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HG/NC Le site académique d'histoire-géographie de Nouvelle-Calédonie

Habiter un espace rural au Mali et dans les Yvelines

mercredi 3 novembre 2010 par Dominique MONTERRAIN

SÉQUENCE : HABITER L’ESPACE RURAL

 Introduction

Les nouveaux programmes de 6e s’articulent autour 8 grands thèmes en géographie. Ce programme est centré sur l’homme-habitant. Il s’agit de faire comprendre comment les différentes sociétés humaines s’approprient et aménagent leur espace de vie.

 Objectifs

Le concept essentiel est donc celui de territoire : un espace construit par une société. L’autre notion importante est celle de l’homme-habitant. Cette notion ne peut se limiter seulement à l’idée de résider. Cette vision serait trop fixiste. La notion d’habiter doit s’élargir aux habitants temporaires (touristes, de passage) car ceux-ci agissent aussi sur l’aménagement et la perception de ce territoire. Enfin, il faut prendre en compte aussi les déplacements de travail et de loisirs des résidents permanents du territoire. Ces flux interfèrent sur le territoire étudié.

Les instructions officielles préconisent de consacrer 15 % du temps à la séquence « Habiter l’espace rural » soit environ 6 à 7 heures avec l’évaluation. Cette séquence doit s’articuler autour de deux études de cas prises dans deux aires culturelles différentes. La découverte du monde, susciter la curiosité des élèves sont les objectifs majeurs du programme de 6e. Il convient de faire découvrir la diversité des cultures et des formes de mise en valeur du monde.

Précautions à prendre en fonction des différentes lectures :
  • Le rural s’oppose à l’urbain. Cet espace est marqué par une moindre densité du bâti et par l’importance des espaces « cultivés » ou dits naturels. Il s’agit de la campagne au sens littéral « ensemble des champs ». Cette vieille opposition entre ager – saltus doit être aujourd’hui nuancée.
  • La différenciation progressive de mode d’habiter le monde rural depuis plus 50 ans fait que l’opposition entre rural et urbain est de plus en plus floue. Dans ce contexte, il est intéressant de montrer que la fonction agricole n’est plus unique et ne devient qu’une fonction parmi d’autres de l’espace rural.
  • Nuancer aussi la corrélation entre urbain synonyme de fortes densités et rural emblématique des vides. Dans les pays en développement, les campagnes peuvent être pleines et fortement peuplées.
  • Éviter une opposition caricaturale entre rural du nord, espace de production agricole commerciale et rural du sud uniquement vivrier et stagnant.
    Dans ce contexte, le choix des 2 études de cas doit montrer la diversité des manières d’habiter et les dynamiques diverses qui animent les espaces ruraux.
  • un espace rural en Afrique : culture vivrière - terroir utilisé + société aux liens communautaires forts + ouverture vers l’économie urbaine voire mondiale
  • un espace rural en Europe : grande culture productiviste, périurbanisation ou rurbanisation (influence urbaine), un espace rural de moins en moins agricole.
Déroulement

DÉROULEMENT EN 3 TEMPS :

  • Une séance sur la description et l’interprétation du paysage. Cette phase doit déboucher sur des interrogations et des hypothèses.
  • Une séance permet de connaître et comprendre les aménagements et les manières d’habiter l’espace rural. Cette phase est celle de la contextualisation : élaboration des notions
    Ces 2 séances seront effectuées pour les 2 études de cas.
  • Une séance permet une analyse à une autre échelle, une mise en perspective. Comparaison des situations à l’échelle mondiale et régionale.

