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HG/NC Le site académique d'histoire-géographie de Nouvelle-Calédonie

Les sociétés océaniennes face à la mondialisation culturelle

lundi 20 septembre 2010

Fiche 7 PP. 119-120 Géographie- terminale
Etude de documents (exercice type bac) :


Commentaires

Document 1 : une insertion limitée et inégale de l’Océanie dans la mondialisation.

L’accès à internet est dépendant du niveau d’équipement informatique déterminé lui-même par les revenus des populations. Ainsi, dans les PMA et les espaces les moins développés d’Océanie (Papouasie – Nouvelle – Guinée, Salomon, Vanuatu, Kiribati, Marshall, Samoa, Tonga) 4 % des habitants seulement ont accès à internet.
Les villes sont traditionnellement ouvertes aux influences de la mondialisation, dont elles sont le relais. Les taux d’urbanisation des îles et archipels d’Océanie, très divers, peuvent donc être considérés comme des indicateurs potentiels de l’ouverture des sociétés à la mondialisation. Les populations de PNG, Salomon, Vanuatu, Samoa, et Tonga, majoritairement rurales, mais aussi moins formées (comme en témoigne l’espérance de scolarisation) participent moins aux échanges mondiaux de toute nature.
Le tourisme est une activité qui génère des flux humains mondiaux et qui met en contact les sociétés à l’échelle planétaire. Il peut être fondé sur l’exploitation d’un exotisme culturel, comme c’est le cas au Vanuatu. Enfin, il offre aux populations du Pacifique une source de revenus non négligeable, surtout en Australie, en Nouvelle- Calédonie et à Fidji.

Document 2 : le rejet de la domination culturelle occidentale

Déwé Gorodey, enseignante, écrivain et femme politique, milite dans ce texte pour la défense de la culture et de l’identité kanak. Originaire de Ponérihouen, elle débute sa carrière de professeur de français dans l’enseignement privé à partir de 1974, elle enseigne également le Paicî au sein de l’ EPK pendant la période des Évènements (l’école populaire kanak est une structure scolaire parallèle ayant pour fondement l’adaptation de l’enseignement aux réalités kanak, fondée pendant les Evènements par le FLNKS. Ces écoles recueillent les enfants dont les parents optent, à l’époque, pour le boycott des institutions scolaires françaises). Elle donne des cours d’histoire de la littérature du Pacifique et de littérature mélanésienne à l’UNC (Université de Nouvelle-Calédonie) de 1999 à 2001. Sa carrière politique est liée à la défense de la culture et de l’identité kanak : membre des Foulards Rouges et du Groupe 1878 (premiers groupes indépendantistes), elle participe à la création du Palika en 1976. Elue sous cette étiquette en Province Nord, elle entre au gouvernement Lèques en 1999 ; elle est en charge de la Culture, et le reste jusqu’à maintenant. Elle préside dès 2007 le comité de pilotage sur les signes identitaires du pays (CPSIP).

Document 3 : Deux illustrations des échanges culturels dans le Pacifique

  • Photographie des Jeux du Pacifique (Samoa – 2007)
    Le kawa est la racine d’une plante utilisée dans toutes les cérémonies traditionnelles dans le Pacifique, on en fait une boisson. Dans un rituel parfaitement respecté encore aujourd’hui, les bols de kawa circulent dans l’assemblée selon un ordre défini, cette pratique scelle l’échange.
  • Dessin au stylo sur papier : Teddy DIAIKE, « un accueil mondial », collection du Centre Culturel Tjibaou, 2000.
    L’auteur de ce dessin réalise une œuvre qui mêle des symboles traditionnels mélanésiens et des thèmes contemporains. Ainsi, il entrelace des visages, peut - être d’ancêtres, des animaux totémiques (le serpent est l’image du défunt qui veut rejoindre le monde des vivants, il sort de la mer et laisse sa peau sur la plage en reprenant apparence humaine ; le toutoute est un symbole de l’appel, de la réunion, le cagou est celui de la Nouvelle – Calédonie) et des objets traditionnels (casse- tête, lance) le tout surmontant les drapeaux des pays d’Océanie et une case. L’entremêlement habile des éléments de la composition et la vigueur précise et fine du trait montrent la modernité et l’originalité de cet artiste contemporain. Le choix de la technique et du support semble lui aussi révélateur d’une volonté de renouveau et de spontanéité artistiques.

