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HG/NC Le site académique d'histoire-géographie de Nouvelle-Calédonie

Le tourisme en Nouvelle Calédonie

samedi 17 juillet 2010 par Bernard FADDA

Cette contribution scientifique peut être utilisée pour les niveaux suivants : 3ème de collège,
Terminale de BEP, 1ère STG et 1ère bac pro.
Son application pédagogique dépend des orientations données par les textes
d’accompagnement de chacun des niveaux concernés.

Dépendante de ses ressources minières (95 % de ses exportations), la Nouvelle-Calédonie s’est
jusqu’ici peu intéressée à son immense potentiel touristique.
Actuellement, le chiffre d’affaires des activités touristiques représente 38,5 milliards de F CFP et le
secteur emploie environ 4 500 personnes (soit 6% de l’emploi total).
Le développement du tourisme pourrait, peut-être, permettre de rééquilibrer l’économie et l’espace
calédoniens et fournir des revenus aux territoires isolés.

Quel est l’état des lieux du tourisme en Nouvelle-Calédonie ?
Quelles sont les ressources touristiques, les politiques de développement de ce secteur ?

I L’état des lieux du tourisme en Nouvelle-Calédonie

Quelles sont l’évolution et la fréquentation du tourisme en Nouvelle-Calédonie ? Quels sont les types
d’hébergement ?

A - Évolution et fréquentation.

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Les mouvements de passagers
Source : Police aux frontières et ISEE

Ces chiffres et la carte révèlent un couple dominant Japon-Métropole, la faiblesse des marchés de
proximité australien et néo-zélandais et la quasi absence d’un marché nord-américain.
Depuis une décennie, le nombre de touristes évolue peu et tourne autour de 100 000 personnes.
Les campagnes médiatiques, au travers d’émissions télévisuelles comme « Koh Lanta  », « La carte au
trésor
 » ou « Thalassa  » ne se sont pas fait, ou pas encore, sentir auprès du nombre de touristes
métropolitains.
La durée moyenne des séjours est de 16,8 jours mais celle des Métropolitains est plus longue car elle
est de 32,2 jours (en raison du tourisme affinitaire, c’est à dire d’un tourisme familial ou amical). Ce
tourisme affinitaire touche les Métropolitains, mais aussi les 6 000 touristes venant de Wallis et Futuna
et les 3 700 venant de Polynésie française. Ces touristes utilisent en majorité les hébergements chez
des parents et amis…

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Motif de séjour des touristes
Source :ISEE

Ainsi le tourisme familial, amical est aussi important que celui des affaires ou du travail. En revanche,
celui des vacances est prédominant et ces touristes internationaux croisent les touristes locaux qui
sillonnent la Grande-Terre ou les îles avec, ou non, familles- amis venus de Métropole ou d’ailleurs …

Un autre marché touristique se développe sur le territoire, celui des croisiéristes.

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Paquebots de croisière et croisiéristes
Source : ISEE

Ainsi en 2005, plus de 80 000 croisiéristes ont fait escale en Nouvelle-Calédonie et une soixantaine de
paquebots ont accosté :
- Le Pacific Sun accueille 1950 passagers
- Le Pacific Sky accueille 1550 passagers
- Le Pacific Princess accueille 800 passagers.
Le nombre des croisiéristes s’accroît depuis 2000 grâce à des facteurs locaux tels que l’ouverture de
nouvelles escales (Hienghène, Poum, Ouvéa, Lifou …). Les Australiens constituent l’énorme majorité
des croisiéristes (86,2%) suivis par les Néo-Zélandais (4,2%).
Ainsi plus de 180 000 visiteurs (touristes et croisiéristes sont venus en Nouvelle-Calédonie en 2005.

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Evolution des arrivées de visiteurs
Source : ISEE 2006

Ce tableau montre une forte progression des visiteurs :
- + 15% sur 5 ans
- + 51% sur 10 ans
En revanche, derrière cette forte croissance du nombre de visiteurs se dissimule une importante
modification de la structure car les touristes représentaient 72% des visiteurs en 1995 et ils ne
représentent plus que 55% en 2005. Or les croisiéristes passent un court moment sur le territoire.
L’arrivée plus importante des croisiéristes ne doit pas masquer la stagnation de la fréquentation
touristique depuis une décennie et c’est dans ce contexte que se sont tenues les assises du tourisme en
novembre 2004 et fin 2005, réunissant les professionnels et représentants des trois provinces. Les
assises du tourisme ont proposé un plan d’action concret pour relancer l’industrie touristique en
Nouvelle-Calédonie (Cf partie II).

B - Les types d’hébergement.

Parallèlement aux flux touristiques, l’activité hôtelière est également un outil d’analyse.
Cette activité a été marquée par la fermeture du Surf Novotel en 2005, suite à un mouvement de grève
(réouverture en septembre 2006) et l’ouverture du Ramada Plazza, complexe hôtelier de « 4 étoiles ».

