géographique. Le paysage ne montre pas tout :
• Il ne montre pas le "hors champ".
• Certaines portions de l’espace peuvent être cachées, derrière un rideau d’arbres,
derrière un repli de terrain…
Par exemple, le paysage photographié sur le document A ne montre pas la tribu de
Luengöni, dissimulée dans la végétation en retrait de la plage.

2. Le paysage n’est pas l’espace géographique.

La modernité de Lifou et ses insuffisances sont abordées par le biais d’une publicité
touristique et d’un tableau statistique (voir les documents E, F et G).

La mise en activité des élèves :

1. Savoir localiser un paysage.

Une carte de localisation permet de situer Lifou par rapport à la Grande Terre.

2. Savoir décrire un paysage.

Une vue aérienne du littoral au nord de Lifou ( document B) permet aux élèves de
s’exercer sur un paysage très simple, mais qui met en évidence des traits essentiels de
l’espace géographique local :
• L’omniprésence de la forêt. On note la présence de petites clairières.
• La mer de couleur sombre : elle est déjà profonde à quelques mètres du rivage.
• L’étroitesse du récif corallien : il n’y a pas de lagon à Lifou.
Les élèves décrivent ce paysage avec méthode. Ils utilisent un langage précis (1er plan,
2ème plan… Mais sur le document B, gauche et droite sont plus appropriés). Ils
s’abstiennent de dire ce qu’ils ne voient pas !

3. Savoir dessiner un croquis du paysage.

Le paysage du document A (la plage de Luengöni vue depuis une hauteur) est déjà plus
complexe dans son agencement.
• Au premier plan, la forêt.
• Au deuxième plan, la cocoteraie (Nota : il y a donc eu ici un aménagement de l’espace).
• Au troisième plan :
- à gauche les eaux bleu clair de la baie de Luengöni.
- au centre la plage de sable blanc à l’ombre des bois de fer.
- à droite on distingue assez mal la cocoteraie (on ne voit pas du tout la tribu qui s’y trouve
pourtant).
• A l’arrière plan, le rebord du plateau corallien, et le revers du plateau sur lequel se profilent ici
et là des groupements de pins colonnaires.

4. Savoir tenir un raisonnement géographique.

• Eventuellement, quelques notions de géomorphologie.
Les documents A et B montrent bien la structure d’atoll surélevé à Lifou.

• S’interroger sur ce qu’on voit dans les paysages.
- On a vu des clairières sur le document B, quelle est leur fonction ?
- A quoi ressemble l’habitat traditionnel à Lifou ?
Dans le questionnaire n°1, les élèves mènent un raisonnement géographique sur la
vie traditionnelle kanak telle qu’on peut la voir dans les paysages de Lifou.
On peut aussi s’interroger sur les cocoteraies visibles dans le document A. La noix
de coco reste largement utilisée pour l’alimentation quotidienne. Mais le coprah n’étant
plus exporté, sa valeur économique est faible de nos jours. Néanmoins, la filière
pourrait être relancée comme à Ouvéa pour la production d’huile combustible.

• S’interroger sur ce qu’on voit dans les paysages, mais aussi ce qu’on n’y voit pas.
Dans le questionnaire n°2, les élèves mènent un raisonnement géographique sur la
place de la modernité dans l’espace géographique à Lifou.
Ils étudient le tourisme.
- Quels sont les atouts dont Lifou peut se prévaloir ?
o L’île offre d’authentiques "plages de rêve" : sable blanc et les cocotiers. Les pouvoirs
publics (notamment la Province des Iles Loyauté) exploitent cette image de marque et
en font la promotion publicitaire. Ils ont fait construire une petite infrastructure hôtelière
et une marina a été inaugurée dans le port de Wé en 2003. Elle offre les services les
plus modernes aux plaisanciers : Internet, météo, salle de conférence… D’après les
avis recueillis auprès des usagers, ce sont des infrastructures de qualité.
o Mais au-delà de ce tourisme somme toute très banal dans le Pacifique, Lifou peut
aussi offrir au touriste sa culture traditionnelle : les tribus et leurs innombrables cases,
les modes de vie préservés…
- Aux yeux de nombreux habitants de Lifou, le tourisme est perçu comme leur
principale activité moderne. En fait, les visiteurs sont bien rares : quelques
voyageurs seulement débarquent chaque jour à l’aérodrome local. Les plages sont
désertes et les deux hôtels modernes offrent une petite centaine de lits, pas plus(1).
Les élèves s’interrogent donc sur les limites de la modernité. Pour le touriste
étranger, les prix sont d’autant plus dissuasifs que les pays voisins anglophones
offrent aussi les mêmes "paysages clichés", avec des prestations de qualité, et à
un coût bien moins élevé. Enfin, on élargit la question par l’étude du tableau
statistique. Le chômage est massif et les personnes qualifiées sont très rares.
Dans ce contexte, la modernité à Lifou reste très partielle. Le tourisme n’est pas
seul concerné : c’est tout le développement local qui est mis en question.

