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HG/NC Le site académique d'histoire-géographie de Nouvelle-Calédonie

Les colonies du Pacifique : exploitation et intégration dans les échanges

samedi 20 novembre 2010

Une intégration économique différente selon les endroits en fonction des liaisons et des richesses

La richesse du Pacifique – océan, mers et terre – a conditionné l’expansion européenne dans la région et la colonisation. L’exploitation économique suit l’expansion religieuse, mais précède et accompagne la colonisation politique.
À l’économie de prédation – pêche à la baleine et aux cétacés, trafic de bois de santal et d’holothurie…– qui est la caractéristique de l’époque précoloniale succède une époque de mise en valeur et d’exploitation plus moderne qui est contemporaine de la seconde révolution industrielle. Le tournant se fait au milieu du XIX siècle juste après la guerre de l’opium (1842) qui ouvre la Chine aux produits britanniques puis des autres nations développées et met un point final à une situation de déficit commercial entre l’Empire du Milieu et les puissances occidentales, principalement le Royaume-Uni. Pour éviter l’hémorragie de devises, les nations développées ont dû essayer de trouver des produits dont les Chinois étaient demandeurs, santal, holothurie, peaux de loutres de mer en particulier. Désormais Européens et Nord-américains n’ayant plus à se soucier de la Chine, peuvent se lancer dans l’exploitation des terres océaniennes pour répondre à la demande et aux intérêts des métropoles.

Durant tout le siècle qui va de 1840 à 1940, l’économie des colonies du Pacifique s’insère de plus en plus dans la mondialisation, mais cette insertion n’est ni générale ni linéaire. Partout subsiste des zones d’économies de subsistance traditionnelles au point que lorsqu’éclate la seconde Guerre Mondiale, il existe encore des populations qui vivent totalement à l’écart du monde, sur les Hautes Terres papous en particulier mais aussi sur certains atolls ou îles à l’écart de tout. Là où la mondialisation se fait sentir, elle est tributaire des moyens de transports et des communications. L’histoire économique de la région ne peut ignorer les progrès de la navigation et le triomphe des navires à vapeur, mais surtout de la coque d’acier, le télégramme ou encore au XXème siècle, la TSF et l’aviation. Les routes maritimes sont importantes : elle explique le désenclavement d’îles et d’archipels voire de régions entières. À l’inverse, une nouvelle route peut délaisser des régions et des îles et provoquer un déclin durable. Aussi l’ouverture du canal de Panama en août 1914 est-il un événement majeur pour le commerce international du vaste océan.

Des économies coloniales de comptoirs et qui, pour produire surtout des matières premières, font appel à une main d’œuvre importée bouleversant définitivement les équilibres démographiques traditionnels (cas de Fidji, de la Nouvelle-Calédonie par ex)

Partout , si la terre est facile à prendre à des communautés indigènes frappées de plein fouet par une crise démographique qui n’est pas sans rappeler celle qui a affecté durablement les populations amérindiennes trois siècles plus tôt et incapables de défendre leurs intérêts, le problème de la main d’œuvre est le problème le plus grave auxquels se heurtent toutes les entreprises de mise en valeur. Le document 1 rappelle que pendant longtemps sur des plantations destinées aux besoins des métropoles, le blackbirding a été la seule solution. Ce phénomène consiste à recruter de toutes les façons possibles, y compris par l’enlèvement brutal comme le feront surtout les Péruviens en Polynésie, une main d’œuvre que l’on emploie sur des plantations ou des exploitations minières. D. Schineberg a particulièrement bien étudié le phénomène pour la Nouvelle-Calédonie [1]. Dans le Queensland australien, les Kanakas sont recrutés avec une réglementation sensée les protéger qui imposent des contrats renouvelables. Peu à peu, chaque pays a son propre bassin de recrutement. Celui du Queensland s’étend sur les Nouvelles Hébrides, la Nouvelle-Guinée et tout le sud de l’archipel des Salomon. La délimitation de ces bassins est importante car elle explique les futurs accords entre puissances coloniales sur la délimitation de leurs empires. Bougainville et Buka fournissaient de la main d’œuvre pour les plantations allemandes. Les deux îles sont du coup rattachées aux colonies allemandes et par ce biais à la Papouasie-Nouvelle-Guinée lors de l’indépendance de cette dernière en 1975 alors que ces îles ont des populations salomonaises [2].
Mais les Océaniens n’ont pas la réputation d’être de bons travailleurs et surtout, ces populations continuent à diminuer tout au long du siècle. Aussi les entrepreneurs font-ils appel aux autorités qu’elles soient coloniales ou non pour faire venir des travailleurs principalement d’Asie [3]. Les autorités d’Hawaii, du temps des rois comme de celui des Étasuniens, organisent ainsi des arrivées massives de travailleurs étrangers à partir du traité de réciprocité de 1876 : Chinois, Japonais, Philippins arrivent tour à tour par dizaines de milliers. Au total, les Hawaiiens et métis d’Hawaiiens qui formaient 97, 1% de la population de l’archipel en 1853 n’en forment plus que 13,8% en 1930 [4]. Cet appel à la main d’œuvre asiatique est organisé et réglementé comme c’est le cas pour la main d’œuvre indochinoise importée en Nouvelle-Calédonie à partir de 1891. Mais les protections offertes aux travailleurs qui viennent sous contrat sont souvent insuffisantes et surtout, elles ne sont pas toujours suivies d’effets sur le terrain. Le livret de travail dont on donne un extrait (document 2) est plus un absolu à atteindre qu’une réalité.
La présence des Asiatiques n’est pas acceptée par tous. Les Chinois surtout dans un premier temps, les Japonais dans un second, sont mal vus. A Tahiti (Document 3), des coolies chinois sont introduits en 1865 pour fournir une main d’œuvre suffisante à la plantation de coton d’Atimaono. L’aventure est lancée alors que la guerre de sécession étasunienne a fait monter le cours de ce produit nécessaire à l’industrie textile européenne. Mais l’arrivée de Chinois acceptant de travailler dans des conditions proches de l’esclavage est aussitôt ressenti comme un danger pour certains colons européens. Aussitôt naît un courant d’opinion favorable à la lutte contre le péril jaune. Cette sinophobie se retrouve partout. Aux Etats-Unis, le péril jaune fait peur comme en témoigne une caricature appelée à un grand succès.

