Femmes et hommes dans la société calédonienne des années 50 aux années 80 – 90

Histoire Contemporaine Troisieme

Mis à jour le mercredi 11 février 2026 , par Groupe de réflexion pédagogique HGEMC Collège

Le programme :
Cette étude est centrée sur l’évolution de la société en Nouvelle-Calédonie depuis les années 50, une société en quête d’identité et d’égalité ?
La société française connaît des transformations profondes dans la seconde moitié du XXème siècle. Les Français entrent dans la société de consommation et le mouvement de libération des femmes se développe. Mais qu’en est-il en Nouvelle-Calédonie ?
Problématique : comment s’est construite l’identité de la société calédonienne depuis les années 50 ? Quelle place occupe la société calédonienne dans un contexte de mondialisation ?
On cherchera de manière prioritaire à faire comprendre à l’élève :
Le rôle civique de l’enseignement de l’histoire qui prend tout son sens ici. Les élèves comprennent que chaque citoyen a un rôle à jouer, par son vote et son engagement, pour faire vivre la démocratie française et les valeurs républicaines.
Que l’égalité hommes-femmes est une conquête relativement récente : elle correspond à un grand changement de société qui n’est pas encore achevé.
L’adaptation de la société calédonienne au monde moderne (parité, société de consommation, emploi, famille, école…)
La construction d’un destin commun (une identité)

Mise au point scientifique : quels sont les points forts du thème pour l’enseignant ?
En 1945 alors que la guerre du Pacifique se termine, l’heure est venue de tourner la page pour la population calédonienne. La société calédonienne apparaît alors à cette époque fondamentalement inégalitaire. La prise de conscience tardive et douloureuse de ce problème va placer chaque communauté face à ses différences et à ses contradictions : une société en quête d’identité et d’égalité en raison de son histoire coloniale, de sa diversité ethnique, des tensions sociales et politiques, ainsi que des revendications des populations autochtones pour une reconnaissance de leur culture et de leurs droits.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi la société calédonienne de cette époque apparaissait fondamentalement inégalitaire :
1. Héritage colonial : la Nouvelle-Calédonie était une colonie française depuis le milieu du XIXème siècle, et les structures coloniales héritées étaient souvent caractérisées par des inégalités systémiques. Ces structures favorisaient généralement les intérêts des colons et des élites locales aux dépens de la population autochtone kanak.
2. Exploitation économique : l’économie de la Nouvelle-Calédonie reposait largement sur l’exploitation des ressources naturelles, notamment le nickel et le chrome. Cette exploitation était souvent effectuée avec peu de bénéfices redistribués équitablement parmi la population locale.
3. Disparités ethniques : la société calédonienne était ethniquement diversifiée, avec une population autochtone kanak, des populations d’origine européenne et d’autres groupes ethniques (océaniens, asiatiques…). Les relations entre ces groupes étaient souvent marquées par des inégalités, en particulier en ce qui concerne l’accès aux ressources, aux emplois et aux opportunités.
4. Ségrégation et discrimination : des politiques de ségrégation raciale et de discrimination étaient souvent pratiquées dans différents domaines de la société, notamment le logement, l’éducation et l’emploi. Ces pratiques contribuaient à perpétuer les inégalités existantes et à maintenir un ordre social injuste.
5. Faible représentation politique : les populations autochtones et d’autres groupes marginalisés avaient souvent peu de représentation politique et peu de pouvoir décisionnel dans les structures gouvernementales et administratives de la Nouvelle- Calédonie, ce qui limitait leur capacité à faire valoir leurs droits et leurs intérêts.
Dans l’ensemble, ces différents facteurs ont contribué à créer une société calédonienne profondément inégalitaire à la suite de la Seconde Guerre mondiale. La prise de conscience de ces inégalités et les efforts pour y remédier ont été des éléments essentiels de l’histoire sociale et politique de la Nouvelle-Calédonie au cours des décennies suivantes.
Il s’agit donc de se livrer à une étude sociale et sociétale de la population calédonienne en utilisant des données démographiques, économiques, politiques et culturelles qui doivent permettre une approche historique de la société calédonienne.
La thématique étudiée porte donc sur une période donnée, qui débute après la présence américaine et va jusqu’aux années 80. Le terme « évolution » suppose des changements mais aussi des tournants qu’il faudra adapter à partir des évènements ancrés dans le domaine social.