Document 4 : la mondialisation culturelle, un atout pour les sociétés océaniennes.

Les ressources financières issues de la migration internationale évoquées dans cet extrait s’inscrivent dans le cadre du système MIRAB (Migrations, Remittances, Aid, Bureaucraty ) décrit par Bertram pour les Etats et Territoires d’Océanie dépendants de la Nouvelle -Zélande. Il s’agit d’un modèle de développement fondé sur une économie de rente permise par les mandats de travailleurs émigrés, l’aide publique fournie par un État industriel, et une redistribution des fruits de cette aide par le biais des emplois publics d’une bureaucratie surdimensionnée au vu de la petite taille et des besoins réels des Etats insulaires

Document 5 : l’ancienneté des échanges en Océanie invite à relativiser les effets de la mondialisation actuelle.

Bronislaw Malinowski, ethnologue né en Pologne en 1884 et mort aux Etats- Unis en 1942, a étudié la Kula, un système d’échanges aux îles Trobriand, en Nouvelle -Guinée. Il a mis en évidence la création de liens politiques entre des tribus par le biais d’échanges d’objets de prestige (colliers et bracelets de coquillages), à valeur symbolique et cérémonielle et non économique. Il donne ainsi une analyse fonctionnaliste de ces circuits d’échanges.

++++1/ Réponses aux questions

1- Montrez que les sociétés océaniennes sont ouvertes aux influences culturelles extérieures (documents 1,2,3,4,5)

Les sociétés océaniennes sont ouvertes aux influences culturelles extérieures. Le document 2 fait état de l’influence du « modèle occidental » sur la société mélanésienne. Le document 3 illustre un brassage culturel (la photographie montre une délégation de compétiteurs sportifs participe à la cérémonie d’ouverture des jeux du Pacifique ; le dessin sur papier mêle des thèmes extérieurs (les drapeaux) et des représentations traditionnelles Kanak). L’Océanie participe aux flux d’informations mondiaux comme le révèle le document 4. Le document 5 rappelle l’ancienneté de cette ouverture : les échanges à longue distance existent depuis le peuplement du Pacifique (l’existence d’une civilisation fondée sur les échanges est démontrée par les restes archéologiques de poteries Lapita), et persistent à l’époque pré – européenne.

2-quelles sont les causes et les vecteurs de cette ouverture (documents 1,2,3 et 4)

L’insertion des sociétés océaniennes dans les échanges culturels mondiaux se fait grâce à plusieurs moyens. Les télécommunications offrent une ouverture aux flux d’informations : les documents 1, 2 et 4 montrent que les espaces du Pacifique ont accès à l’Internet, principal outil de communication à l’heure actuelle ; dans le document 2, l’auteur évoque également Canal Sat. Les échanges culturels peuvent aussi se faire par le biais des flux humains : les archipels du Pacifique accueillent des touristes (document 1) dont la provenance n’est pas spécifiée mais dont on peut supposer qu’ils viennent des bassins émetteurs du Nord : Japon, Australie et Nouvelle – Zélande, Etats – Unis, Europe. Les migrations (documents 1 et 4) permettent d’accentuer l’ouverture culturelle : les espaces océaniens sont le plus souvent des espaces d’émigration et les jeunes expatriés (le plus souvent des étudiants) contribuent aux influences culturelles en provenance et à destination de l’Océanie : ils sont la vitrine culturelle de leur pays à l’extérieur et diffusent de nouveaux modèles socio – culturels dans leurs sociétés d’origine.