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Caricature sinophobe qui reprend le thème du péril jaune en le transformant en « terreur jaune », réalisée aux États-Unis en 1899. Il semble bien que le célèbre « homme au couteau entre les dents » d’Adrien Barrière (1919) qui illustre un autre péril « asiatique », le péril bolchévique, trouve ici son prototype.
http://www.understandingrace.org/history/gov/antichin_law_spanam_war.html

La main d’œuvre sous contrat est nécessaire pour deux sortes d’activité : la plantation ou la mine.
Les plantations se multiplient au milieu du siècle, mais comme les autres activités du secteur agricole – l’élevage en particulier –, elles sont tributaires non seulement des conditions de production, mais également des conditions d’acheminement et surtout de la demande des pays industriels. L’industrie et les mutations industrielles en Europe et en Amérique du nord conditionnent tout. En 1847, la première cargaison d’huile de coco part de la région vers l’Allemagne, mais c’est vingt ans plus tard sous la houlette de son représentant Théodore Weber que la firme Godeffroy und Sohn de Hambourg acquiert des plantations aux Samoa et collecte d’abord l’huile de coco puis le coprah séché plus facile à exporter. Le coprah permet aux firmes allemandes en pointe de la seconde révolution industrielle de fabriquer des fertilisants et des nourritures animales. Dans les années qui suivent l’unification allemande, ce sont les îles micronésiennes puis le nord-ouest de la Nouvelle-Guinée qui voient se multiplier les plantations allemandes. L’exploitation de coprah est alors si lucrative qu’une firme, la Hensheim and Co, abandonne le commerce en Chine pour celui en Micronésie [5]. Les intérêts germaniques disparaissent cependant brutalement du Pacifique dès le début du premier conflit mondial. Ce sont les vainqueurs qui les reprennent en main, Japonais en Micronésie et Anglo-saxons partout ailleurs.

Sur le commerce du coprah en Micronésie voir le site : http://www.micsem.org/photos/copra/01.htm d’où est tiré le document 4.

Le coprah est alors une telle source de revenus, que partout en Océanie intertropicale les hommes se livrent à cette activité. Mais ce n’est pas la seule ressource agricole négociée en Océanie. Le document n°5 montre les échanges des Etats-Unis avec des pays du Panique. J.HEFFER, les États-Unis et le Pacifique. Histoire d’une frontière, Paris, 1995 en donne un aperçu plus complet à la page 377. Dès cette époque, les îles océaniennes comptent peu dans le commerce étasunien qui se limite aux nations riveraines de l’Océan ainsi qu’à l’Australie et à la Nouvelle-Zélande. Les importations sont essentiellement pour ne pas dire exclusivement des produits bruts et des matières premières. En revanche, ce sont des produits finis que les États-Unis exportent.
Au bout de la chaîne des échanges le document n°6 donne un aperçu de la traite et des objets troqués aux Salomon un archipel tardivement entré dans les flux marchands intra-Pacifique. Le tableau suivant est plus complet :

