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HG/NC Le site académique d'histoire-géographie de Nouvelle-Calédonie

L’exploitation minière en Nouvelle-Calédonie de 1873 à nos jours

mercredi 14 juillet 2010 par Sylvette BOUBIN-BOYER

conseil scientifique : Yann Bencivengo, doctorant : thèse d’histoire sur la SLN

Commentaire du thème dans le programme adapté :

Sujet d’étude : 1. L’évolution du travail et ses conséquences dans le monde industriel depuis le milieu du
XIXe siècle
L’évolution des techniques et les conséquences de cette évolution sur :
- l’organisation du travail, dans l’entreprise et dans la société,
- la redistribution du travail dans le monde.
L’étude de l’exploitation minière en Nouvelle-Calédonie permettra d’illustrer ce thème à travers, entre
autres, l’exemple de la société le Nickel :
- Étude de l’évolution des techniques,
- Observation des conditions de travail et des différents régimes des travailleurs, du syndicalisme avec son
rapport éventuel aux autres secteurs d’activité,
- On évoquera la division internationale du travail en abordant l’étude des projets miniers du Nord et du
Sud.

Notions-clés : amodiation, garniérite, fours, ferro-nickel, poldériser, « boom », petit mineur, colonie
d’exploitation, dividendes, bagnard, sujet, commission municipale…

Selon le thème choisi, on se reportera au glossaire, pp. 261-266 de l’ouvrage 101 mots pour comprendre la
mine en Nouvelle-Calédonie (coordination Y. Bencivengo).

ORIENTATIONS

Il ne s’agit pas dans ce thème de traiter une histoire des techniques. On s’appuie sur la
notion de système technique. On
abandonne ainsi le catalogue de l’évolution
des techniques décrites séparément « pour
cerner les relations étroites qui règlent au
jour le jour l’univers matériel d’une
civilisation. » (J.Y. Andrieux). L’essentiel
est de montrer l’évolution des rapports
entre ce système et le contexte économique
et social (particulièrement le travailleur, le
métier ou la tâche, l’entreprise). On
accorde une attention particulière à
l’histoire des luttes sociales, ici,
essentiellement après la Seconde Guerre
mondiale, qui s’intègre à ce cadre d’étude.
On inscrit ce thème dans un cadre
chronologique périodisé. Il convient de
souligner les interactions entre les
différents facteurs qui expliquent :
- l’évolution des formes de la
division et de l’organisation du
travail, y compris dans sa
dimension spatiale.
- La transformation des métiers, des
catégories professionnelles, la
naissance et l’évolution du
syndicalisme.
- L’évolution des techniques et ses
conséquences seront étudiées à
partir d’un exemple pris dans les
pays précocement industrialisés et
qui permettent de comprendre qu’il
s’agit d’un processus continu parti
de l’Europe.

Ce document d’accompagnement a pour
but de donner aux professeurs quelques
pistes et éléments qui leur permettront de
traiter ce sujet sans altérer toutefois la liberté pédagogique qui leur appartient
pour aborder ce thème. Toutefois, on ne
perdra pas de vue que cette question se
situe dans une problématique générale :
montrer comment, parmi d’autres
productions de minerais, la Nouvelle-
Calédonie est devenue à la fin du 19e
siècle, le premier producteur mondial de
nickel, et qu’elle « vit », depuis, au rythme
des fluctuations de la vente de minerais, en
tenant compte de ce que l’exploitation
minière dépend de l’offre et de la demande
des marchés mondiaux.
On n’oubliera pas de changer la
problématique que l’on trouve dans le
manuel métropolitain. En effet, dès la prise
de possession par la France (1853) et
jusqu’en 1946, on est dans le cadre d’une
colonie d’exploitation (l’exploitation
minière n’en est que l’un des aspects) et de
peuplement …et pas dans le cadre de la
métropole... Donc, le patronat, les
financiers, les travailleurs, les syndicats…
tout est différent de la métropole ou de
l’Europe ! La Nouvelle-Calédonie n’est pas
non plus un « pays neuf » comme les États-
Unis.

De nos jours, l’étude de l’évolution du
travail en Nouvelle-Calédonie et ses
conséquences dans le monde industriel
calédonien doit tenir compte du statut
actuel très particulier de cette collectivité
d’outre-mer française : il faudra alors
évoquer le problème des compétences dans
le domaine minier (préalable minier dans
l’Accord de Nouméa de 1998).
La mise au point scientifique
accompagnant la sélection de documents
ne prétend pas traiter de manière
exhaustive ce sujet, elle se limite à
présenter quelques aspects de la question
sur lesquels on peut plus particulièrement
insister selon les classes et la
problématique retenue. De même, le choix
des documents n’est pas limitatif.
Selon l’horaire dévolu à ce thème (1 à 2
heures sur un horaire global de 4 à 6 heures
pour la séquence), on peut envisager une
séance qui privilégie une des deux
problématiques.
On peut monter deux séances permettant
d’aborder ces deux aspects de la question.

Remarque :
Une partie du thème a déjà été travaillé en BEP : Le boom du nickel et ses conséquences
(1969-1972), fait l’objet d’une double page dans le manuel d’histoire-géographie et dans le
cahier d’activités, édités par le CDP.

MISE AU POINT SCIENTIFIQUE

Les documents mentionnés dans cet approfondissement scientifique sont présentés dans le
support documentaire qui suit.