Comment mettre en œuvre le thème dans la classe ?
L’étude de ce troisième thème est l’occasion de travailler plusieurs compétences et en particulier les compétences « analyser et comprendre un document », « coopérer et mutualiser » et la compétence « pratiquer différents langages en histoire et en géographie » en faisant réaliser aux élèves des productions graphiques, des exposés et des débats.
L’évolution de la société calédonienne met l’accent sur le passage à une société de consommation. On rappellera les bouleversements dus à la présence américaine, la vie quotidienne entre permanences et mutations, une société pluriethnique fragmentée, un mode de vie de plus en plus standardisé, entre mondialisation et affirmation des identités.
L’évolution des droits des femmes est liée à celle de la famille. Outre la loi Veil, on note que « l’autorité paternelle est devenue « autorité parentale » » en 1970, et que l’année 1975 voit l’introduction du divorce par consentement mutuel. Le rapport entre les générations évolue
alors même que les jeunes sont de plus en plus nombreux à suivre des études secondaires.
On pourra ainsi décomposer en 3 temps cette étude comme suit :
1er temps : 1946–1970 : la société calédonienne après le départ des Américains et l’adaptation
au monde moderne. Il s’agira ici de montrer comment la Nouvelle-Calédonie s’est ouverte sur le monde extérieur (désenclavement) : boom démographique, société pluriethnique et inégalitaire, pratiques culturelles nouvelles (influence américaine et société de consommation), liaisons aériennes, l’arrivée de la télévision, l’égalité juridique, le boom du nickel et ses retombées.
2ème temps : 1950–1980 : la fracture sociale : brousse, îles et Nouméa, exode rural, crise du
logement, essor d’une conscience syndicale, l’affirmation de l’identité kanak (Mélanésia 2000), naissance du kaneka.
3ème temps : 1987-1998 : construire un destin commun : les défis du rééquilibrage social et culturel (400 cadres, le logement social, l’encadrement de la jeunesse (nouveaux établissements scolaires, formation professionnelle…). L’hymne KO WE KARA "VIVRE
ENSEMBLE… Des artistes calédoniens décident de faire un HYMNE à la PAIX à l’occasion des 14èmes jeux du Pacifique sud qui se déroulaient à Nouméa en décembre 1987 et ce dans chacune des langues des principales ethnies qui composent le territoire de la Nouvelle-Calédonie.

Pistes bibliographiques :
Jacqueline Sénès, La vie quotidienne en Nouvelle-Calédonie de 1850 à nos jours, éditions Hachette, 1997.
Alban Bensa, Nouvelle-Calédonie. Vers l’émancipation, éditions Découvertes Gallimard,1998.
Les B.D de Bernard Berger.
Louis-José Barbançon Le pays du Non-Dit. Regards sur la Nouvelle-Calédonie, éditions La Mothe Achard, 1992
Bernard Brou, 1945-1977, 30 ans d’histoire de la Nouvelle-Calédonie, Société des études historiques de Nouvelle-Calédonie, n° 31, Nouméa, 1982.
Alain Christnacht, « La Nouvelle-Calédonie », Notes et documentaires, n° 5 184-85, La documentation française, Paris, 2004.
Ouvrages collectifs :
Être caldoche aujourd’hui, ouvrage collectif, éditions « île de Lumière », 1994.
L’Histoire du pays kanak, édition IKS, numéro spécial de L’Avenir Calédonien n°894.
L’Éducation civique en Nouvelle-Calédonie – documents pédagogiques, classeur ouvrage
collectif sous la coordination Evelyne Torre, IA–IPR d’Histoire-Géographie-éducation civique, Nouméa, Août 2001
L’Éducation civique en Nouvelle-Calédonie, Scérén CDP Nouvelle-Calédonie, sous la coordination d’Isabelle Amiot, chargée de mission d’inspection en histoire-géographie-éducation civique, Nouméa, février 2014
Nouméa des booms, 1945-1975, Dorothée Dussy, Olivier Fandos, Pierre-Christophe Pantz,
Anne Pitoiset, Christiane Terrier, Ville de Nouméa, 2019

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