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Il montre la permanence des objets rituels dans les échanges avec les Occidentaux. O’Keefe fait ainsi fortune à Yap en échangeant du coprah contre les larges disques de pierre qui servent de monnaie et proviennent depuis des siècles de Palau. Plus tard, les Allemands paieront les Papous qu’ils emploient en kinas [6], la coquille d’une huître perlière rare en Nouvelle-Guinée, plus fréquente dans d’autres colonies. Pour les Salomonais, il s’agit surtout d’obtenir des armes, des objets métalliques, du tissu et du tabac, des biens de peu de valeur pour les Occidentaux mais qui permettent de ramasser du coprah et d’autres richesses, comme la nacre.
Mais les habitants des Salomon qui échangent ainsi ne sont pas encore dans une économie très monétarisée. Celle-ci devient pourtant la règle. A Fidji, sur les plantations de cannes à sucre où la main d’œuvre est principalement indienne, les propriétaires inaugurent une monnaie qui a cours chez eux pour solder les achats à l’épicerie ou la quincaillerie du village de la plantation. Les deux premiers colons, W.H.Halloran Brewer et P.Joske qui établirent le premier moulin à sucre dans les îles en 1872 paient ainsi leurs ouvriers :

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http://www.fijibure.com/fijinotes.htm

Des économies tournées vers les métropoles des capitalistes qui investissent. Ces derniers sont souvent responsables de l’action colonisatrice de leurs gouvernements.

Chez les colons qui s’installent ici et là, souvent sur de petites plantations comme les colons Feillet en Nouvelle-Calédonie, l’argent a cours et ont cherche à s’enrichir au moins pour améliorer son ordinaire. Un témoignage de choix sur ces petits colons que l’on retrouve dans de nombreux archipels du Pacifique, qui sont des lieux de rêve et d’utopie, est celui de Ludovic Papin connu pour une partie de la correspondance qu’il a entretenue avec son frère résidant à Nantes [7]. Arrivé en Nouvelle-Calédonie en janvier 1900 et se voyant attribué une propriété de 25 ha au sud de Hienghène, L.Papin est le témoin de l’évolution des cultures et des techniques dans la région pendant 17 ans.

Extraits de la correspondance de Ludovic Papin

4 septembre 1910.
Le coprah vaut toujours un bon prix : un colon de notre rivière en a fait cette année une expédition à 575 F la tonne. C’est fabuleux. Il y a un autre produit qui ne se donne pas actuellement, c’est le troca. Le troca est un gros bigorneau duquel on tire la nacre. Ce n’est que vers 1900 qu’un industriel français un peu avisé, s’en fit expédier. On dit qu’il y gagnait plusieurs millions. Il ne payait pas le produit plus de 150F les 100 kilos, mais alors, il était très abondant et on y gagnait bien sa vie. En 1903, la demande s’accrut et on vit les cours monter à 300F.
On cite pas mal de colons que cette pêche a remis sur pieds. La saison de cette pêche dure 5 à 6 mois.

5 novembre 1913.
L’année que nous venons de passer a été belle […] Pour le moment les caféiers ne vont pas trop mal et les plants de robusta que j’ai mis en terre démarrent bien. Certains disent qu’il doit se vendre à peu près au même prix que les autres espèces, d’autres parlent de 0,40 ou 0,50 F au kilo en moins. Il faudrait probablement, pour lui donner un peu d’arôme, faire sécher les cerises. En tout cas si ce robusta vaut moins cher, il arrivera peut-être à payer autant que l’autre, car il doit rapporter plus, et en outre, il ne doit falloir que 4 kilos et demi de cerises pour faire un kilo de café marchand contre 6 kilos par ailleurs.
[…]
La viande commence à mieux se vendre ; je ne crois pas revoir les prix de famine que nous avons connus. Jusqu’à maintenant, la Compagnie des Messageries Maritimes n’a pas voulu installer de chambres frigorifiques dans ses navires. Les chambres de commerce de Melbourne et de Sydney ayant insisté pour que l’on procède à cet équipement, les Messageries se sont engagées à en installer sur tous les navires. Il est dommage de constater que si les Australiens n’avaient pas insisté, jamais la Calédonie n’aurait eu de bateaux frigorifiques à sa disposition.
Les ouvriers commencent à se faire rares en Calédonie ; il n’est pas venu de bagnards depuis 1886 ou 1887, et il y a tout lieu de croire qu’il n’en viendra plus. On pense que lorsque le nombre des bagnards encore détenus diminuera trop, l’État enverra quelques transports pour prendre les chevaux de retour et les envoyer en Guyane [… ].
Les ouvriers sachant travailler le bois et le fer sont très clairsemés et ceux qui existent ne valent pas des apprentis de France à la moitié de leur apprentissage. L’entrepreneur des chemins de fer, qui a 15 ou 20 kilomètres de voies à construire, manque terriblement de main d’œuvre ; on a été obligé déjà à plusieurs reprises de lui accorder des délais. On fait bien venir des Japonais, mais la plupart du temps ils se rembarquent pour leur pays à la fin de leur engagement, quand ils commencent à bien parler le français et à rendre quelques services. Comme certains d’entre eux arrivent à s’installer commerçants et même à acheter du terrain, ils parviendront peut-être à constituer un noyau sérieux de Nippons.