3-Quelles conséquences la mondialisation culturelle a-t-elle sur les sociétés océaniennes ? (documents 2 et 4)

Déwé GORODE dans le document 2 dénonce l’acculturation (la « tentative d’assimilation et d’intégration culturelle ») de la société mélanésienne dont la « domination politique et économique européenne » est responsable : elle est un corollaire de la défense des « intérêts économiques et financiers » occidentaux. Dans cette lecture marxiste de la mondialisation, l’influence culturelle extérieure sur l’Océanie permet de créer un terreau favorable au développement de sociétés de consommation et à l’émergence de nouveaux besoins, donc de marchés potentiels pour les « multinationales » évoquées dans le texte. Les conséquences sociales sont la « pauvreté », la « marginalisation » et « l’exclusion » de ceux qui ne peuvent pas participer à ce système socio - économique. Cette situation porte en elle le risque d’une « idéalisation passéiste de nos formations sociales traditionnelles » assimilable à un repli identitaire. Mais la mondialisation culturelle est aussi utile pour les sociétés océaniennes qui peuvent s’en approprier les outils, comme le prouvent les documents. Elle favorise « les échanges d’idées » et permet une formation universitaire ou intellectuelle à distance, tout en offrant une possibilité de diffusion mondiale aux « valeurs océaniennes », issues des civilisations du pacifique (document 4), et une tribune internationale à la « défense d’intérêts communs » (document 2).

4- Quelles sont les limites de l’ouverture des cultures océaniennes à la mondialisation ?

Le document 1 invite à relativiser l’ouverture des sociétés océaniennes à la mondialisation culturelle. Celle-ci reste très inégale et proportionnelle au niveau de développement des archipels. En effet, ces sociétés sont souvent très rurales (les taux d’urbanisation ne dépassent pas 30 % en Papouasie-Nouvelle-Guinée, aux Iles Salomon, au Vanuatu, aux Samoa et aux Tonga), or les influences culturelles externes sont d’abord véhiculées par les villes, traditionnellement plus ouvertes au brassage humain, artistique et intellectuel. Les populations sont également peu alphabétisées : l’espérance de scolarisation est très faible dans les PMA d’Océanie, et même limitée au primaire en Papouasie-Nouvelle-Guinée et aux Iles Salomon ; une part importante de la population océanienne n’a donc accès que de façon étroite aux autres cultures (par la télévision, par exemple). Enfin, on observe au travers du document 2 des formes de rejet de la mondialisation culturelle, telle qu’elle existe actuellement, et dans le refus d’une « uniformisation » subie.

++++2/ réponse organisée

À l’aide des réponses aux questions, des informations contenues dans les documents et de vos connaissances, rédigez une réponse organisée au sujet : « les sociétés océaniennes face à la mondialisation culturelle ».
La réponse se nourrira utilement du dossier documentaire de la fiche 4 PP. 112-115.

Introduction

La multiplication et l’extension des échanges internationaux permet de mettre en contact des sociétés mondiales diverses et éloignées, et d’étendre les modèles culturels des pays de la Triade, et en particulier le modèle occidental. L’Océanie fait traditionnellement figure d’espace excentré au sein de l’ensemble mondial ; dans ces sociétés océaniennes, encore marquées par le poids des structures traditionnelles, la mondialisation culturelle est - elle génératrice d’ouverture ou de repli ? Les sociétés océaniennes connaissent une ouverture à la mondialisation culturelle inégale et limitée ; ces influences extérieures y ont cependant un impact considérable, et génèrent des réactions diverses, entre tentatives d’intégration et de participation croissantes et repli identitaire.

Plan détaillé du développement :

I) Des sociétés qui connaissent une ouverture à la mondialisation culturelle inégale et limitée

A) Des espaces océaniens participent à la mondialisation…
- Espaces du Pacifique insérés dans des réseaux les reliant historiquement à des pôles extérieurs et créant des influences culturelles externes à l’ Océanie (Doc 10 p. 107) : réseau américain en Micronésie, australien en Mélanésie, néo-zélandais en Polynésie, français (Nouvelle-Calédonie – Polynésie Française –Wallis-et-Futuna)
- Métropoles à l‘échelle du Pacifique, relais des influences extérieures ; lieux ouverts aux influences mondiales grâce à la concentration des outils de communication et des populations.