L’exploitation minière en Nouvelle-Calédonie a commencé par la recherche de charbon (pour
approvisionner les navires à vapeur, et, en particulier, ceux de la Marine) puis d’or, puis du
nickel, l’or vert, depuis 1873 (Jules Garnier). Mais de nombreux minerais ont été exploités,
associés ou non au nickel : chrome et cobalt, manganèse, cuivre…

La Nouvelle-Calédonie est une colonie d’exploitation et de peuplement. On exploite les
mines, on vend le minerai qui part par navires en métropole ou à l’étranger (à raccrocher au
thème des transports : avant l’ouverture du canal de Panama, l’utilisation de voiliers jusqu’à la
Seconde Guerre mondiale pour transporter le minerai : gain distance-coût, les cargo-mixtes ou
les vapeurs étant réservés au transport de passagers et de cargaison périssable). Bien qu’ayant
des caractères de pays neuf, c’est avant tout un pays dépendant, surtout à l’époque coloniale.
Il suffit pour s’en convaincre de lire les interminables jérémiades des journaux locaux à ce
sujet au début du XXe siècle.
La Nouvelle-Calédonie est le premier producteur mondial de nickel à partir de 1876, année
d’arrivée des premiers lots de minerais en Europe. Elle est dépassée une première fois par le
Canada en 1903, puis définitivement à partir de 1905, DONC AVANT la Première Guerre
mondiale. En 1914, la production canadienne est presque trois fois plus importante que la
production calédonienne : 20,6 millions de tonnes contre 7,8 millions (en métal contenu). La
vie économique de la Nouvelle-Calédonie bat au rythme des cycles du nickel : booms et
crises, entraînant des arrivées massives de travailleurs ou provoquant du chômage.

De grandes sociétés achètent ou louent les terrains miniers depuis plus d’un siècle. Tous ces
terrains sont des concessions. Certaines sont directement exploitées par leur détenteur,
d’autres sont amodiées. Des « petits mineurs », détenteurs de leur concession, obtiennent des
contrats avec de grandes sociétés (SLN, INCO), qui, de leur côté, sous-traitent
éventuellement à d’autres « petits mineurs ». Des hommes d’affaires ou des banquiers
(Marchand, Rotchild), voire des aventuriers, s’enrichissent puis disparaissent (Higginson)…
d’autres créent des « dynasties » (Lafleur, Montagnat, Ballande…). Peu développent le pays
en créant d’autres activités économiques (Ballande, Lafleur, Pentecost). Les « petits mineurs »
réinvestissent en partie seulement dans le pays et s’associent parfois ; les grandes sociétés
minières investissent peu et ce sont leurs actionnaires, européens la plupart du temps, qui se
répartissent les dividendes.
Les guerres mondiales provoquent la mise sous séquestre des mines appartenant à des
ressortissants des puissances ennemies (Allemands, Autrichiens ou Hongrois) : en 1914-15,
les Mines Nickélifères et du Mont-Dô Réunies et une mine de cobalt à My-Kuakué sont
saisies. L’administrateur du séquestre en Nouvelle-Calédonie est la Maison Ballande. Par
ailleurs, 15 000F, provenant de la Maison Krupp, ont été mis sous séquestre, l’administrateur
étant la Maison de Béchade : Krupp avait envoyé cette somme pour régler sa dette vis à vis de
Mr Johnston. La liquidation des biens faisant l’objet d’un séquestre est prévue par le décret du
17 septembre publié au JORF du 22/9/1920. Le séquestre de la Sté des Mines Nickélifères et
du Mont Dô Réunies a été levé en 1923. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les séquestres
japonais sont à étudier.

La SLN (attention aux changements d’appellation) a un rôle social à étudier. La société passe
aux mains des Rothschild dès 1883, et ils ont été présents jusqu’à 1975, date à laquelle la SLN
a été reprise par l’État. Mais évidemment, il s’agit bien là d’un contrôle extérieur. Quant à
Higginson, il n’est pas sûr qu’il se soit vraiment enrichi puisqu’il était criblé de dettes à sa
mort. Il est intervenu en Nouvelle-Calédonie jusqu’au début du XXe siècle (mines Pilou, Pam,
Tao) mais dès les années 1880, il passe le plus clair de son temps hors de la colonie.

Les conditions de travail et les différents régimes des travailleurs sont observés, de même le
syndicalisme ouvrier avec son élargissement aux autres secteurs d’activité puis le
syndicalisme patronal constitué de diverses associations de défense de petits producteurs.
Dans la colonie du 19e et du début du 20e siècle, on utilise des travailleurs « sous contrat » :
bagnards puis sujets d’autres colonies, indigènes calédoniens et Européens de Nouvelle-
Calédonie, puis métropolitains ou étrangers, en fonction des booms… Certains deviennent
ouvriers mineurs ou prospecteurs. Beaucoup restent en Nouvelle-Calédonie et sont à l’origine
de certaines communautés aujourd’hui bien implantées (Asiatiques, Océaniens, Indiens,
Européens…). Une constante : l’immigration est une nécessité pour procurer des bras. La
main d’oeuvre asiatique est méprisée et doit souvent subir des exactions. De même que le
système des contrats la place dans une situation de sujétion. En retour il semble que les
contremaîtres soient souvent exposés à de graves problèmes car les travailleurs asiatiques ne
sont pas toujours dociles. La France Australe et le Bulletin du Commerce regorgent de faits
divers concernant la violence sur mine.

L’évolution des techniques : du pic et de la pelle au marteau-piqueur puis à la pelle
mécanique. Ou bien du transport à dos d’hommes ou d’animaux au va-et-vient, puis au
téléphérique puis au transporteur sur tapis roulant et au camion (apparition de nouveaux
métiers : cobaleur, rouleur, par ex.). L’hydrométallurgie et la pyrométallurgie existent dès
les prémices du traitement du nickel calédonien. Déjà, en 1876, le procédé de traitement
élaboré par Christofle est un procédé mixte par voie sèche et voie humide. Les deux procédés
sont plus complémentaires qu’opposés : actuellement le minerai de la SLN est transformé en
ferro-nickel et en mattes par la voie pyrométallurgique. Les mattes sont ensuite affinées en
nickel pur à Sandouville par procédé hydrométallurgique. Le choix de l’une de ces deux voies
dépend du type de minerai traité. La voie hydrométallurgique est actuellement développée par
Inco, Falconbridge et d’autres pour traiter la latérite à très basse teneur en nickel. On peut, au
sein de la pyrométallurgie, évoquer l’évolution de l’énergie utilisée pour chauffer le minerai
(du charbon au fuel lourd). A partir du début du 20e siècle, l’électrométallurgie apparaît dans
le nickel : première expérience en Nouvelle-Calédonie : l’usine expérimentale de Tao (mars
1910). Les mineurs calédoniens (Ballande, Le Nickel…) installent des fours pour les mattes
et les billes de ferro-nickel, pour abaisser les coûts du fret : transporter moins de volume à
moindre prix, pour s’adapter à la demande de la clientèle (que ferait-on des scories en
métropole ?), tandis que le Japon, lui, en a besoin pour « poldériser… » et faire travailler ses
propres ouvriers.