(1) : Il convient cependant de mentionner les touchers ponctuels (une à deux fois par mois) de
paquebots de croisière australiens à Easo qui débarquent leurs passagers pour la journée.
Ceux-ci ont la possibilité de faire des excursions dans toute l’île.

Le plan de la leçon (proposition) :

PAYSAGES DES ILES LOYAUTE : LIFOU.

A) Je donne une identité à ces paysages.

1. Je localise Lifou.

2. J’observe un paysage de Lifou.

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B) A Lifou, des activités et des paysages traditionnels.

Questionnaire n°1

C) A Lifou, des activités et des paysages modernes.

Questionnaire n°2

1. Une activité moderne : le tourisme à Lifou.

2. Les faiblesses de Lifou.

Questionnaire n° 1

Documents A et C :
1. D’après ces deux documents, quelle est la nature des clairières que vous pouvez observer à
proximité du rivage sur le document A ?

Document C :
2. Que reste-t-il ici de la forêt ?

3. Regardez bien le pied des arbres : qu’observez-vous ?

4. Comment a-t-on planté les légumes ?

Document D :
5. Qu’est-ce que cet habitant de Lifou a construit dans la clairière en forêt ?

Questionnaire n° 2

Documents A, E et F :
1. D’après ces trois documents, quels sont les avantages touristiques de Lifou ?
- 
- 
- 

Documents C et D :
2. Ce que vous voyez sur ces photos est-il aussi un avantage touristique de Lifou ? Expliquez
votre réponse.

Document E :
3. Regardez bien ce document : pourquoi y a-t-il finalement assez peu de touristes qui viennent à
Lifou ?

Document G :
4. Relevez ici deux autres graves faiblesses de Lifou, et qui l’empêchent sérieusement de se
moderniser ?
- 
- 

Dossier documentaire

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Document A
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Document B
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Document D
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Document E
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Document F
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Document G

Documents complémentaires :

- Une affiche publicitaire promotionnelle d’avril 2005, "Vanuatu, une destination
authentique". Ces promotions sont fréquemment proposées par les voyagistes
calédoniens. Les tarifs sont avantageux et soutiennent la comparaison avec les forfaits
pour les Îles Loyauté. Néanmoins, il faut savoir qu’en plus du prix forfaitaire, la destination
Vanuatu est soumise à d’importantes taxes d’aéroport et de carburant pour un montant
d’environ 10 000Francs (source : une agence de voyage de Nouméa, avril 2005).

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Affiche publicitaire promotionnelle du Vanuatu d’avril 2005
Les inscriptions en petites lettres
dans l’encadré disent ceci :
Votre hôtel : catégorie supérieure, dix
bungalows "pieds dans l’eau"
entièrement équipés. L’architecture
fait la part belle aux bois locaux. Le
SUNSET BUNGALOW est situé au
bord du lagon Erakor avec une plage
de sable blanc privée. A cinq minutes
en voiture du centre-ville de Port-Vila.

- Une photographie du paquebot "Pacific Sky" à Easo. Au premier plan, sur la plage,
quelques touristes australiens. Leur accueil est entièrement géré par la chefferie et les
tribus du district du Wetr. C’est un bel exemple de développement local, mais les
retombées sont modestes puisque le bateau ne vient pas souvent. Par ailleurs, ces
croisières sont destinées à une clientèle aux revenus assez modestes. Beaucoup de
passagers restent à musarder aux alentours immédiats du débarcadère et dépensent
assez peu. Pour les habitants du Wetr, les croisières ne sont qu’un revenu d’appoint.