DÉROULEMENT PAR SÉANCES :

  • 1re séance d’une heure : description et interprétation d’un paysage rural d’Afrique
  • 2e séance d’une heure : contextualisation, vérification des interprétations sur le paysage
  • 3e séance d’une heure : description et interprétation d’un paysage rural d’Europe
  • 4e séance d’une heure : contextualisation, vérification des interprétations sur le paysage
  • 5éme séance d’une heure : mise en perspective à l’échelle mondiale : partir à la découverte des mondes ruraux du monde
Compétences et notions

CAPACITÉS RECHERCHÉES :

  • localiser
  • décrire et interpréter
  • expliquer en prélevant des informations dans différents documents, croiser les informations
  • réaliser un croquis simple

NOTIONS ET SAVOIRS À ACQUÉRIR :

  • culture vivrière (culture sur brûlis), culture intensive, culture commerciale. Migrations (exode rural, migrations temporaires, migrations pendulaires), périurbanisation.

 Description de la séquence

Accroche de la séquence : partir d’une photographie d’un espace rural pris dans un manuel. Il s’agit de dégager une définition simple de l’espace rural (pré-acquis : habiter les espaces urbains)
L’espace rural s’oppose à la ville, un espace marqué par la forte présence des cultures et des espaces naturels.

Habiter un espace rural au Mali et habiter un espace rural dans les Yvelines

a) un village au Mali DESCRIPTION ET INTERPRÉTATION

Problématique : Comment vit-on dans la campagne au Mali ?
Comment vit-on dans la campagne dans les Yvelines ?
Le village est dans un premier temps localisé avec les cartes vues dans des séquences précédentes : ce village se situe en Afrique de l’Ouest dans une région au climat tropical dont la végétation est une savane arborée.
Ce village se situe en Europe à l’Ouest de Paris dans une région de plaine.

Cette 1re séance et la 3e séance développent les capacités d’observation, de description et d’interprétation.
Les élèves sont invités à décrire les différentes parties du village du Mali et des Yvelines. L’analyse par plan est réinvestie (lecture en 1er plan, second plan et arrière- plan).
Pour interpréter le paysage, les élèves doivent interpréter les indices fournis par la photographie. Le paysage permet de percevoir l’organisation de l’espace mais ne fournit que des indices qu’il faut interroger avec les élèves.
Pour orienter les élèves, il faut souligner les formes, les couleurs présentes sur la photographie.

Dans cette phase, l’enseignant guide les élèves en leur posant des questions.
Les élèves doivent s’interroger sur la forme du village, sur les cultures, les axes de transport. Durant cette phase, les élèves peuvent émettre des hypothèses concernant les formes d’occupation et de l’organisation de l’espace. Ces hypothèses seront ensuite validées ou invalidées par un autre document.

Cette première description permet l’élaboration d’un croquis d’interprétation.
Ce croquis constitue la trace écrite et peut être complété par quelques phrases.
Le territoire de ce village du Mali s’organise en 4 ensembles : un village dont l’habitat est groupé, un espace agricole proche constitué des jardins de case. Un espace plus éloigné dans lequel les champs sont gagnés temporairement sur la savane et enfin la savane est une zone de pâturage.
Le territoire dans les Yvelines est constitué d’un village groupé qui s’étend. Un espace d’entrepôts et d’usines s’est implanté à côté du village. Les champs sont ouverts et de très grande taille avec quelques fermes isolées. Cette campagne est coupée par de grands axes de communication routiers.

b) Comprendre la manière ou les manières d’habiter cet espace rural- CONTEXTUALISATION

Comment vit-on dans ces campagnes ?

2e heure et 4e heure : cette heure utilise les capacités de lecture simple des documents et de croisement des informations.
L’interprétation du paysage a permis de dégager des hypothèses sur l’occupation de l’espace rural. Mais le paysage apporte des indices et ne dit pas l’invisible. Pour expliquer l’occupation, il est nécessaire d’utiliser d’autres documents : image satellite, texte et graphique.

  • Expliquer en utilisant et en combinant les facteurs historiques, physiques, économiques et les acteurs spatiaux. Cette phase de contextualisation est réalisée en effectuant une analyse systémique, analyse qui combinera les facteurs.
  • Les élèves répondent aux questions de la fiche de travail (une partie peut être réalisée en amont lors d’un travail personnel).
  • Lors de la mise en commun, l’enseignant apporte des explications supplémentaires.