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Clientèle des hôtels de Nouméa
Source : ISEE

Ainsi parmi ces clients, 68 763 sont calédoniens et 77 286 sont étrangers au territoire. La durée
moyenne de séjour est passée de 5,3 jours (en 1995) à 4,4 jours (en 2005). Le taux d’occupation des
hôtels est d’environ 61%. Ce sont les hôtels « 1 étoile » qui ont le meilleur taux de remplissage
(78,2%) contre 59% aux « 2 et 3 étoiles ». la clientèle locale remplit surtout les « 1 et 2 étoiles » alors
que la clientèle internationale remplit les hôtels plus luxueux. Sur 10 ans, la capacité hôtelière de
Nouméa est restée stable avec environ 1 350 chambres disponibles par jour.
L’idée maîtresse du plan de développement touristique est d’opérer un recentrage vers une clientèle
plus haut de gamme, de doubler la capacité hôtelière et surtout de mieux vendre la Nouvelle-calédonie
en rendant l’intérieur et les îles plus attractifs que Nouméa (qui regroupe plus de 80% de la capacité
hôtelière du territoire). Il est vrai qu’en brousse existent d’autres formes d’accueil (gîtes, campings…)
particulièrement prisées par le tourisme local lors des vacances scolaires ou des week-ends.

II Les ressources touristiques et les politiques de développement.

La Nouvelle-Calédonie possède d’importantes ressources touristiques que tentent de lettre en
valeur les politiques de développement.

A - Les ressources touristiques.

La Nouvelle-Calédonie dispose d’un potentiel touristique très important. Mais ce potentiel est loin
d’être mis en valeur car l’on constate une absence d’image sur le marché du tourisme international.
Le tourisme repose sur deux leviers :
- Se faire connaître (politique de communication)
- Se faire reconnaître (politique d’identité)
Pourtant quelques slogans fleurissent, « L’île la plus proche du paradis » (Ouvéa), « Une province aux
100 visages » (province Nord), le plus grand lagon du monde (Nouvelle-Calédonie) …, mais ces
slogans ne sont connus pratiquement que sur le territoire…
Le potentiel touristique est immense :
- attrait et diversité des paysages,
- générosité de la nature,
- merveilles sous-marines,
- richesse des cultures locales,
- patrimoine historique très diversifié…
On peut envisager d’innombrables activités comme les sports nautiques, les sports de nature, les
activités découvertes. Les sites, beaux et variés, sont préservés et composés de plages désertes, de
forêt tropicale sur la Grande-Terre. C’est une destination préservée du tourisme de masse en raison de
son « extrême périphérie », mais qui peut être une destination exceptionnelle pour une clientèle aisée,
en quête d’un voyage rare et dépaysant.
La Nouvelle-Calédonie fait partie de la zone Océanie Pacifique Sud (OPS) dont la fréquentation
touristique devrait doubler ces dix prochaines années, selon l’Organisation mondiale du tourisme
(OMT).
La Nouvelle-Calédonie pourrait profiter de ces perspectives de croissance si elle se dote
d’infrastructures nécessaires à l’accueil des touristes.

B - Les politiques de développement.