B.PAPIN, Vie et mort de Ludovic Papin chez les Canaques, Paris, p. 89, 108.

L’extrait offert ici est révélateur de la situation de l’économie rurale de la région de la Côte Est calédonienne ainsi que des projets à l’échelle de la colonie.
Il faut enfin remarquer qu’ici et là, comme c’est le cas en Nouvelle-Zélande des communautés indigènes se lancent dans des coopératives de production. A Manawatū, une laiterie maorie voit ainsi le jour. Elle n’est pas la seule même si cela encore bien rare.

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Manawatū dairy factory : Cette photographie du début du XX siècle montre quelques membres de la tribu maorie de Rangitāne travaillant dans une laiterie leur appartenant et située à Hiwinui (Ile du Nord près de Palmerston) dans les années 1890.
http://www.teara.govt.nz/NewZealanders/MaoriNewZealanders/Rangitane/3/ENZ-Resources/Standard/1/en#breadcrumbtop

Parmi les productions primaires importantes dans le Pacifique, il y a les productions minières. Le milieu du XIX siècle est marqué par une ruée sur l’or qui touche après la Californie, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Calédonie avant d’atteindre dans l’Entre-deux-guerres, la Nouvelle Guinée. Mais ce sont surtout les richesses en nickel limitée à la Nouvelle-Calédonie et celles des phosphates qui attirent les capitaux étrangers. Le phosphate remplace le guano comme matière première dans la production d’engrais chimique. On l’exploite à Nauru, Makatea en Polynésie et Banaba. Cette dernière est toute entière exploitée pour les besoins d’une extraction qui la dévore (document 7) et comme les conditions d’enfermement sont extrêmes, on fait appel à une main d’œuvre docile venue d’Asie.
Une synthèse des différentes activités économiques faites dans les colonies du Pacifique peut être dressée à partir du tableau de l’économie de la Nouvelle-Calédonie en 1875 (document 8). Beaucoup d’espoir sont alors placés dans des productions sans véritables lendemains comme la houille si nécessaire à la navigation à vapeur ou l’industrie sucrière. Quant au bétail, on sait le danger qu’il représente pour l’environnement traditionnel et sa part de responsabilité dans la révolte kanak de 1878.

En 1940/41, l’économie insulaire du Pacifique est donc totalement dépendante des métropoles. Les activités sont orientées vers les besoins industriels et la consommation de ces dernières. En revanche, sous équipées et se sentant souvent délaissées, les colonies consomment peu même si la demande commence à s’accroître. A cet égard, la seconde Guerre mondiale marque un tournant car elle va entraîner directement ou indirectement, quelquefois avec des années de retard surtout lorsqu’il s’agit de reconstruction, un développement désormais irréversible, mais plus sensible sur les périphéries qu’au centre du Grand Océan.

[1D.SCHINEBERG, La main d’œuvre néo-hébridaise en Nouvelle-Calédonie, 1865-1931, Nouméa, 2003

[2Sur ce sujet du blackbirding et des mouvements de populations actives, voir la synthèse de D.BARBE, Histoire du Pacifique, Paris, 2008, p.299-309

[3Sur les mouvements de populations dans le Pacifique voir les différents articles de ss.dir. P.DE DECCKER, Le peuplement du Pacifique et de la Nouvelle-Calédonie au XIX°siècle, Paris, 1994.

[4Chr. HUETZ DE LEMPS, « Mutations spatiales et sociales aux îles Hawaii », dans ss.dir. D.Guillaud, Chr. Huetz de Lemps et O.Sevin, Îles rêvées. Territoires et identités en crise dans le Pacifique, Paris, 2003, p. 221 -241.

[5Y.PEHAUT, Les plantations allemandes des mers du sud avant 1914, Talence, 1990.

[6C’est d’ailleurs devenu en 1975 le nom de la monnaie du nouvel État de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

[7B.PAPIN, Vie et mort de Ludovic Papin chez les Canaques, Paris, 1997.


titre documents joints

Les colonies du Pacifique : exploitation et intégration dans les échanges

19 novembre 2010
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Fiche 2 PP. 12-15 histoire première


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