Des infrastructures se développent au rythme des besoins miniers : le port de Nouméa (quais
de différentes époques), les wharfs, les rails et tapis roulants sur mines, les pistes sur mine, les
téléphériques… Des villages se créent puis déclinent (Ouégoa au 19e siècle ; Thio, grand
centre minier de la côte Est, de la fin du 19e siècle aux années 1980, a perdu son importance
d’antan), tandis que la ville de Nouméa s’accroît. Les centres de colonisation en brousse
évoluent en fonction de leur importance au regard de la mine : des commissions municipales
disparaissent et/ou renaissent (Muéo, Nakety...). Les villages miniers sont provisoires et
abandonnés (villages « fantômes » comme Tiébaghi). Certains « centres de colonisation » de brousse évoluent en fonction de leur importance en rapport avec la mine (Koumac, Ouégoa,
Canala, Kouaoua, Thio..).
Les Mélanésiens sont longtemps restés à la périphérie économique de l’exploitation minière.
Les Loyaltiens ont toujours été employés comme dockers ou marins sur les minéraliers. Les
Kanak y entrent aujourd’hui en force grâce à la SMSP et au projet d’usine du Nord. Les
recherches et la relance d’exploitation minière, effectuées dans les réserves kanak de la région
de Koné ont contribué à la déstructuration de la société kanak et sont, en partie, à l’origine de
la révolte de 1917. L’importance des relations clans-entreprises minières est à étudier.

La division internationale du travail est évoquée en abordant l’étude des projets miniers du
Nord et du Sud qui maintiennent les esprits en haleine et font couler beaucoup d’encre : INCO
et l’usine du Sud, FALCONBRIDGE et l’usine du Nord (cas particulier de la SMSP : rachat
des mines Lafleur par la Province Nord au lendemain des accords de Matignon) : d’après
l’interview de Scott Hand et de Peter Jones dans les Nouvelles Calédoniennes du 8 avril 2003,
50 % de l’ingénierie serait maintenue à Brisbane pour le projet INCO/Goro Nickel. Toutefois,
il faut être très prudent à propos de ces projets dont les contours restent très changeants et à
propos desquels les informations peuvent devenir très vite dépassées. A ce propos, il faut
insister sur le fait que ces projets très coûteux entrent dans le cadre de politiques à très long
terme (au moins vingt ans) et que ceux qui manifestent de l’impatience à cause des retards du
projet d’INCO ( et à juste titre, au regard des emplois, par exemple ) ne doivent pas oublier
cet aspect essentiel de l’industrie lourde.

La Nouvelle-Calédonie est-elle un Eldorado ou bien le pays des grandes utopies minières
(Gascher : « La belle au bois dormant ») ? D’après Yann Bencivengo : « l’Eldorado minier
est un trait constitutif de l’identité calédonienne. » (catalogue de l’exposition du musée de la
Ville de Nouméa (2003) : « 150 ans de mémoire partagée »).
Un travail peut être mené en ECJS ou en PPCP sur les associations (ex. musée de la mine à
Thio-1992) et les villages miniers ou villages fantômes que l’on s’efforce aujourd’hui de
préserver (ex. Tiébaghi-1993 ; Poro-2002), mémoire de l’exploitation minière et partie
intégrante du patrimoine calédonien.
Des visites peuvent être prévues sur sites ou, dans le cadre des journées du patrimoine sur les
différentes exploitations minières de la Province où se trouve votre LP.
Quant à la SLN, elle peut faire l’objet d’étude d’un dossier spécifique, à partir des documents
fournis par le service des archives SLN (voir Madame Hurey) et en fonction d’un « cadrage »
précis axé sur des problématiques différentes (« multinationale », aspect financier, aspect
technique ou technologique, main d’oeuvre, impact de Doniambo sur la ville de Nouméa,
syndicalisme ouvrier, etc.)

++++

SUPPORT DOCUMENTAIRE

Document 1

JPEG - 34.8 ko
L’industrie minière et métallurgique depuis les origines
Source : La mine en Nouvelle-Calédonie, 101 mots pour comprendre, éditions Ile de Lumière,
1997.

Les mines sont la principale richesse de la Nouvelle-Calédonie.
Tous les terrains possèdent plus ou moins leurs minerais. Les roches du nord contiennent de
l’or, du cuivre, du zinc, du plomb, de l’argent. Dans les coulées volcaniques de la côte ouest
se trouvent des gisements de manganèse. Mais les plus riches sont les « terrains miniers » qui
renferment du fer, du cobalt, du nickel et du chrome.
De tous ces minerais, il n’y en a que deux, le nickel et le chrome, qui aient été exploités sans
interruption depuis leur découverte.

Source : Jean Leborgne, Géographie de la Nouvelle-Calédonie, Ministère de l’Éducation, de
la jeunesse et des sports Nouméa, Nouvelle-Calédonie, 1964. p. 244

Document 2

JPEG - 13.9 ko
La production de minerai de nickel en Nouvelle-Calédonie des origines à 1998
Source : IEOM

Document 3 : Les compétences minières en Nouvelle-Calédonie

JPEG - 75 ko
Source : Le Nickel-SLN in : La mine en Nouvelle-Calédonie, 101 mots pour comprendre,
éditions Ile de Lumière, 1997.

