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HG/NC Le site académique d'histoire-géographie de Nouvelle-Calédonie

Disparités et organisation de l’espace néo-calédonien

dimanche 22 février 2015 par Jean-Christophe GAY

 Les niveaux d’organisation de l’espace de la NC

 Le niveau de la tribu

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Habitat diffus, auréole d’agriculture vivrière, déconcentration de l’habitat avec extension de la zone habitée parfois et volonté de réinstallation dans les zones abandonnées. Coût important parfois pour les mairies.

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Forte variation de la population entre périodes scolaires et vacances et grandes vacances. Beaucoup de RS.

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Enclavement parfois spécialement pour les tribus les plus au nord de la chaîne.

 Le niveau communal

Malgré ses défauts et ses faiblesses que l’on va aborder, l’institution municipale est devenue, en quatre décennies, un acteur fondamental de la vie quotidienne des populations, spécialement en brousse et dans les îles. Le sentiment d’appartenance communal est aujourd’hui très fort. Les chefs-lieux sont dotés de commerces et de services vers lesquels convergent tous les habitants des communes. Celles-ci mettent parfois en place des navettes pour que leurs administrés puissent s’y rendre, spécialement les jours de marché.

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La première particularité des communes néo-calédoniennes est leur taille. Sur les trente plus grandes communes françaises, douze sont néo-calédoniennes, et sur les cinquante plus grandes, 26 sont néo-calédoniennes.
Yaté, la plus grande avec 1 338 km2, se classe au 15e rang national, devancée par 14 communes guyanaises, dont l’immense Maripasoula avec 18 360 km2, aussi vaste que la Nouvelle-Calédonie.
Le premier défi qu’a dû relever l’institution municipale a été d’intégrer le système coutumier et de recoudre l’espace communal, divisé entre espace colonisé et réserves indigènes.

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L’institution municipale a généralement pris le dessus sur les autorités tribales, mais celles-ci continuent de jouer un rôle notable dans certaines communes, spécialement celles où la population habitent majoritairement en tribus, et les règles issues des documents d’urbanisme ne s’appliquent pas sur terres coutumières.

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L’étendue et la dissémination de l’habitat sont un autre défi. Elles occasionnent des charges particulièrement lourdes, spécialement en matière de transport, de ramassage scolaire, d’adduction d’eau potable ou d’entretien de la voirie, fréquemment dégradée par les intempéries.
Or, ces communes sont sous perfusion financière, dépendantes de l’État et de la Nouvelle-Calédonie en l’absence d’une véritable fiscalité spécifique, avec une moyenne de 10 % de recettes propres. En dehors du Grand Nouméa et de quelques communes de Brousse, la capacité contributive des administrés est nulle ou presque et ce sont les trois fonds intercommunaux de péréquation (FIP) qui fournissent la grande majorité des ressources.
Cette situation ne leur permet guère de mener des politiques efficaces de développement économique et de les responsabiliser, attendu que certaines fournissent gratuitement à leurs administrés l’eau potable ou la collecte des ordures ménagères, se privant ainsi de ressources.

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De surcroît, malgré leur vastitude, plusieurs souffrent d’un manque de foncier propre, inhibant leur élan (cas de Poindimié) surtout lorsqu’elles sont cernées de terres coutumières.
L’intercommunalité est rudimentaire en Nouvelle-Calédonie, puisque les quatre communes de l’agglomération ne coopèrent que depuis peu avec la création sous l’injonction de l’État, en 2006, du Syndicat intercommunal du Grand Nouméa (SIGN), alors que les enjeux et les défis en termes d’urbanisation et de transport sont importants.
Certes il existe des syndicats intercommunaux à vocation unique (SIVU) ou multiple (Sivom), mais on ne trouve ni communauté urbaine, ni communauté d’agglomération, ni communauté de communes. Il faut dire que les outils métropolitains sont peu adaptés, la gestion des communes de la NC relevant déjà d’une forme de coopération entre les nombreux hameaux, tribus et le chef-lieu.

DIAPO 49 Koumac
La gestion n’est pas la même lorsqu’on a à faire à une commune ayant des tribus regroupées autour du chef-lieu et des communes à la population très dispersées.
Aux deux extrémités de la NC on trouve deux cas rares de regroupement complet de la population effectués par les missionnaires autour de la mission et qui aujourd’hui sont en train d’évoluer.