B) … mais la plupart des archipels du Pacifique restent en marge du phénomène…
- PMA d’Océanie : pauvreté qui place de fait ces espaces en marge de la mondialisation.
- Espaces ruraux délaissés par les pouvoirs publics là où le développement est faible  peu d’infrastructures et d’équipements permettant de participer aux échanges de tout type.

C) … et cette insertion limitée s’explique par des facteurs aggravants :
Eloignement, isolement : caractéristiques des archipels du Pacifique.

II) Des influences extérieures qui ont cependant un impact considérable sur les sociétés traditionnelles

A) L’ouverture au monde est une manne financière …
- Revenus du tourisme.
- Exportations de biens culturels : tableaux aborigènes, sculptures mélanésiennes…
- Système MIRAB ((Doc 6 p. 106).

B) ... et un atout politique et culturel …
- Organisations et ententes régionales : Communauté du Pacifique, Forum des îles du Pacifique, Fer de Lance.
- ONU = tribune internationale pour les Etats d’Océanie.
- Manifestations accentuant les liens entre pays et entités d’Océanie : Jeux du pacifique(doc. 3 a) , Festival des arts du Pacifique  lieux de valorisation des identités culturelles locales.
- Internet = outil essentiel pour la recherche, l’enseignement universitaire (Université du Pacifique Sud et UNC), dans des espaces géographiquement éloignés des centres mondiaux et les uns des autres.

C) … mais elle peut entraîner une acculturation.
-  Phénomène de « macdonaldisation » (Jocelyne Cesari) : « mise en conformité des comportements culturels par rapport au canon que serait le modèle occidental ». Avec parfois des conséquences concrètes : bouleversement des pratiques alimentaires qui ont des effets catastrophiques sur la santé (doc. 7 p. 114), perte des modes de vie traditionnels due à l’attrait de la société de consommation à Nauru (doc. 5 p. 113).
-  Les effets des bouleversements liés aux influences externes sont traditionnellement plus forts dans des espaces insulaires étroits et à la population peu nombreuse.

III) Des réactions diverses à cette mondialisation, entre tentatives d’intégration et de participation croissantes et repli identitaire.

A) des efforts pour accentuer cette intégration et cette participation à la mondialisation culturelle…
-  Développement du tourisme : exemple du Vanuatu où le tourisme s’appuie sur l’attrait pour la culture mélanésienne ; en Nouvelle -Calédonie : image véhiculée par Koh Lanta , Foudre : jouer de cet aspect de « bout du monde » ; tournages aidés par les institutions locales (Provinces) pour bénéficier d’une vitrine en Métropole et à l’étranger.
-  Médiatisation des cultures du Pacifique : danses polynésiennes, musiques diffusées largement hors de l’Océanie, modes vestimentaires avec motifs polynésiens, tatouages, art premier, et contemporain.

B) … avec une volonté de maintenir les particularités culturelles…
-  tendance mondiale à la revendication des particularismes, reconnus comme essentiels dans la définition de l’identité des peuples  accord de Nouméa où la défense de la culture Kanak est inscrite dès le préambule ; Musée du Quai Branly à Paris (doc 2 p. 112).
-  Valorisation des cultures océaniennes : retour à des repères culturels traditionnels dans le but de réaffirmer une identité perçue comme menacée de disparition : dessin de Teddy Diaike (doc. 3b) ; diffusion internationale des cultures maorie, aborigène (doc. 11 p. 115)… Parallèlement, modernisation des formes d’expression culturelle dans leurs techniques et dans leurs modes de diffusion (doc 2 : centre culturel Tjibaou, sites internet).