L’Accord de Nouméa (1998) donne au gouvernement de la Nouvelle-Calédonie compétence
pour gérer la ZEE et réglementer les ressources terrestres en substances réservées.
L’ouverture de centres de recherche et d’exploitation est accordée après avis de la
commission minière communale. Les permis d’exploitation sont accordés pour vingt ans au
maximum, les concessions pour cinquante ans renouvelables. Une APM (autorisation
personnelle minière) doit être demandée avant qu’un mineur puisse obtenir des titres miniers.
La législation minière calédonienne a évolué au fil des années mais le décret de 1954 a donné
à la Nouvelle-Calédonie compétence pour les substances minières sauf exception pour les
hydrocarbures, la potasse et les substances utiles à l’énergie nucléaire, réservées à l’État. Les
lois Billote de 1969 avaient fait du nickel, du chrome et du cobalt des substances réservées.
La loi référendaire de 1988 donne aux provinces toutes les compétences minières.

Document 4 :Les projets miniers en Nouvelle-Calédonie à l’aube de 2004

1 Le projet SLN d’extension de la production

La SLN est présente en Nouvelle-Calédonie depuis 1880. Après la modernisation de
l’usine de Doniambo, l’ouverture du site de Kopéto en 1994 et la mise en place d’un
cinquième four rotatif de calcination fin 1998, l’objectif de capacité de production à 70
000 tonnes est atteint depuis fin 2003 ; il est fixé à 75 000 tonnes pour 2005. Cet
accroissement de production sera réalisé notamment grâce à la montée en puissance
progressive du centre minier de Tiébaghi dont la mise en exploitation a débuté courant
1998. Ce centre minier pourrait avoir à terme une capacité de production de minerai de
l’ordre de 1 million de tonnes (contre environ 300 000 tonnes l’an produites actuellement).
Ce projet nécessite un investissement de 23 milliards de F CFP et engendrera environ 200
emplois. Par ailleurs, l’usine de Doniambo s’est dotée fin 2003 d’un four neuf en
remplacement d’un des plus anciens pour une capacité supérieure de 80 %. Des études
sont également en cours pour valider le projet de construction d’une usine de traitement et
d’enrichissement du minerai sur le site de Tiébaghi. Cette usine devrait être plus évoluée
sur le plan technique que celle actuellement en fonctionnement sur le site minier du
Kopéto et pourrait être opérationnelle en 2005.

2 Le projet Koniambo (usine du Nord)

Dernier des projets miniers soutenu par l’État. Le projet d’usine métallurgique du Nord
associe la SMSP et le producteur canadien Falconbridge. Il s’agit d’un projet d’usine
pyrométallurgique (fusion des garniérites), d’une capacité de 54 000 tonnes par an. Étant
donné le fort potentiel latéritique du massif de Koniambo, le consortium SMSP /
Falconbridge pourrait envisager également à terme la création d’une deuxième usine pour
traiter les latérites par un procédé hydrométallurgique qui pourrait produire entre 25 et 30
000 tonnes de métal par an. La société Falconbridge apporte, en plus de sa participation à
hauteur de 49 %, la technologie qu’elle a mise au point pour le traitement des minerais
acides.
La SMSP, qui ne possédait pas les titres miniers nécessaires à la réalisation du projet, a
obtenu un échange de titres miniers avec Eramet/SLN. L’accord de Bercy, intervenu le 11
décembre 1998 a consisté à transférer les titres des massifs de Poum (appartenant à la
SMSP) et du Koniambo (appartenant à la SLN) à une entité juridique indépendante qui se
chargera d’effectuer le transfert si la décision de construire l’usine est prise avant 2005.
Eramet/SLN a reçu de l’État, en échange de ses droits miniers sur le Koniambo, une soulte
de 1 milliard de francs français correspondant à la différence de valeur en métal entre le
massif du Koniambo, plus riche, et le massif de Poum. Dans le cas où l’usine ne serait pas
réalisée, Eramet/SLN recouvrerait ses droits et reverserait le montant de la soulte.
L’année 2001 aura permis la réévaluation de la ressource géologique qui s’élève à 151
millions de tonnes de garniérites, à des teneurs de 2,58 % de nickel, soit près de 4 millions
de tonnes de nickel métal. Cette quantité sera nécessaire pour alimenter l’usine de traitement
pyrométallurgique pendant 25 ans ainsi qu’une étude de cadrage du plan minier à 25 ans.
Aussi, un premier test portant sur un échantillon de 120 000 tonnes de minerai a été réalisé
en début 2002. Par ailleurs, le choix du procédé métallurgique a été arrêté, de même que le
site de Vavouto a été retenu pour accueillir le complexe industriel. L’étude environnementale de base a été finalisée en 2001 et les besoins en formation du personnel
qui sera amené à travailler sur le site ont été définis. L’étude de faisabilité technique s’est
achevée en septembre 2002 pour laisser la place à l’étude de faisabilité financière de
l’opération qui s’est déroulée tout au long de l’année 2003.
Le Président de Falconbridge a confirmé en mai 2003 le respect du calendrier du projet de
l’usine du Nord avec une décision de construire fixée au second semestre 2004. Le coût de
construction de cette usine devrait atteindre 1,5 milliard de dollars US (soit plus de 200
milliards de F CFP). Les premiers travaux concerneront la réalisation du port en eau
profonde qui accueillera les matériaux et équipements pour la construction de l’usine et de
la centrale d’énergie. En phase de construction, ce projet devrait générer environ 1 500
emplois directs puis 800 de plus en phase de production et environ 2 000 emplois induits.