Cette phase débouche sur une trace écrite expliquant les raisons de l’occupation

Termes et notion dégagés à partir de l’étude :

  • Village africain : cultures vivrière, rendements, cultures commerciales, migrations et exode rural
  • Culture vivrière : culture destinée à l’alimentation des agriculteurs
  • Culture commerciale : culture produite pour être vendue en ville ou à l’étranger
  • Rendement : production par hectare
  • Migration : déplacement temporaire ou définitif de population
  • Exode rural : départ des habitants des campagnes vers la ville. Les habitants sont principalement des agriculteurs qui pratiquent des cultures vivrières. Utilisant en commun des moyens techniques rudimentaires, les rendements sont faibles. De nombreux villageois pratiquent l’exode rural ou migrent vers l’étranger pour apporter de l’argent. Des cultures commerciales (arachide, coton) permettent des rentrées d’argent mais prennent la place des cultures vivrières.
  • Village francilien : culture commerciale intensive. Périurbain, migrations pendulaires, axe de communication.
  • Culture intensive : culture dont les rendements sont élevés
  • Périurbain : espace rural proche des villes dont les habitants travaillent en ville et vivent en relation avec la ville
    La commune d’Ablis dans la Beauce développe des cultures commerciales intensives. Utilisant des engrais et des moyens mécaniques, les rendements sont élevés. Les agriculteurs sont peu nombreux. Proche des axes de communication reliant les grandes villes (Paris, Chartres), ce village est périurbain. La majorité des habitants travaillent en ville et effectuent chaque jour des migrations pendulaires. Les habitants des campagnes ont donc un mode de vie urbain.
c) Les manières de vivre dans les espaces ruraux au Mali et dans les Yvelines se retrouvent-ils à l’échelle mondiale ? MISE EN PERSPECTIVE

5e heure : cette phase correspond à une mise en perspective. L’analyse est effectuée à une plus petite échelle. Il s’agit de réaliser une « comparaison » entre les phénomènes observés localement et ceux visibles en d’autres lieux.

Pré-requis : carte de répartition de la population
Cette phase permet de dégager des règles mais aussi de montrer la spécificité du cas. Chaque lieu est unique bien que possédant des traits communs à d’autres territoires.

Capacités : tirer des informations simples de documents et surtout de cartes.

Trace écrite permet d’évaluer les notions acquises lors de la 2e séance.

Dans le monde, la population rurale est majoritaire en Afrique et en Asie. Pratiquant des cultures vivrières, l’agriculture est l’activité essentielle. En Asie du sud-est, la riziculture intensive permet d’accueillir de fortes densités. Mais, ces espaces ruraux sont marqués par l’exode rural et le développement des cultures commerciales. Le monde rural s’ouvre progressivement.
Dans les pays développés et aussi en Amérique du sud, les espaces ruraux pratiquent des cultures commerciales intensives. Les agriculteurs sont peu nombreux. Les espaces ruraux deviennent des espaces de résidence pour des urbains mais aussi des espaces de loisirs avec le développement du tourisme.

Cette mise en perspective peut être approfondie selon le niveau des classes :

  • Travaux sur des graphiques pour montrer l’évolution démographique des campagnes au Nord comme au Sud.
  • Étude de quelques paysages montrant d’autres manières de vivre dans l’espace rural (village rizicole, village de front pionnier).
  • Un autre approfondissement est possible en étudiant les problèmes d’épuisement des sols pour sensibiliser les élèves au développement durable. Ex : surpâturage et désertification en Afrique, pollutions dues à la culture intensive.

titre documents joints

Habiter un espace rural au Mali et dans les Yvelines

3 novembre 2010
info document : PDF
1 Mo

Séquence de géographie en classe de sixième.


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