C) … qui peut mener au repli identitaire.
-  repli identitaire : prévalence de la coutume, parfois perçue comme pouvant contrecarrer les influences des modèles extérieurs.
-  Alternatives idéologiques (doc. 2 : rejet de l’ « impérialisme » occidental et adoption d’une idéologie socialiste) ou religieuses (développement de sectes et de mouvements religieux extrémistes) pour des personnes qui rejettent le cadre trop contraignant de la coutume.
-  Communautarisme : exemple des « tribus urbaines » maories (doc. 9 p. 114)
-  oppositions internes entre des populations culturellement différentes : Fidji, Nouvelle-Calédonie  la revendication identitaire devient un enjeu politique.

Conclusion

Les sociétés océaniennes, loin d’être fermées aux influences extérieures, y sont au contraire particulièrement sensibles. Même si cette ouverture à la mondialisation culturelle est limitée du fait de l’éloignement et souvent du faible développement des archipels, ses effets sont exacerbés par l’étroitesse et l’isolement, et par l’importance des structures sociales et culturelles traditionnelles. Les bouleversements y sont plus rapides et l’écho des influences externes y est amplifié. C’est ce qui peut expliquer les formes de rejet des influences culturelles externes : elles s’expriment par un retour à la coutume perçue comme un refuge face à une modernité exogène, et elles peuvent mener au communautarisme, potentiellement dangereux dans des sociétés pluriculturelles.
Il faut cependant se prémunir d’une vision caricaturale : loin de subir une uniformisation culturelle imposée unilatéralement par des pôles extérieurs, les sociétés océaniennes emploient avec succès les outils de la mondialisation pour réaffirmer leurs identités et exporter leurs biens culturels. Elles intègrent également ces influences extérieures pour renouveler leur culture, et les maintenir ainsi vivaces et ancrées dans la modernité.

(Les documents indiqués en italique sont ceux du manuel, partie élève. Ces références ne doivent pas apparaître telles quelles dans la réponse organisée, mais sont sources de connaissances supplémentaires à intégrer au développement. )

++++Documents complémentaires

Liste des documents supplémentaires pouvant être utiles aux professeurs

Document 1 : les facteurs de la défense des particularismes et du repli identitaire dans les sociétés océaniennes

« Le territoire ethnique est perçu comme le lieu optimal d’une expression identitaire et culturelle susceptible de contrecarrer les effets jugés uniformisants de la mondialisation. En d’autres termes, cette montée des particularismes est - elle d’emblée instrumentalisée, participant des équilibres mouvants qui se mettent en place, ou est-elle au contraire contrepoids durable à la mondialisation ? La réponse démontrerait probablement la compatibilité de ces deux optiques, car la revitalisation des identités locales présente l’atout majeur d’être perçue comme démocratique par essence et de correspondre ainsi aux nouveaux canons édictés à l’échelle planétaire. Elle permet en effet à chaque groupe humain, jusqu’aux plus réduits en nombre d’entre eux, de s’exprimer et de faire valoir sa différence.
Dans cette réhabilitation bienvenue des ethnies et de leurs lieux, s’enclenche alors tout un processus où les groupes humains vont tenter de raviver, voire recréer leurs identités dans leurs territoires. Mais la revitalisation de l’ethnicité et de ses ancrages spatiaux a une conséquence importante, celle de raviver les tensions entre les différentes composantes des populations nationales. En effet, si les identités se redéfinissent et s’affirment d’abord au sein même du territoire d’un groupe, ce processus peut aussi remettre en question des limites contingentes et poser des problèmes de territorialité conflictuelle entre plusieurs groupes. (…)
A l’échelle de chaque pays, remplaçant les anciennes ségrégations coloniales ou s’ajoutant à celles – ci, de nouveaux clivages, voire une véritable discrimination, sont susceptibles de se mettre en place, voyant s’affronter autochtones et allochtones comme à Fiji et en Nouvelle –Calédonie, ethnies différentes ou simplement ressortissants de différentes îles comme aux Salomon. (…)
La clé des changements actuels en Océanie réside en fait dans les nouvelles modalités de définition des identités. Or, l’impact culturel de la mondialisation sur les pays du Sud est souvent analysé, comme le souligne Cesari, comme un phénomène de « macdonaldisation », désignant la « mise en conformité des comportements culturels par rapport au canon que serait le modèle occidental ». Pourtant, (…) la généralisation de certains repères ou comportements à l’échelle planétaire est le lieu d’un échange et d’un brassage où la contribution du Sud est notable. Et qui plus est, une bonne partie des nouvelles constructions culturelles qu’on observe en Océanie relèvent de processus très localisés, faisant intervenir des références sélectionnées pour leur capacité à contrecarrer les images et modèles exogènes qui ont jusqu’à présent dominé »