3 Le projet Goro-Nickel (usine du Sud)

Présent depuis 1902 en Nouvelle-Calédonie, INCO a exploité le chrome de Tiébaghi de
1975 à 1990. Le projet de construction d’une usine de traitement de latérites fut initié, en 1992,
par la vente faite par le BRGM, à INCO, de sa filiale SOPROMINES et du brevet concernant
un procédé de lixiviation à l’acide sulfurique (acheté à AMAX par COFREMMI, filiale du
BRGM). SOPROMINES détenue alors à 85% par INCO et à 15% par le BRGM, devient la
Compagnie des Mines de Xéré (CMX) qui deviendra par la suite la société INCO France. En
1999, INCO a lancé un projet pilote d’un coût de 50 millions de dollars US (environ 6
milliards de F CFP) visant à tester cette nouvelle technologie de lixiviation à l’acide sous
pression (PAL) et à former de nouveaux opérateurs, techniciens et superviseurs d’usines. Cette
réalisation a permis à INCO de recueillir des données sur le minerai, ainsi que sur les
méthodes d’exploitation et les matières. Le 26 avril 2001, INCO Limited a annoncé
l’achèvement de l’étude de faisabilité bancaire et son intention de procéder à la construction
d’installations de production à l’échelle commerciale.
Située à une soixantaine de kilomètres au Sud-Est de Nouméa, la mine à ciel ouvert fournira
à l’usine une moyenne annuelle de 3,8 millions de tonnes sèches de minerai. Les ressources
du site sont de l’ordre de 200 millions de tonnes. L’investissement initial a été évalué à 1,45
milliard de dollars US (environ 194 milliards de F CFP) et bénéficie de la défiscalisation (loi
Paul) à hauteur de 100 millions de dollars (soit environ 13 milliards de F CFP). La capacité
annuelle de production prévue est de l’ordre de 55 000 tonnes de nickel et de 5 000 tonnes de
cobalt. Outre la construction de l’usine hydrométallurgique, sont également prévus un port,
une usine de préparation du minerai, une base vie pour les employés, un barrage de captage,
des aires de stockage. L’activité de l’usine devrait générer près de 2 500 emplois directs et
indirects. La centrale électrique nécessaire au fonctionnement de l’usine sera d’une capacité
de 2 fois 55 MW dont la moitié sera vendue à EEC (réseau général). .
La prise de participation de la Nouvelle-Calédonie dans le capital de Goro-Nickel serait de
l’ordre de 5 %.
Après avoir recueilli l’avis du Comité Consultatif des Mines et celui du Conseil des Mines,
l’Assemblée de la Province Sud a adopté, lors de sa réunion du 5 juillet 2002, une
délibération accordant à la société Goro-Nickel un permis de recherche sur le site minier de
Prony, voisin de celui de Goro. Ce permis concerne le nickel, le cobalt et le chrome.
L’attribution de ce permis autorise des recherches qui pourraient déboucher sur une
extension de la capacité de l’usine de Goro-Nickel à 120 000 tonnes.
INCO a annoncé en juillet 2002 le choix de son partenaire industriel (un consortium japonais
dirigé par le fondeur Sumitomo Metal Mining Co.) avec lequel la société canadienne a
conclu un accord de cession de 25 % du capital de Goro-Nickel. En décembre 2003,
l’association des entreprises Foster Wheeler et SNS Lavalin est choisie pour assister Goro
Nickel dans la phase 2 du projet.
Toutefois, INCO Limited a annoncé le 5 décembre 2002 sa décision de procéder à une revue
détaillée des coûts du projet Goro-Nickel, entraînant ainsi la suspension provisoire du chantier,
suite à l’annonce d’une augmentation du coût du projet de 30 à 45 % par rapport à l’estimation
initiale. Un nouveau calendrier du projet et une nouvelle date d’entrée en production du site
seront définis courant 2006.

Source : d’après La Nouvelle-Calédonie en 2003, Institut d’émission d’outre-mer, Paris
Les Nouvelles Calédoniennes, supplément du 17 février 2004

Document 5 : Du pic à la pelle : l’évolution de l’exploitation minière en Nouvelle-Calédonie

JPEG - 47.8 ko
Source : collection Max Shekleton

Les forçats puis les travailleurs asiatiques ou néo-hébridais, sujets de colonies françaises ou
hollandaises, émigrés sous contrat pour 3 à 5 ans, ont récolté à la main les divers minerais de
Nouvelle-Calédonie, jusqu’à l’aube du XXème siècle.

JPEG - 34.8 ko
Photo S. Boyer – novembre 2003

La mécanisation des exploitations minières a commencé avec l’arrivée des bulldozers
américains (1942).
En 2003, la SLN a fait venir plusieurs pelles parmi les plus performantes au monde sur sa
mine du Grand Plateau, à Thio.

Document 6 : Doniambo, l’évolution de 1910 à 2000.

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L’usine de la Société des Hauts Fourneaux en 1910
(photo SLN)
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Le site industrialo-portuaire de la SLN en 2001.
(Photo SLN 2001)
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L’usine de la SLN vue du canal.
(Photo SLN 2001)

Document 7

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Thio, le plus ancien centre d’exploitation du nickel en Nouvelle-Calédonie
Source : Collection Sylvette Boyer, novembre 2003.

L’histoire de Thio, sur la côte Est de la Grande-Terre se confond avec celle de la mine et du
nickel. Dès 1876, Hanckar se rend acquéreur des mines de Thio, rachetées en 1880 par la
SLN. Longtemps, les mines furent exploitées à la main par les Néo-Hébridais et surtout les
« contrats de chair humaine » fournis par l’administration pénitentiaire, alimentant l’usine de
fusion d’Ouroué.
Avant la Première Guerre mondiale, les grands voiliers venaient charger le minerai de nickel
en baie de Thio, alors l’équivalent du port de Valparaiso.
La SLN installa une usine de fusion de nickel à Thio Mission de 1913 à 1931.
Six grands ensembles de mines ont contribué à faire de Thio la capitale du nickel : le massif
du Plateau, la vallée de la Dothio, les Bornet, le Ningua, le Camp des Sapins, les mines de
Meh, Borindy et Port Bouquet. Aujourd’hui, seules les mines du Plateau et du Camp des
Sapins sont encore en activité.
La SLN est soucieuse de protéger l’environnement. Des installations permettent de limiter la
pollution des eaux, en particulier. Les techniques de revégétalisation, de plus en plus
performantes, contribuent à la réhabilitation d’anciens sites miniers et à la préservation des
milieux écologiques sur les mines en exploitation.