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Le paquebot "Pacific Sky" à Easo (Lifou).

- Un article des Nouvelles Calédoniennes sur le 10ème anniversaire du tourisme de
croisière à Lifou. Remarquons l’impact financier non négligeable, mais somme toute
assez modeste. Il s’élève au total à 145 millions de Francs, soit à peine plus d’un million
de francs par mois, dont l’essentiel revient aux transporteurs qui véhiculent les touristes
qui partent en excursion dans l’île. Pour les autres prestataires, il ne peut s’agir que d’un
petit revenu d’appoint.

Lifou a trouvé son rythme de croisière.

Le district de Wetr a profité de l’arrivée du « Pacific Sun », ce week-end, pour fêter les dix ans de son
tourisme de croisière dans le petit village d’Easo. Avec une vingtaine de paquebots par an et 28 000
passagers, Lifou fait figure de référence pour les autres destinations de croisière de la Calédonie.
« Vite les enfants, ils arrivent ! ». Sous les farés qui dominent la baie de Santal, c’est le branle-bas de
combat. Les pirogues luttent contre le vent pour aller à la rencontre des croisiéristes qui arrivent à bord
de petites chaloupes. Les chanteurs se positionnent à l’entrée du ponton. Tout doit être prêt pour
accueillir les mille deux cents Australiens qui s’apprêtent à débarquer. Chants et danses de bienvenue,
photos pour immortaliser le moment...
145 millions de francs en dix ans
« Depuis deux ans, le nombre de croisiéristes semble stagner à 28 000 passagers par an. Il nous faut
désormais réfléchir à de nouveaux concepts pour élargir notre offre auprès des touristes », commente
Josiane Kaemo, la gérante de la Sarl Mejine Wetr, chargée de coordonner l’activité touristique du
district depuis quelques années. Quelques projets de tours dans les deux autres districts de Lossi et
Gaïca, ainsi que la création d’activités telles que l’équitation et la baignade dans une grotte, sont
actuellement à l’étude. A chaque fois, le principe est le même : faire profiter au maximum les habitants
de l’île de cette manne financière, qui a apporté pas moins de 145 millions de francs en dix ans.
Maré suit le créneau
Le secret de Lifou ? Avoir su former rapidement des guides professionnels locaux, alors que les
habitants ne connaissaient rien ou presque au secteur du tourisme il y a dix ans. Grâce aux bourses
australiennes et néo-zélandaises, une dizaine de jeunes ont ainsi pu séjourner dans les deux îles
voisines, afin de perfectionner leur anglais. « Mes deux années de séjour sur la Gold Coast m’ont
permis d’accompagner des tours-opérateurs, ce qui m’a beaucoup appris sur la profession », raconte
Gabriella. Alors que l’île des Pins a accueilli des touristes croisiéristes bien avant elle, Lifou sert
aujourd’hui de référence dans ce secteur en plein essor. Un savoir-faire qu’elle envisage de partager
avec Maré, qui deviendra bientôt, après Ouvéa, la nouvelle destination prisée des paquebots.

D’après "Les Nouvelles Calédoniennes", Lundi 08 Août 2005

- Quelques photographies de l’habitat des tribus, avec l’aimable autorisation de monsieur
Wenehoua Macate, architecte à Nouméa originaire de Lifou. Les habitations sont très
dispersées, entourées chacune d’une vaste pelouse plantée de cocotiers, et souvent
séparées par des haies ou des bosquets. Elles peuvent s’échelonner sur plusieurs
kilomètres le long des routes. Les points de vue panoramiques étant particulièrement
rares, et rarement assez hauts pour que l’habitat se distingue de son écrin végétal, il est
presque impossible d’avoir sous les yeux un "authentique pay sage de tribu" montrant
celle-ci dans son ensemble.

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titre documents joints

Les paysages des îles Loyauté

22 août 2010
info document : PDF
1.9 Mo

Les élèves de sixième découvrent des paysages de Lifou tout empreints de la vie traditionnelle kanak. Ils
sont amenés à se poser la question de savoir quelle place prend la modernité dans l’espace
géographique de Lifou.


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