D. GUILLAUD, « océanismes », in D. GUILLAUD, Ch. HUEZ DE LEMPS et O. SEVIN (dir.), Iles rêvées, territoires et identités en crise dans le Pacifique insulaire, Presses de l’Université de Paris - Sorbonne, 2003, p. 14 -15.

Document 2 : tourisme et mondialisation en Océanie.

« L’impact du tourisme est controversé, son rôle dans le développement, ambigu : c’est à la fois un atout pour la balance des paiements, à condition que toutes les prestations offertes (nourriture, boissons, équipement) ne soient pas importées ou n’entraînent pas des dépenses extérieures excessives : publicité, formation, expatriés payés à grand frais ; c’est également un atout tant pour l’emploi que pour la réalisation d’équipements collectifs (routes, infrastructures) dont peuvent bénéficier touristes mais aussi insulaires.
Malgré la richesse apparente crée sur place, le tourisme de masse n’es pas qu’une rubrique économique ; il représente un modèle de consommation qui interpelle les « valeurs » traditionnelles désormais battues en brèche. »

Atlas du Pacifique, ANTHEAUME et BONNEMAISON

Document 3 : la mondialisation culturelle, un atout pour les sociétés océaniennes. (début du document)

« Privés d’accès au marché et ne présentant que des capacité productives limitées, (les espaces ruraux insulaires) sont souvent délaissés par les pouvoirs publics qui , faute de ressources financières suffisantes, sont contraint d’y réduire leurs dépenses de santé et se reposent sur es missions et les communautés locales pour maintenir en état leur dispositif éducatif. La régression de l’économie marchande au profit du vivrier s’accompagne fréquemment d’une revalorisation de la coutume et de ses règles. La fermeture des espaces s‘accompagne ainsi d’un enfermement culturel sur les « fondamentaux de la tradition ». Chez certains océaniens qui refusent le « retour à la coutume », l’adhésion à une religion nouvelle ou le prosélytisme religieux peuvent être un échappatoire à la régression économique. (…) Leur adoption peut donc être perçue par un observateur étranger comme un enfermement culturel volontaire. Du point de vue océanien, il s’agit plutôt de l’exploration d’une nouvelle voie devant conduire à la modernité, après que la voie économique se fut soldée par un échec. (…) »

Gilbert DAVID, « mondialisation et recomposition territoriales et identitaires », in D. GUILLAUD, Ch. HUEZ DE LEMPS et O. SEVIN (dir.), Iles rêvées, territoires et identités en crise dans le Pacifique insulaire, Presses de l’Université de Paris - Sorbonne, 2003, pp. 166 – 172.

Document 4 : l’insularité aggrave les effets des influences externes.

« Les sociétés humaines insulaires présentent un certain nombre de caractéristiques communes. L’une des principales réside, contrairement à ce que pourrait laisser croire une vision primaire, dans la soumission aux pressions externes. L’insularité est toujours relative : du fait cependant d l’espace réduit, du volant limité de la population, les transformations induites par cette irruption de l’extérieur s’y propagent plus vite et plus globalement que sur le continent. Ces sociétés se révèlent par là fragiles (le changement prenant souvent l’aspect de la rupture ou du bouleversement). »

J.L. BONNIOL, « les sociétés humaines insulaires », in J.D.VIGNES (dir.) Iles, vivre entre ciel et mer, Nathan, 1997, p. 87.

titre documents joints

Les sociétés océaniennes face à la mondialisation culturelle

20 septembre 2010
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Fiche 7 PP. 119-120 Géographie- terminale Etude de documents (exercice type bac)


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