Document annexe : Chronologie minière en Nouvelle-Calédonie (1850-1914)

L’étude de l’exploitation minière en Nouvelle-Calédonie permet l’étude de :

- La division internationale du travail au XIXe siècle :
*1863 arrivée de Jules Garnier et découverte d’une roche contenant du nickel. *1873 :
Coste découvre un gisement de nickel au Mont d’Or. *13/9/1873 : législation sur les mines
en NC. *1873 : Cyprien Coste crée la Société des Mines de nickel.*12/12/73 : Tully et Cie
déclarent officiellement la découverte de 2 gisements de nickel au Mont D’Or. *21/01/74 :
Tully et Cie demandent concession de 400ha. *1874 : Robson et Burke demandent une
concession de 50ha au Mont D’Or. *1875 : Higginson achète Bel Air à Houaïlou. *1875 :
début des exploitations à Païta, Boa Kaine (Canala), Bel Air (Houaïlou), Bienvenue
(Nakety). *1875 : 68 mines concédées et 47 demandes. *1875 : Hanckar achète Boa Kaine,
mines du Plateau , et Bienvenue. *1877 : Higginson rachète le Plateau, *30/11/1877 :
Belvédère cédé à Higginson, Hanckar et Cie (24ha80), Hanckar rachète Bornet 1 et 2 et
Santa Maria. *1878 : Lemire écrit que Thio est un centre important. *10/5/1880 : création
« Sté Le Nickel, système Garnier » avec Higginson, Garnier, Henri Marbeau aîné. *1880 :
grande prospérité des mines. *1885 : découverte de Ouenghi, Tontouta, massif du Sud,
Koniambo, Mueo…*1887 : redémarrage de quelques mines, consommation mondiale :
3000T/Ni métal dont 2600T de NC. *1888 : rétrocession du contrat de la « Balade » de
Higginson à SLN. *1889 : la direction des mines SLN s’installe à Thio. *1895 : Higginson
et Desmazures exploitent à Port Bouquet. *1906 : décret du 10/3/06 obligeant les sociétés
minières à avoir leur siège en NC : vise INCO

- La quantité et la qualité de la main d’oeuvre : Les conditions de travail et les
différents régimes des travailleurs sont observés :
*2/05/1863 décret désignant la NC comme lieu de transportation (1er convoi par
l’Iphigénie le 9/5/64). *1875 : 5268 condamnés en cours de peine en NC. *1878 : 1er
contrat de main-d’oeuvre pénale dit « de Balade » en faveur de Higginson (rétrocédé à
SLN en 1888). *1880 : capture de Néo-hébridais pour le travail en Nouvelle-Calédonie.
*1880 : 6355 condamnés en cours de peine. *1885 : arrivée de 166 Chinois pour les mines
de nickel, contrat de 5 ans. *16/3/1885 : suspension de l’immigration océanienne (crise et
trop d’abus), 7328 condamnés en cours de peine) *1887 : traité pour l’emploi par SLN de
100 à 200 transportés. *1888 : installation du camp de Thio : le Plateau (350 condamnés)
puis Ouroué (93 condamnés) *1889 : reprise de l’immigration néo-hébridaise. *1890 :
contrat pour la SLN pour 33 mois : 200 à 400 relégués utilisés seulement à Nakéty en
1891. *1891 : évasions du camp de Toumourou à Thio en juillet. Violentes attaques contre
SLN qui bénéficie de main-d’oeuvre pénale. *1891 : arrivée de 768 Tonkinois et
Annamites pour la SLN. *1891 : arrivée de plusieurs centaines de « Pavillon Noir »
tonkinois, condamnés politiques du bagne de Poulo-Condor. *1892 : arrivée des 1ers
Japonais : 599 à Thio pour les mines Meh, Toumourou, Pauline, en 1892, seul le Plateau a
encore des forçats. *1893 : décret sur l’immigration. Arrivée de Néo-Hébridais à Thio.
*1895 : arrivée de Tonkinois et Annamites, 600 Indiens, 600 Javanais. *1895 : camp de
Thio : 6 annexes depuis 1889 : Plateau, Toumourou, Mission, Meh, ilôt Ste Marie. *1896 :
encore 1000 à 2000 condamnés à Thio au milieu d’un personnel libre très nombreux.
*1897 : la plus grande partie des Japonais a quitté Thio (500 sur 600). *1898 : contrats
d’utilisation de relégués sur mines diverses puis arrêt. *1899 : création de l’Office du
Travail. *1900 : arrivée de 1000 Japonais pour Thio et Kouaoua. *1901 : fin des contrats
entre la SLN et l’administration pénitentiaire *31/1/1901, les bagnards retournent à l’île
Nou. *1903 : en juillet, effectifs SLN : 800 ouvriers, 2 mines : Méa (Kouaoua) et Bornet
(Thio). *1910 : restent à Thio 303 anciens transportés sur 1483 Européens.

- La mise en place et développement de réseaux d’échanges :
*1870 : création d’un service régulier, bimensuel avec l’Australie, steamer Havilah (John
Higginson). *1872 : création par Higginson d’un service de circumnavigation (origine du
Tour de Côtes). *1884 : trajet Europe par Cap Horn : 75 à 100 jours.