Fin 2005, les assises du tourisme qui se tenaient à Nouméa, ont posé cet enjeu : faire du tourisme une
filière économique à part entière, en faire un secteur moteur de l’économie calédonienne et contribuer
à l’équilibre global du territoire.
Les assises ont proposé un plan d’action pour l’horizon 2015 :
- créer plus de 3 000 emplois supplémentaires (soit 7 500 au total)
- augmenter les capacités d’hébergement, surtout de luxe afin de viser une clientèle
internationale aisée.
- Installer une stratégie d’image de marque internationale sachant que la Nouvelle-Calédonie
appartient à deux familles touristiques distinctes
1 La famille des « Archipels paradisiaques  » : farniente, repos, bains de mer,
spas, plages….
2 La famille des « Grandes Terres  » : découverte, aventure, espace, nature
sauvage, activités sportives…
Ainsi, la Nouvelle-Calédonie appartient à la catégorie « Archipel paradisiaque à Grande Terre  ».
Mais dans la zone OPS, la concurrence est rude. Les Grandes Terres  » (Australie, Nouvelle-Zélande)
proposent un tourisme de découverte et les archipels paradisiaques sont nombreux (Salomon, Fidji,
Polynésie française, Vanuatu …).
Cependant, la Nouvelle-Calédonie est un archipel doté d’une île de très grande taille devant valoriser
cet avantage spécifique.
A l’horizon 2015, la Nouvelle-Calédonie peut espérer 180 000 touristes. La contrainte de la desserte
aérienne et le coût des billets d’avion particulièrement élevé interdisent un positionnement de masse.
A cet effet, les aménageurs locaux misent sur l’augmentation de la capacité hôtelière. Le secteur haut
de gamme est visé afin de capter une clientèle aisée. En tant que vecteurs d’images, il est prévu de
construire des hôtels de prestige (à l’image du Méridien d’Oro à l’île des Pins), de taille réduite sur de
très beaux sites dans la province des îles Loyauté ou encore à l’île des Pins afin de concurrencer les
destinations comme les Seychelles, les Maldives ou la Polynésie française.
Il est aussi prévu de construire des hôtels de « 4-5 étoiles », plus grands que les « hôtels de prestige »
de type « Grands Resorts  », de classe internationale autour d’une enseigne connue dans un rayon
d’une heure de l’aéroport de Tontouta, en raison des critères de temps d’accès et de transferts par
route. La côte Ouest est visée par cet aménagement allant de l’ilot Sainte Marie à Nouméa jusqu’à
Poé, près de Bourail. La construction d’hôtels authentiques allant du « 2-3 étoiles » au « 4 étoiles »
devraient compléter cet aménagement et mieux « mailler » le territoire.
- La côte Est se prête bien à l’association Mer/Nature/Découverte (criques et lagons, réserve naturelle
du Mont Panié, roches noires et grottes, vallées, rivières et cascades, culture et accueil mélanésiens).
L’axe allant du sud de Poindimié au nord de Hienghène possède les attributs d’un futur pôle de
fixation touristique, bénéficiant de l’aérodrome de Touho et d’un accès routier de qualité. Cette côte
devrait s’équiper d’un golf également.
- Le Nord (et surtout l’extrême Nord) de la Grande-Terre dispose aussi d’un capital nature
remarquable et de sites spectaculaires dans la perspective d’un tourisme nature-découverte, sports,
plongée, pêche. Il s’agirait de renforcer le site Poum-Malabou.
- La côte Ouest de Voh à Poya n’est pas foncièrement touristique, mais le développement programmé
de l’usine de Vatouto devrait dynamiser l’économie locale avec 7 000 personnes employées à
l’horizon 2011. Le développement hôtelier servirait de point d’appui aux étapes touristiques.
- Le sud : le grand Sud reste une région isolée mais à une distance raisonnable de Nouméa. Cette
région possède de magnifiques sites composés de paysages naturels sauvages (Parc de la Rivière
bleue, baie de Prony, chutes de la madeleine, Lac de la forêt noyée…). Un équipement hôtelier
pourrait servir d’appui à la pénétration touristique de cette région surtout en liaison avec le
développement programmé de l’usine de nickel de Goro…
Parallèlement à ces constructions hôtelières, plusieurs actions sont à engager au niveau des moyens de
transports :
- Assurer la correspondance entre l’aéroport international de Tontouta et l’aéroport régional de
Magenta en moins de 45 minutes (construction d’une voie routière expresse…)
- Mettre en correspondance des vols internationaux avec des vols régionaux vers des destinations
ciblées (Iles, Nord Grande-Terre) afin de permettre une arrivée directe des touristes internationaux
vers le lieu de séjour.
- Améliorer la signalétique pour les transports routiers afin d’accéder plus facilement aux zones
touristiques.
- Mettre en place des programmes coordonnés entre les transports maritimes et l’aérien régional…
En assurant le développement de l’hébergement et une meilleure synergie des moyens de transports,
l’objectif des 180 000 touristes pourrait être atteint en 2015 d’autant plus que la Nouvelle-Calédonie
bénéficie d’un bon environnement touristique : santé, sécurité, climat, stabilité politique, qualité
générale des infrastructures… cependant la question de la main d’oeuvre disponible et employée dans
le tourisme (accueil, services …) ainsi que son degré de professionnalisme seront cruciaux. Les
mouvements sociaux, les grèves affectant de temps en temps le territoire et ses moyens de transports
(blocages de l’aéroport, du port …) peuvent être un frein au développement touristique et détourner
une partie de la clientèle vers d’autres lieux « paradisiaques ».
La recherche de nouveaux touristes doit dans un premier temps aller d’abord vers l’Australie et la
Nouvelle-Zélande ainsi que vers le Japon.
Dans un deuxième temps, cette recherche doit s’orienter vers des marchés à « meilleur potentiel »
mais aujourd’hui peu desservis par des vols directs comme les Etats-Unis, l’Asie du Sud-Est et
l’Europe (hors France).
Dans un troisième temps, la recherche peut s’effectuer vers des marchés comme la Chine et l’Inde,
nouveaux géants économiques. Ainsi sans être une destination de masse, la Nouvelle-Calédonie peut
grâce au développement touristique connaître un aménagement plus équilibré de son territoire tout en
respectant l’environnement et en présentant les qualités extraordinaires de ce territoire, cet « archipel
paradisiaque à Grande Terre
 ».

Sources :

- Fascicule des Assises du tourisme de la Nouvelle-Calédonie : présentation du plan de
développement touristique concerté de Nouvelle-Calédonie, 2005.
- ISEE : Enquête touristique …
Bilan économique et social 2005.
- Guides bleus évasion : La Nouvelle-Calédonie Hachette.

Bernard Fadda, lycée J. Garnier, novembre 2006.

Document annexe :

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Carte du tourisme en Nouvelle-Calédonie
Atlas d’outre-mer, SCÉRÉN, Nathan, 2006

titre documents joints

Le tourisme en Nouvelle Calédonie

14 août 2010
info document : PDF
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Cette contribution scientifique peut être utilisée pour les niveaux suivants : 3e de collège, Terminale de BEP, 1re STG et 1re bac pro. Son application pédagogique dépend des orientations données par les textes d’accompagnement de chacun des niveaux concernés.


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