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Sur l’île des Pins, l’installation des missionnaires catholiques à Vao, en 1848, va être à l’origine d’une réorganisation complète de l’habitat qui, de dispersé, se regroupe autour de la mission, formant le plus grand village kanak de la Nouvelle-Calédonie avec 1 109 habitants en 2009.
Toutefois, à l’instar des autres îles, on constate une diffusion de l’habitat, puisque le village de Vao ne concentre plus que 56 % de la population en 2009 contre 71 % en 1996. Ce mouvement est singulier, car il ne s’agit pas ici d’un étalement hors des tribus, mais d’une réoccupation permanente des terres tribales, notamment au contact du massif de péridotites et de la plateforme corallienne, là où se trouvent la route principale circulaire, les quelques terres agricoles vivrières et les sources provenant de la nappe du plateau. C’est
d’ailleurs pour préserver cette ressource, qui suffit à la consommation locale, qu’il existe une interdiction coutumière de construire et de cultiver sur le plateau.

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L’évangélisation des îles Belep a provoqué de profondes mutations, spécialement le regroupement, en 1874, de toute la population à Waala, un village créé par les missionnaires dix-huit ans plus tôt. L’île Pott (12 km2) est de la sorte évacuée, alors que les tribus sur l’île Art (56 km2) quittent leurs baies d’origine pour Waala. Il faut attendre 1956 pour que Pott soit restituée, trois quarts de siècle après être devenue une terre de colonisation, sur laquelle s’installèrent des colons et leur bétail. Le Territoire et les Béléma durent racheter cette île, qui est redevenue terre coutumière en 2011.

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Aujourd’hui, la question du retour sur les terres est pendante. La volonté est forte de quitter Waala, un village où les clans, regroupés en quartiers, se plaignent de la promiscuité. Une relocalisation est jugée prioritaire pour les clans originaires de Bwéo, de Pairomé et de Pott.

 Les bassins d’emplois et de vie

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Ce sont des espaces animés par l’intenses migrations alternantes et au sein desquels s’opèrent une redistribution des richesses par transferts de revenus entre lieux d’emplois et lieux de résidence, avec l’opposition entre communes-dortoirs et communes possédant de nombreux emplois. On le voit dans le Grand Nouméa ou dans les bassins de vie en brousse à l’instar de Koumac.
Plus de 1 = + d’emplois sur la commune que d’actifs y vivant
Moins de 1 = - d’emplois sur la commune que d’actifs y vivant (communes-dortoirs)

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À environ une heure de route les uns des autres, les bourgs de La Foa, Bourail, Koné, Poindimié et Koumac, assurent l’encadrement tertiaire de la Brousse. Ils
forment les noyaux de microrégions, environ deux fois plus petites que les départements métropolitains, qu’on peut rapprocher des « bassins de vie » définis par l’INSEE pour la Métropole, mais dilatés par la vacuité.
Ils bornent les mobilités les plus courantes, comme celles pour faire ses courses ou aller à son travail. Avec Nouméa et quelques localités minières, les centres de Brousse sont les communes les plus attractives pour l’emploi, comme le montre Koumac.

 Les provinces

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A l’échelle des trois provinces, des déséquilibres préoccupants.

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La redistribution de la richesse passe par les clés de répartition qui favorisent les provinces Nord et Loyauté. Sans rentrer dans le débat de l’évolution ou pas de celles-ci, il faut noter que si l’outil fiscal est surutilisé en Métropole, il est sous-utilisé en NC, où la pression fiscalo-sociale est limitée par l’ampleur des transferts de l’Etat. D’autres mécanismes redistributifs à plusieurs échelles existent.
Il y a donc une redistribution à l’échelle provinciale par le biais des clés de répartition.
Au sein de la province Nord, il y a une tentative de rééquilibrage entre Est et Ouest par le tourisme est le développement d’un tourisme intégré en tribu sur la côte océanienne.
Entre la province Sud (Grand Nouméa) et les îles Loyauté il y a d’importants transferts financiers entre les milliers de Loyaltiens vivant dans le Grand Nouméa vers leur île et leurs tribus comme le montre l’espace d’usage des langues des îles Loyauté, au 2/3 parlées à l’extérieur DIAPO 57.


titre documents joints

Disparités et organisation de l’espace néo-calédonien

21 février 2015
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345 ko

Texte de la conférence du 5 novembre 2014 à l’IUFM de Nouméa


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