- L’évolution de l’extraction du minerai de la pelle au wagonnet :
*1874 : début d’exploitation au Plateau à Thio. *1875 : 6/10/75 : Lemescam demande la
concession Belvédère 1 (50ha). Edouard Bridon dirige une mine à Thio. Hanckar achète
les mines du Plateau. Exploitations au Plateau : Belvédère, Moulinet, Sans culottes, Santa
Maria. *1884 : travail sur les mines 3X8 en souterrain et 9ha en surface. *1897 :
inauguration de la voie Decauville de Si Reis, locomotive baptisée du nom du Gouverneur
Feillet en août 1897. *1909 : la teneur du minerai passe de 6 à 10%. *1901 : construction
téléphérique Bornet et voie ferrée Toumourou-Emma. *1906 : inauguration du
transbordeur. *1910 : voie des Bornet terminée. *1912 : projet téléphérique Emma-
Ouenghi-Kongouhaou (au 1/6/10 :17.6km), fin de la voie ferrée d’Emma.

- et à partir de celui-ci, du nickel de la pyrométallurgie à l’hydrométallurgie :
*29/9/1876 : Lemescam expose projet de construction des hauts fourneaux, présente 1
lingot réalisé en février 1876. *1876 : le nom du minéral de garniérite est reconnu par
l’Académie des Sciences de Paris *1876 : Garnier : procédé de fusion du nickel, il créée la
société française Anonyme pour le traitement du nickel, cobalt, cuivre etc…
*10/12/1877 : lancement de l’usine métallurgique de la Pointe Chaleix à Nouméa. *1878 :
début d’activité à la Pointe Chaleix, présentation de fonte et minerais calédoniens à
l’exposition de 1878, consommation mondiale de Ni : 400T métal Ni /an. *1880 :
lesfontes de la Pointe Chaleix à 60% de nickel sont affinées à l’usine de Septème près
d’Aix-en-Provence. *1882 : production duenickel en NC : 2528T. *1883 : récession : arrêt
des fours de la Pte Chaleix. *1884 : production de Ni NC 10888T. *1885 : arrêt de l’usine
de la Pte Chaleix, le 30/6 : les mines sont déclarées en chômage jusqu’au 31/12/1894 :
suspension des taxes. *1887 : construction au Havre d’une usine d’affinage, le matériel de
la Pte Chaleix est transporté à Ouroué. *1889 : production Ni NC : 19741T forte demande.
*1889 : redémarrage provisoire de l’usine de la Pte Chaleix. *1889 : Levat , Directeur de
la SLN, créée l’usine d’Ouroué, la direction des Mines SLN s’installe à Thio. *1891 :
arrêt usine d’Ouroué au 1/1/91, 587T de mattes en 2 ans. Début janvier : arrêt métallurgie
d’Ouroué. *1892 : l’usine de fusion du Havre fonctionne depuis mai (usine d’affinage
transformée en 1ère fusion). *1894 : Higginson et Desmazures, avec SLN, projettent des
hauts fourneaux. *1985 : minerai expédié à Glasgow (usine de Kirkkintilloch) pour mattes
puis affinage au Havre. *1896 : production de Ni NC : 37000T. *1897 : espoir de reprise
des mines et de construction de hauts fourneaux à Muéo ou à Koné. *1901 : production Ni
NC : 133000T, projet d’une usine hydro-électrique à Thio : avorté *1902 : 147000 T Ni
NC, nouvelle crise en vue, la SLN (1800 ouvriers) réduit ses effectifs. 6 mines en activité.
*1903 : 82188T Ni NC/an. *1904 : 81879 Ni NC. *1909 : projet au conseil
d’administration du 30/3 : une usine sera construite à Thio. *1910 : 21/3/10 : le conseil
d’administration de la SLN annonce que l’usine de Thio sera retardée. *10/07/1910 :
création de l’usine de Doniambo par Sté des Hauts Fourneaux (Ballande) (matte)
*26/10/1910 : 1ère fusion à Tao (Sté Hydro-électrique de Tao, filiale de la Sté
Calédonienne Des Mines). *1912 : production Ni NC : 100000T. *1904 : projet SLN
d’un barrage et d’une usine de Yaté pour alimenter la fusion électrique à Thio (le
29/12/04) et fournir l’énergie pour Nouméa. *11/01/1912 : mise en service usine de fusion
de Thio-Mission (mattes brutes).

- Divers :
*1876 : Higginson est naturalisé français. *1877 : faillite de la Banque Marchand :
catastrophe économique pour le monde économique calédonien. *1877 : modification de
la fiscalité minière par le Gouverneur de Pritzbuer : 9f/t ou 3% sur valeur fixe d’une tonne
de nickel. 1877 : crise économique, faillite de mineurs, fermeture des ateliers
Charbonneaux, Lemescam…1880 : valeur du nickel : 12f/kg. *1883 : modification de la
fiscalité des mines : 3% sur valeur produits bruts ou 10f/ha/an. *1884 : valeur du nickel :
6f/kg. *1892 : fiscalité des mines : 0.5f/ha si exploitation, 2f/ha si non exploitation.
*1895 : crise du nickel très grave depuis 1893 : arrêt des mines. *1898 : reprise des
exploitations de mines. *1899 : critiques contre la SLN qui devient Etat dans l’Etat : vie
du personnel en circuit fermé. *1902 : mission Glasser en Nouvelle-Calédonie sur les
mines (rapport au ministre de l’Industrie). *1903 : vives critiques contre les sociétés à
capitaux canadiens qui réduisent la production calédonienne pour favoriser le Canada.
*1904 : décès de Higginson. Crise du nickel : 1 seule mine (Bornet) à Thio reste ouverte
en juillet.

++++

RESSOURCES DOCUMENTAIRES

1 Les sources documentaires faciles d’accès (liste non exhaustive) :

- On trouvera dans le livre d’histoire du cours moyen et dans celui de BEP, édités par
Hachette et le CTRDP de Nouvelle-Calédonie et dans les « cahier d’exercices de 3ème » et
« cahier d’exercices de BEP », édités par le CTRDP/CDP, un certain nombre de documents
(textes et photos, exercices), qui peuvent être exploités en classe par une étude particulière ou
une mise en relation.
- Le Mémorial calédonien et l’Encyclopédie de la Nouvelle-Calédonie présentent de
nombreux documents iconographiques, témoignages et articles (nécessitent parfois une
vérification).
- Le catalogue de l’exposition permanente du musée de la Ville de Nouméa « 1914-1918.
Mémoires océaniennes de la Grande Guerre ; Chronique calédonienne » est riche en
documents en particulier des documents officiels, des chiffres remis à jour par Sylvette
Boubin-Boyer, quelques documents se rapportent à la mine (problème des Calédoniens ayant
la nationalité allemande ou autrichienne, tonnage du minerai extrait pendant la guerre …).
- Le catalogue de l’exposition 150 ans de mémoire partagée (septembre 2003-février 2004).
- Les bulletins de l’APHGNC n° 17-18-19, entre autres.
- Les bulletins de la SEHNC : Consulter l’index, car ils sont extrêmement nombreux à avoir
proposé des sujets se rapportant à l’exploitation minière (hommes/sites/techniques…), entre
autres, les numéros 21, 35, 40, 89, 101, 116, et tous ceux des années 2000 à 2003.
- Le supplément « Économie », des Nouvelles calédoniennes du mardi.
- Le journal de l’Union calédonienne L’Avenir (problèmes politiques, syndicaux et de société,
liés à l’exploitation minière).
- Aux Archives de Nouvelle-Calédonie, on peut consulter des documents de toutes
provenances et des journaux sur de nombreux sujets relatifs à l’exploitation minière dans
l’histoire de la Nouvelle-Calédonie.
- La SLN ouvre aux personnes intéressées, ses archives et certains services techniques.
- Le service des mines, à la DITTT, Vallée du Tir à Nouméa, possède de nombreuses cartes et
documents relatifs à l’exploitation minière en Nouvelle-Calédonie des origines à nos jours.
- INCO et FALCONBRIDGE ont un service de communication ouvert aux enseignants.
- Sur l’usine expérimentale de Tao : voir l’article de Yann Bencivengo dans "Archéologie
industrielle en France", n° 33, décembre 1998, que l’on peut trouver à la bibliothèque de
l’Université.
- De nombreux sites (usines, mines, musées) sont ouverts à la visite. Alain FORT, guide du
patrimoine à Nouméa, organise des visites commentées des sites d’exploitation minière
ancienne dans le Sud de la Grande Terre.
- Différents films vidéo, dont Le roi Nick, ATOM/RFO, 1996.

2 Bibliographie (sommaire) pour un approfondissement des contenus scientifiques :

- 101 mots pour comprendre la mine en Nouvelle-Calédonie, ouvrage collectif sous la direction
de Yann Bencivengo, éditions Île de Lumière, Nouméa, 1999. Cet ouvrage est indispensable à
tous ceux qui veulent se procurer rapidement un maximum d’informations : chronologie,
glossaire, bibliographie, vidéographie, illustrations, pour préparer leurs cours.
101 mots pour comprendre l’histoire de la Nouvelle-Calédonie, ouvrage collectif sous la
direction de Frédéric Angleviel, articles 7 (Bagne), 8 (Ballande),11 (Boom), 33
(Économie),51 (Indonésiens), 53 (Japonais), 59 (Main d’oeuvre), 63 (Mine), 66 (Nickel), 85
(SLN), 99 (Vietnamiens)…, Ile de Lumière, Nouméa, 1997, 224 pages.
- Actes du colloque Pac 93, président : Louis-José Barbançon : Le Peuplement du Pacifique et
de la Nouvelle-Calédonie, Condamnés, Colons, Convicts, Coolies, Chan-Dang, coordination
éditoriale : Paul de Deckker, L’Harmattan, 1994, 431 pages.
Du Caillou au Nickel Contribution à l’archéologie industrielle de la Province Sud,
coordination Frédéric Angleviel, CDP/Collection Université, 1996, 279 pages.
- Louis-José Barbançon, L’Archipel des forçats Histoire du bagne de Nouvelle-Calédonie
(1863-1931), Septentrion, Presses universitaires, Villeneuve d’Ascq, 2003, 447 pages.
- Sylvette Boubin-Boyer : thèse d’histoire De la Première Guerre mondiale en Océanie. Les
guerres de tous les Calédoniens 1914-1919, Diffusion Septentrion, Presses universitaires,
Thèse à la carte, Villeneuve d’Ascq, 2003, 888 pages. On trouvera des tableaux de chiffres,
des informations sur la désorganisation due à la guerre, la recherche de nouveaux minerais,
l’impact de la mine sur la révolte kanak de 1917, les bénéfices de guerre…
- Bernard Brou, Histoire de la Nouvelle-Calédonie : les temps modernes, 1774-1925,
Publication de la Société d’études historiques de Nouvelle-Calédonie, n°4, 1973 ; Espoirs et
réalités La Nouvelle-Calédonie de 1925 à 1945, SEH n°9, 1975 ; 30 ans d’histoire de la
Nouvelle-Calédonie, 1945-1977, SEH n°31, 1982.
- L’IEOM (institut d’émission d’outre-mer) publie tous les ans son rapport annuel comprenant
une analyse de l’évolution économique de la Nouvelle-Calédonie pour l’année écoulée.
- Jacqueline Sénès, La vie quotidienne en Nouvelle-Calédonie de 1850 à nos jours, Hachette,
Paris, 1985, 363 pages.
- Anne-Gabrielle Thompson, John Higginson, Spéculateur-aventurier à l’assaut du Pacifique,
Nouvelle-Calédonie / Nouvelles-Hébrides, L’Harmattan, 2000, 267 pages


titre documents joints

L’exploitation minière en Nouvelle-Calédonie de 1873 à nos jours 2

14 octobre 2010
info document : PDF
195.2 ko

Accompagnement du programme adapté d’histoire en première bac pro. Deuxième partie.


L’exploitation minière en Nouvelle-Calédonie de 1873 à nos jours 1

14 octobre 2010
info document : PDF
127 ko

Accompagnement du programme adapté d’histoire en première bac pro. Première partie.


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